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Rapport 2017/18 d’Amnesty International La Suisse appelée à mieux protéger femmes et enfants migrants

Parents incarcérés, enfants placés seuls dans des foyers, liens familiaux ignorés. Le rapport 2017/18 d’Amnesty International épingle la Suisse pour des cas de renvois inhumains de migrants.  

Trois femmes s'en vont avec deux petites filles

Sur les routes de l'exil, femmes et enfants sont particulièrement vulnérables. 

(www.amnesty.org)

L’an dernier, les autorités helvétiques ont débouté plusieurs requérants d’asile sans tenir compte des liens familiaux de ces personnes dans le pays, dénonce Amnesty International (AI). L’ONG dépeint une Suisse appliquant de manière rigide la Convention de Dublin, qui prévoit que les demandes d’asile soient examinées dans le premier pays de débarquement ou d’arrivée.   

+ La Suisse trop rigoureuse dans l’application des accords de Dublin? 

Le rapport annuel d’AILien externe revient notamment sur le cas d’une famille afghaneLien externe, séparée et incarcérée avant d’être renvoyée en Norvège. Le Tribunal fédéral (TF) avait condamné, en mai 2017, le canton de Zoug pour la détention et la séparation des enfants, les qualifiant d’«illégales» et de «disproportionnées». 

Denise Graf, juriste et coordinatrice de la division asile de la section suisse d’AI, appelle la Suisse à tenir davantage compte des besoins des femmes et des enfants dans le domaine de la migration et de l’asile. 

swissinfo.ch: La détention et la séparation de cette famille afghane constituent-elles un cas isolé? 

Denise Graf: Non, les affaires similaires sont nombreuses. Avec le cas de la famille afghane, nous avons découvert celui d’une requérante d’asile incarcérée jusqu’à son renvoi, alors que son enfant a été placé dans un foyer, seul.

Avant Noël, une jeune Erythréenne, enceinte de huit mois et accompagnée de son enfant d’une année, a été renvoyée vers l’Italie pour la troisième fois. Pourtant, le père bénéficie du statut de réfugié en Suisse. Il a essayé de reconnaître les enfants pendant une année mais les autorités n’ont cessé de lui dire que ce n’était pas possible, au mépris du droit. Le couple s’était certes séparé mais cet homme a un lien fort avec les enfants. Ce cas est choquant, d’autant plus que la sœur de la jeune femme qui est arrivée avec elle, au même moment, par le même chemin, a été admise provisoirement. La Suisse doit tenir compte des liens familiaux. 

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Seulement en partie. Je n’ai plus eu connaissance de cas où les deux parents ont été emprisonnés. Par contre, les situations où le père ou la mère sont incarcérés continuent à exister. Les autorités cantonales ne cherchent pas toujours des alternatives avant de mettre en prison l’un des parents. La famille afghane n’a jamais essayé de se soustraire aux autorités. Il n’y avait aucune raison de les incarcérer, et cela se passe régulièrement de la sorte. 

Le Conseil de l’Europe accuse la Suisse de ne pas considérer suffisamment les besoins des femmes et des enfants dans la prise en charge des migrants. Quels manquements constatez-vous dans ce domaine? 

Premièrement, il est inacceptable que les enfants ne soient pas scolarisés dans les centre d’hébergement fédéraux pour requérants d’asile. Une clause de la Loi sur l’asileLien externe qui prévoit un enseignement de base pour les mineurs est pourtant entrée en vigueur en 2016. Nous devons tenir compte davantage de l’intérêt des enfants.

Le deuxième problème grave concerne les femmes. Nombreuses sont les migrantes qui ont subi des violences sexuelles, au cours de leur voyage ou dans leur pays d’origine. Par exemple, en République démocratique du Congo, les femmes sont très fréquemment violées dans le cadre de conflits. En Irak, les femmes yézidies kidnappées par l’Etat islamique ont servi d’esclaves sexuelles. Syriennes, Erythréennes ainsi que toutes celles qui passent par la Lybie sont systématiquement violées.

Arrivées en Suisse, dans les centres d’hébergement, elles sont placées à côté des chambres des hommes, où elles entendent toute la nuit leurs discussions. Beaucoup d’entre elles ont peur; elles ne sortent pas la nuit pour aller aux toilettes car elles doivent passer devant le dortoir des hommes ou ne parviennent pas à dormir. On ne tient absolument pas compte de leur situation. Des mesures doivent être prise pour garantir la protection des femmes.

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