Revue de presse Conférence de presse de Donald Trump: «Un mauvais jour pour la démocratie»




Pendant sa conférence de presse longue d'une heure, Donald Trump a surtout montré son art d'éviter les questions qui fâchent.

Pendant sa conférence de presse longue d'une heure, Donald Trump a surtout montré son art d'éviter les questions qui fâchent.

(Keystone)

La première conférence de presse donnée par Donald Trump depuis son élection à la présidence des Etats-Unis a fait sensation. Le président élu a dû répondre à des questions sur un rapport potentiellement explosif, mais non confirmé, indiquant que la Russie posséderait des informations sensibles sur lui. Pour la presse suisse, il s’agit du pire des départs possible pour sa présidence.

Lors de sa conférence de presse, neuf jours avant son investiture, Donald Trump a violemment rejeté les accusations issues d’un ancien des services secrets britanniques. Le futur président s’en est également pris aux médias qui colportent ces «fausses» informations.

Parmi les réactions de la presse suisse, «Le Temps» estime qu’il s’agit avant tout de «débrouiller le vrai du faux». Mais pour le quotidien romand «une chose est certaine, la présidence de Donald Trump commencera sous les pires auspices».

«Le Temps» avertit que ce nouvel épisode pourrait avoir des conséquences politiques importantes, ajoutant qu’«il vient empoisonner la vie politique américaine à dix jours de l’entrée en fonction du futur président». Si ces allégations s’avèrent fausses, les agences de renseignement américaines devront rendre des comptes. Mais si elles sont vraies, «le nouveau président se trouvera en mauvaise posture et pourrait même risquer une procédure d’impeachment».

Le «Tages-Anzeiger» qualifie pour sa part les événements de mercredi comme marquant un «mauvais jour pour la démocratie». Pour le quotidien zurichois, «le président élu est déjà terni par son faible score aux élections. C’est n’est pas bon pour Donald Trump, pas bon pour l’Amérique, pas bon pour le reste du monde».

Art de l’esquive

La «Tribune de Genève» commente la prestation de Donald Trump durant sa conférence de presse en la qualifiant d’«art de l’esquive». Pour le quotidien genevois, il s’agit là d’un copier-coller de sa campagne présidentielle.

«Une nouvelle fois mis en cause pour ses liens avec la Russie, Donald Trump a préparé le terrain pour sa première rencontre avec les médias depuis juillet 2016: il a publié un tweet ravageur contre ses propres services de renseignement, dans lequel il s’est demandé si les Américains vivaient dans ‘l’Allemagne nazie’», écrit le journal genevois. 

Et de poursuivre: «Une fois arrivé au podium dans le lobby de la Trump Tower, le futur président a multiplié les exagérations, les déclarations théâtrales, les attaques contre la presse, répété sa comparaison entre les Etats-Unis et l’Allemagne nazie et s’est contorsionné entre les questions sur ses liens avec la Russie. Il n’a cessé de lier la Chine à la Russie sur le sujet du piratage informatique et a ignoré la journaliste lui demandant d’affirmer que personne au sein de son équipe de campagne n’avait eu de liens avec Moscou».

Des opportunités pour la Suisse

Dans son éditorial la «Neue Zürcher Zeitung» a une approche un peu différente, en mettant l’accent sur les opportunités qui s’offrent à la Suisse dans le nouveau désordre mondial de Donald Trump. Pour le quotidien zurichois, son entrée à la Maison blanche la semaine prochaine sera un «tournant», mais il serait dangereux de tirer des conclusions hâtives sur la base de sa «manière erratique de communiquer», ajoutant que de toute façon «seule une petites partie de ses déclarations devraient être suivies d’effets».

«Le nouvel isolationnisme des Etats-Unis, la crise identitaire de l’Europe et le renforcement des pays émergents sont en train de changer la situation de départ pour la politique extérieure de la Suisse. La diplomatie suisse se dirige vers une période difficile», analyse la NZZ. Mais s’il s’en suit davantage de tensions entre les Etats-Unis, l’Europe, la Russie et la Chine, la Suisse pourrait être appelée à jouer un rôle de médiateur, souligne le journal, en faisant cependant remarquer qu’il manque encore une ligne directe avec la Maison blanche ou la Trump Tower.

Doris Leuthard inquiète

Du côté de la Suisse officielle justement, on est pour l’heure encore un peu inquiet. S’exprimant jeudi matin sur les ondes de la radio publique de langue française, la présidente de la Confédération Doris Leuthard a déclaré que la manière d’agir du futur président était un peu «inquiétante».


(Traduction de l'anglais: Olivier Pauchard)

×