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Radicalisme de droite


Une soirée rock néo-nazie rassemble 5000 personnes


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Les spectateurs de la «Rocktoberfest»: des groupes d'extrême droite se sont produits comme «Stahlgewitter», «Frontalkraft», «Exzess», «Confident of Victory» et «Makss Damage».  (twitter/antifa bern)

Les spectateurs de la «Rocktoberfest»: des groupes d'extrême droite se sont produits comme «Stahlgewitter», «Frontalkraft», «Exzess», «Confident of Victory» et «Makss Damage». 

(twitter/antifa bern)

Près de 5000 personnes ont afflué samedi soir dans la petite commune d'Unterwasser, dans le canton de St-Gall, pour assister à un concert de groupes affichés d'extrême droite. L’événement autorisé serait l’une des plus grandes manifestations néo-nazies jamais organisées en Suisse. 

«Rocktoberfest», c’est le nom de la manifestation au cours de laquelle six groupes d’extrême droite se sont produits samedi. L’événement avait été autorisé par les autorités communales et les organisateurs ont respecté toutes les conditions, a indiqué le porte-parole de la police cantonale de St-Gall à la télévision suisse alémanique SRF. 

Excepté des embouteillages dus au flux de visiteurs, les forces de l’ordre n’ont constaté aucun problème. La police était présente sur place mais n’est pas entrée dans la halle dans laquelle se déroulaient les concerts. La norme pénale antiracisme n'a apparemment pas été enfreinte. Dimanche à la mi-journée, la police saint-galloise n'avait en tous cas pas connaissance de plainte dans ce sens.

C’est le mouvement antifasciste Antifa qui a révélé la tenue de la manifestation via Twitter. Il indique aussi que les organisateurs de l'événement sont issus du mouvement néo-nazi international «Blood & Honour». Selon Antifa, «Rocktoberfest» est l’une des plus grandes manifestations néo-nazies jamais organisées en Suisse. 

«Nous avons été trompés» 

Unterwasser appartient à la commune de Wildhaus-Alt St. Johann. Son président Rolf Züllig a expliqué à SRF que les habitants l’ont averti de la présence de nombreux extrémistes de droite au village. Il a donc informé la police cantonale. Il a lui-même passé toute la nuit sur place.

Rolf Züllig a confirmé à SRF que l’événement s’apparentait «à ce que l’on peut qualifier de concert néo-nazi». Pour lui, l’apparence des participants ne laissait pas de doute sur leur appartenance à un mouvement d’extrême droite. «Je réfute avec véhémence le fait que la commune a autorisé le concert. La commune avait plutôt octroyé une patente pour débiter de l’alcool à la salle de concert d’Unterwasser.»

Les organisateurs avaient annoncé un concert avec cinq ou six groupes suisses et quelque 600 spectateurs. «Nous avons été complètement trompés», s’indigne le président de la commune. «Nous avons tout de suite réagi et informé la police. On peut peut-être nous reprocher notre naïveté mais il y a toujours beaucoup d’événements dans cette halle.»

Participation de groupes d’extrême droite 

D'après Antifa, les groupes étaient avant tout allemands («Stahlgewitter», «Frontalkraft», «Exzess», «Confident of Victory» et «Makss Damage»), mais aussi suisse («Amok»). La manifestation était annoncée depuis longtemps sur les réseaux sociaux. A l'origine, elle aurait dû avoir lieu dans le sud de l'Allemagne. 

Le président de la commune assure que si les autorités avaient su qu’il s’agissait d’une manifestation d’extrême droite elles n’auraient jamais délivré la patente. Il indique aussi que la commune est en train de prendre des mesures contre la personne qui l’a octroyée. Des mesures qui se basent toutefois uniquement sur la loi sur la restauration, qui prévoit des sanctions limitées.

Extrémisme de droite en Suisse

Selon le rapport 2016 sur la sécurité du Service de renseignement de la Confédération (SRC), la situation actuelle dans les milieux d’extrême droite est actuellement «relativement calme».  

Les développements dans le domaine de l’asile, qui génèrent de fortes tensions, ainsi que des attentats supplémentaires pour motifs djihadistes en Europe pourraient toutefois entraîner une aggravation de la situation dans les domaines de l’extrémisme de droite et de gauche. A ce jour, des signes concrets d’une telle évolution n’ont pas été relevés en Suisse, ils l’ont par contre été dans d’autres pays européens.

Concrètement, la scène de l’extrémisme de droite évite la publicité. Elle reste est retrait et ne trouve pas d’audience dans la société suisse.

En 2015, le SRC a recensé 28 «événements motivés par l’extrémisme de droite», une augmentation de 47% en comparaison avec l’année précédente. Le rapport précise toutefois que «ces pourcentages n’étant basés que sur des chiffres modestes, les fluctuations d’une année à l’autre s’avèrent cependant peu significatives.»

 


(Traduction de l'allemand: Katy Romy), SRF

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