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Pour une montagne 'propre en ordre'

A Verbier, 6 tonnes de déchets sont abandonnés sur les pistes chaque saison.

(Keystone)

«Ne balance pas tes déchets, juste tes mauvaises habitudes!» Un slogan affiché sur les pistes par ‘summit foundation’ pour sensibiliser les skieurs.

A la fonte des neiges, certaines pistes de ski ressemblent à une décharge publique.

Mégots, emballages, canettes en aluminium, bouteilles en PET ou en verre, vieux abonnements ou pièces d’équipement cassées ou perdues, ces déchets sont, en principe, ramassés à la fin de la saison. Mais cela représente un coût important.

Dans une station comme Verbier, qui vend 1,2 millions de cartes journalières par saison, ce sont tout de même 6 tonnes de déchets qui sont abandonnés sur les pistes!

En été, les espaces de loisirs ou les sites de festivals sont également jonchés de toutes sortes d’objets fort peu biodégradables. En outre, le nettoyage est beaucoup plus compliqué en montagne qu’en ville, mieux équipée en poubelles.

«C’est triste et consternant de constater que les gens laissent autant de détritus dans des paysages qu’eux-mêmes considèrent comme parmi les plus beaux du monde», regrette Laurent Thurnheer.

Changer les habitudes

Alors qu’il était encore étudiant en communication, ce passionné de montagne, aujourd’hui âgé de 33 ans, a décidé de faire quelque chose. Une idée toute simple et un message clair: sensibiliser le public et les organisateurs de manifestations.

Il a créé summit foundatio en janvier 2001, un nom anglais pour toucher les nombreux touristes étrangers qui répondent à l’appel des Alpes suisses.

La fondation s’est constitué sur un capital de 10'000 francs, gagnés en 2002 avec le Prix Eco Conscience de la Ville de Lausanne. «Mais ce qui compte, poursuit Laurent Thurnheer, c’est l’énergie que nos 50 bénévoles canalisent aux quatre coins des Alpes suisses.»

Présence sur le terrain

Avec ce qu’elle appelle l’Ecotour, Summit foundation est active sur le terrain en tant que «partenaire écologique» dans environ 80 manifestations sportives ou culturelles, comme l’«Xtrème de Verbier», la «Journée des raquettes» de Charmey, le Paléo Festival de Nyon ou la Street parade de Zurich, etc.

«Nous sommes en train de mettre un pied dans le comité d’organisation de plusieurs manifestations, ajoute Laurent Thurnheer. C’est indispensable de discuter concrètement de tous les aspects de la problématique si on veut faire avancer les choses vite.»

Dans EcoStation, les bénévoles alimentent une campagne d’affichage dans les stations, au départ des remontées mécaniques, là où les skieurs font la queue pour monter sur les pistes.

Histoire de rappeler que, par exemple, un mégot mettra entre 5 et 100 ans à se dégrader, selon l’endroit où il atterrit. Une bouteille en PET mettra entre 100 et… 1000 ans, une canette de 200 à 500 ans et le verre 4000 ans.

Succès croissant

«Généralement, les gens réagissent bien», précise Laurent Thurnheer. Le slogan a été traduit en huit langues pour une campagne dans 65 stations, «du fin fond des Grisons aux Alpes bernoises, en passant par le Valais et Vaud, y compris une partie du Jura vaudois».

Le 30 janvier dernier, l'assocation a organisé son premier 'EtoTrace', une course d'orientation sur les hauts de Charmey (Fribourg), en collaboration avec Sentier Raquettes, et qui a attiré quelque 300 jeunes malgré un froid de canard.

Bref, le concept plaît et le succès est croissant. Au point qu’une association de protection de la nature traditionnelle, comme Pro Natura, a repris l’idée de l’affiche, notamment dans le canton de Fribourg.

De même, la fondation tente de convaincre les communes d’investir en augmentant le nombre de poubelles. «Mais pas seulement sur les pistes, aussi au bord des lacs», précise son initiateur.

Message bien reçu

Les premiers contacts avec les stations de montagne ont été «un peu ardus» parfois, car l’écologie fait souvent peur aux milieux du tourisme, notamment en raison de son coût…

«Parfois, des responsables m’ont carrément dit que si je faisais partie d’une organisation écolo, il était inutile de vouloir m’asseoir à la même table et que je n’avais qu’à repartir», raconte Pascal Thurnheer.

Mais les autorités ou les propriétaires de remontées mécaniques ont fini par comprendre que ces campagnes de sensibilisation étaient également dans leur intérêt et, même, favorables à leur image.

«Maintenant, nous recevons des témoignages spontanés de responsables pour nous dire que le volume de déchets diminue visiblement», s’enthousiasme Laurent Thurnheer.

Les enfants ne sont pas oubliés

La fondation n’oublie pas les enfants et organise des ateliers éducatifs (bricorécup), afin d’éduquer les enfants en leur donnant l’occasion de réaliser des bricolages à partir d’objets récupérés.

Elle organise des journées pédagogiques de ramassages de déchets en collaboration avec les écoles et co-organise des camps d’été en montagne.

Plus récemment, une sorte de boutique en ligne a également été créée, vendant des cendriers de poches ou d’autres boîtes à déchets, des T-shirts pour festivaliers, bref, une gamme de produits dérivés qui servent de support à la campagne de sensibilisation tout en rapportant quelques sous.

swissinfo, Isabelle Eichenberger

Faits

Verbier vend 1,2 millions de cartes journalières par saison.
La station ramasse 6 tonnes de déchets sur les pistes à la fonte des neiges.
Un mégot met entre 5 et 100 ans à se dégrader, selon l’endroit où il atterrit.
Une bouteille en PET met entre 100 et… 1000 ans.
Une canette de 200 à 500 ans et le verre 4000 ans.

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En bref

- Summit foundation a été créée en 2001 pour sensibiliser le public à l’environnement alpin.

- Son capital de 10'000 francs provient du Prix Eco Conscience de la Ville de Lausanne, gagné en 2002 par Laurent Thurnheer, son fondateur.

- Elle est active dans 80 manifestations sportives et culturelles et mène une campagne d’affichage contre le littering dans 65 stations.

- Le 30 janvier, le premier 'EtoTrace', une course d'orientation sur les hauts de Charmey (Fribourg), en collaboration avec Sentier Raquettes, a attiré quelque 300 jeunes.

- Elle fait aussi un travail d’éducation auprès des enfants.

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