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Poste, CFF, Swisscom


Un rejet clair pour Pro Service public




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Les célèbres cars postaux jaunes sont l'un des emblèmes du service public en Suisse. (Keystone)

Les célèbres cars postaux jaunes sont l'un des emblèmes du service public en Suisse.

(Keystone)

L’initiative «Pro Service public» ne passe pas la rampe du scrutin populaire. Le texte a été refusé à la majorité du peuple et des cantons.

Le résultat est indiscutable. L'initiative a été refusée par tous les cantons. Au niveau du peuple, le texte a été rejeté par 67,6% des votants. 

Le rejet a été le plus fort à Obwald (73,1%), suivi d'Appenzell Rhodes-Intérieures et Genève (72,6%) ainsi que canton de Vaud (72,1%). Les refus les moins nets viennent du Jura (58,6%), de Neuchâtel (58,7%) et du Tessin (62,1%).

Ce résultat n’est pas une surprise. En effet, le camp des partisans s’était fortement érodé tout au fil de la campagne. Cette initiative recueillait 58% d'avis favorables lors du 1er sondage, mais plus que 46% lors du 2e. Cette érosion accélérée s'est donc poursuivie.

Le combat pourrait continuer 

Beaucoup de lecteurs des magazines de défense des consommateurs ont le sentiment que la qualité des services publics ne cesse de diminuer au fil des ans, alors que leur prix prend l’ascenseur. C’est la raison pour laquelle ces magazines avaient lancé cette initiative populaire pour enrayer la dégradation. 

L’initiative «Pro Service public» demandait qu’en matière de services publics, la Confédération ne vise pas prioritairement les bénéfices et que les éventuels bénéfices soient reversés dans l’entreprise qui les a générés et non pas dans la caisse générale de la Confédération. Le texte exigeait aussi que les patrons des entreprises de service public ne soient pas plus payés que leur ministre de tutelle.

La sévérité du résultat ne décourage par les promoteurs de l’initiative, qui considèrent que leur campagne s’achève sur un succès. Elle a en effet permis une discussion importante sur le service public, estime Peter Salvisberg, membre du comité d’initiative. 

Le fait qu’un tiers des Suisses ont approuvé le texte est encourageant. «L’erreur est d’avoir élaboré un texte conçu seulement pour la Constitution fédérale et non pour une campagne de votation au cours de laquelle il y a eu beaucoup de mensonges», analyse Matteo Cheda, directeur de la revue de défense des consommateurs «Spendere Meglio». 

Avant de penser à de nouvelles initiatives, il faudra analyser les raisons exactes du refus de ce dimanche. «Mais il est imaginable que les consommateurs s’engagent pour des projets plus concrets et faciles à comprendre, comme une initiative demandant l’abolition des tarifs d’itinérance dans la téléphonie mobile», ajoute Matteo Cheda.

Réaction du gouvernement 

Les conseillers fédéraux affichaient le sourire dimanche. Le peuple les a suivis sur toute la ligne lors des votations. 

Le rejet clair de l'initiative en faveur du service public montre que ce dernier fonctionne bien que les Suisses en sont satisfaits, estime la ministre en charge du dossier Doris Leuthard. Les citoyens ne se sont pas laissé avoir par un titre trompeur, selon elle. 

La grogne qui s'est exprimée devra toutefois être prise en compte. Les Suisses ont le droit à la transparence concernant les salaires versés aux hauts cadres des ex-régies fédérales. Le Conseil fédéral est prêt à se pencher prochainement sur la question dans le cadre de l'application de l'initiative sur les rémunérations abusives. (ats)

Opposition unanime 

Cette initiative se heurtait à une unanimité totale. Elle n’a obtenu aucune voix au Parlement, même parmi la gauche, d’habitude sensible à la défense du service public. Pour les opposants, cette proposition nuirait gravement au service public, notamment en ne permettant pas des bénéfices et irait donc à l’encontre du but recherché.

Du côté des opposants, c’est bien sûr la satisfaction, à droite comme à gauche. Plusieurs partis disent prendre acte que la population suisse est très attachée à ses services publics. 

«La population souhaite un service public fort. Le débat sur l’initiative l’a démontré», écrit le Parti démocrate-chrétien (PDC / centre-droit). Même son de cloche pour l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) pour qui «les discussions de ces dernières semaines ont également montré que la population accorde une importance toute particulière aux services fiables actuellement fournis dans l'ensemble du pays». Quant au Parti socialiste, il note que «la campagne de votation relative à l’initiative sur le service public a relevé de la profession de foi en faveur d’un service public fort». 

Mais si tout le monde est d’accord sur l’attachement exprimé en faveur du service public, les avis commencent à diverger lorsque l’on parle d’avenir. Pour l’Union des arts et métiers, qui fédère les PME suisses, le refus de l’initiative renforce la position de ceux qui veulent continuer sur la voie de la libéralisation. Pour l’Union syndicale suisse, en revanche, «ce non ne peut pas être le coup d’envoi à de nouvelles privatisations».

Selon vous, faut-il continuer à libéraliser les services publics ou maintenir la situation actuelle? N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires.

swissinfo.ch



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