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RAPPORT D'AMNESTY INTERNATIONAL La Suisse nie toute complicité dans les exactions contre les migrants en Libye

people in overloaded boat

Des réfugiés et des migrants africains, pour la plupart originaires du Soudan et du Sénégal, attendent de l'aide au large des côtes libyennes au début de l'année.

(Copyright 2017 The Associated Press. All rights reserved.)

La protection des droits des réfugiés et des migrants est une priorité absolue, y compris en Libye, assure le gouvernement suisse. Ce en réponse aux accusations d'Amnesty International selon lesquelles les pays européens sont complice des «mauvais traitements infligés aux réfugiés et aux migrants» dans les centres de détention libyens.

Dans un rapport publié mardi, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International accuse les gouvernements européens de soutenir «activement un système complexe d'abus et d'exploitation des réfugiés et des migrants qui implique les garde-côtes libyens, les services de détention et les passeurs » pour empêcher les migrants de traverser la Méditerranée.

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Migrants en Méditerrannée

Le rapportLien externe vise l'Italie et l'Union européenne. Mais la section suisseLien externe d'Amnesty International pointe également Berne: «La Suisse coopère activement avec les autorités libyennes, notamment dans le cadre du Processus de KhartoumLien externe et du Groupe de contact pour la Méditerranée centrale, qui regroupent des États africains et européens particulièrement touchés par les migrations passant par la Méditerranée.»

Comme le rappelle, l’ONG, la 3e rencontreLien externe du Groupe de contact s’est justement tenue à la mi-novembre à Berne, à l'invitation de la Suisse. La Suisse a également mis 1 million de francs à la disposition de l'Organisation internationale pour les migrations (OIMLien externe), destiné à la formation et à l'équipement des garde-côtes libyens.

Et Amnesty Suisse d’insister: «Les autorités suisses doivent veiller à ce que la coopération technique et financière avec les autorités libyennes ne contribue pas aux violations des droits humains des migrants et des réfugiés dans ce pays.»

Porte-parole du ministère suisse en charge de la Justice et de la police (DFJPLien externe), Emmanuelle Jaquet von Sury, précise à swissinfo.ch que la Suisse a placé la protection des réfugiés et des migrants au centre de la dernière réunion du Groupe de contact et que cette réunion a adopté une déclaration d’intention commune qui liste une série de mesures pour protéger les réfugiés et lutter contre les passeurs.

Collusion

Concernant le financement du programme de l’OIM, Emmanuelle Jaquet von Sury précise qu’il est destiné à des équipement de sauvetage en mer, de formation au sauvetage maritime d'urgence et d'établissement de procédures opérationnelles normalisées. «Le respect des droits de l'homme et des normes internationales sont au centre du projet », assure la porte-parole à swissinfo. ch.

Le rapport d’Amnesty, lui, met en relief ce programme en partie financée par la Suisse: «Les membres de la garde-côtière libyenne sont connus pour agir en collusion avec les réseaux de passeurs et se montrent menaçants et violents à l’égard des réfugiés et des migrants qui se trouvent à bord d'embarcations en détresse.»

Dans un communiquéLien externe publié à l’occasion de la réunion à Berne, le DFJP reconnaissait l’ampleur du problème: «La situation est particulièrement dramatique en Libye. De nombreuses personnes, parmi lesquelles des femmes, des enfants et des mineurs non accompagnés, y sont retenus dans des camps et des centres de détention inofficiels. Des cas d’exploitation ont été constatés, de mauvais traitement, de torture, de violences sexuelles, et même de traite des êtres humains et d’esclavage.»

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Esclavage en Libye

Une situation d’autant plus grave que la Libye ne s’est toujours par remise de la chute du colonel Kadhafi en 2011, les autorités reconnues par la communauté internationale ne parvenant toujours pas à s'imposer face aux milices armées formées pendant la révolution de 2011.

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Raison pour laquelle, Amnesty recommande: «Les gouvernements européens doivent repenser leur coopération avec la Libye sur les questions migratoires et permettre aux migrants de gagner l'Europe par des voies légales, notamment via la réinstallation de dizaines de milliers de réfugiés.»

Sur ce point, Emmanuelle Jaquet von Sury rappelle que la Suisse a fourni 1 million de francs suisses en 2015-2016 pour un programme de rapatriement volontaire des migrants bloqués en Libye. Au total, 722 migrants en situation précaire ont bénéficié de ce programme et 102 d'entre eux ont bénéficié d'une aide à la réintégration.

Berne a également annoncé sa décision d'accueillir 80 réfugiés particulièrement vulnérables en provenance de centres de détention en Libye, dans le cadre d'un plan d'urgence élaboré par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

«C'est une bonne chose, mais en même temps le gouvernement suisse participe à cette politique qui maintient les migrants piégés en Libye», commente Nadia Boehlen, porte-parole d'Amnesty Suisse.


Adapté de l'anglais par Frédéric Burnand, swissinfo.ch

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