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No Billag - réactions Il s'agissait bien d'un vote sur la SSR

Doris Leuthard en rose

Encore une victoire pour Doris Leuthard, ministre de l'Environnement, des Transports, de l'Energie et de la Communication, à qui les urnes réussissent décidément bien.

(Keystone)

La SSR a entendu les critiques de ceux qui ont voté oui à No Billag, affirme son patron Gilles Marchand. Pour la ministre de la Communication Doris Leuthard, ce refus net ne doit pas empêcher de penser à l'évolution du paysage audiovisuel.

«La numérisation progresse et les habitudes changent. La consommation par Internet augmente. La part de ceux qui regardent directement la TV sur leur poste va s'éroder», a rappelé Doris Leuthard devant la presse. Le prochain grand chantier sera la nouvelle loi sur les médias électroniques. Le gouvernement est en train d'étudier les détails. Il est important qu'il y ait une large offre dans toutes les régions, a souligné la ministre démocrate-chrétienne. Il y aura dérégulation là où le marché fonctionne. 

Le verdict des urnes montre que la population veut maintenir le mandat de service public, qu'elle est prête à payer et qu'elle souhaite continuer de bénéficier dans toutes les régions d'une offre diversifiée et indépendante, a encore dit Doris Leuthard. Les citoyens ne veulent pas d'un modèle purement commercial.

«Le résultat ne compte pas»

Dans le camp des vaincus, Nicolas Jutzet, du comité d’initiative No Billag, estime que «le résultat d’aujourd’hui n’est pas tellement important».

Jutzet

Réaction de Nicolas Jutzet à No Billag

Pour l’Union suisse des arts et métiers (USAM), la faîtière des PME, qui avait appelé à accepter l’initiative, «oui ou non, peu importe - les réformes promises et la cure d'amaigrissement de la SSR doivent intervenir immédiatement!»

Dans les rangs de l’UDC, le seul grand parti qui avait appelé à soutenir No Billag, la députée Nathalie Rickli dit n’être «jamais partie du principe que l'initiative serait acceptée». Pour elle, le texte était trop radical pour récolter une majorité de suffrages. Reste que le scrutin a des retombées positives: il a ouvert la discussion autour de la SSR. «Nous étions en avance sur notre temps», commente la parlementaire en faisant référence à des revendications exprimées depuis longtemps par son parti.

Autre ténor de l’UDC, la députée Céline Amaudruz se dit «bonne perdante» et attend les réformes à la SSR.

Amaudruz (1)

Céline Amaudruz

«La SSR a l’intention de bouger»

Du côté de la SSR (dont swissinfo.ch est une des unités d’entreprise), on voit dans ce vote «un signe fort pour le service public, les radios et télévisions régionales privées ainsi que la société suisse». «Le scrutin n'était pas du tout joué d'avance», affirme le directeur Gilles Marchand, saluant le fait que cette initiative ait suscité «un vrai débat, une réflexion profonde. Nous prenons acte du débat, des critiques constructives. La SSR a l'intention de bouger».

Marchand

Gilles Marchand

Elle va notamment réduire ses budgets pour s'adapter à la baisse des recettes de la redevance et à l'évolution des revenus commerciaux. Ce plan «d'efficience et de réinvestissement» de 100 millions de francs sera mis en œuvre dès 2019 et sur cinq ans. Des emplois seront également touchés, a concédé Gilles Marchand. «La SSR va s'entretenir avec les partenaires sociaux et communiquera en temps voulu.»

Le plan permettra à la SSR de se concentrer davantage sur «trois missions prioritaires»: fournir une information indépendante et équilibrée, proposer des productions culturelles diversifiées, et adapter son offre numérique. Autre nouveauté: dès 2019, la SSR n'interrompra plus les films diffusés par des blocs publicitaires.

Du côté des émetteurs TV régionaux suisses (Télésuisse), on se dit «heureux et soulagé», mais on estime néanmoins ne pas pouvoir «simplement ignorer ce qui est à l'ordre du jour: la SSR». Selon André Moesch, président de Télésuisse, «il faut aborder et discuter ouvertement de limitations concrètes de la SSR dans le domaine publicitaire, de l'abandon de certaines chaînes et de la répartition de l'argent de la redevance entre la SSR et les prestataires régionaux».

Les partis aussi veulent des réformes

Sur le plateau en direct de la RTS, la députée démocrate-chrétienne Géraldine Marchant-Balet a estimé que la population avait «pris conscience des dangers de No Billag».

Billag

Géraldine Marchant-Balet

 

Le mandat de service public de la SSR doit être redéfini, afin de laisser plus de marge de manœuvre aux médias privés, exigent le Parti libéral-radical (droite) et les Vert'libéraux (centre droit). Le Parti bourgeois démocratique (centre droit) aussi demande que les fonds à disposition de la SSR soient réduits.

A gauche non plus, on ne nie pas le besoin de réformer la SSR. Mais il s'agit de «transformer plutôt que de démanteler», a dit la présidente des Verts, Regula Rytz. La redevance ne doit pas être réduite. Le domaine de la publicité présente par contre une marge de manœuvre: elle devrait être réduite au bénéfice des médias privés, demandent les Verts.

Pour le député socialiste Roger Nordmann, «avec plus de 70% de non le message est clair: la population veut maintenir la SSR. Il faut arrêter ce cirque d'attaques permanentes. Elle fera son chemin et pourra se moderniser».

Editeurs et syndicats satisfaits

Pour les éditeurs privés alémaniques (Schweizer Medien), le rejet de «No Billag» est une bonne chose. Mais le rôle et la mission de la SSR doivent être redéfinis. «Il faut arrêter l'expansion de la SSR, écrit la faîtière. Le politique doit entreprendre très rapidement une révision approfondie de la loi sur la radio et la télévision. La SSR doit avant tout mettre l'accent sur l'information. Et ne pas concurrencer les offres des médias privés, notamment dans le domaine de la publicité en ligne.»

Le SSM, principal syndicat des employés SSR, se dit soulagé et satisfait. «Après des mois de vives controverses et de discussions parfois difficiles pour le personnel concerné, le peuple suisse a fait le choix de la sagesse», écrit-il. Et de souligner que «le maintien des quelque 13’000 places de travail assuré par ce verdict populaire est un important succès.» Le syndicat, qui avait jeté toutes ses forces dans la campagne, rappelle que «dans le débat, il a rarement été question des milliers de professionnels des médias de toute la branche audiovisuelle, du secteur de la musique et de la culture ainsi que des fournisseurs indirectement touchés». 

Pour la Fédération suisse des journalistes (impressum), ce rejet massif «confirme l'attachement des citoyens à des médias de qualité. Mais il faut maintenant s'attaquer de toute urgence à la situation de la presse écrite et des médias en ligne, où les restructurations se succèdent sans trêve». 

De son côté enfin, l'Union des villes suisses (UVS) salue «un résultat clair, qui souligne l'importance pour la Suisse d'une offre de radio et de télévision diversifiée et indépendante. La SSR peut continuer à couvrir largement l'ensemble des régions linguistiques et maintenir son engagement culturel. Elle reste en même temps un employeur important dans les villes».

Régime financier: une formalité

S’agissant du plébiscite du nouveau régime financier, le grand argentier fédéral Ueli Maurer s’est réjoui de l’ampleur du score (environ dix points de mieux que lors du dernier scrutin sur le sujet), même si le résultat n’est nullement une surprise. La Confédération continuera donc de miser sur ces deux impôts pour assurer l'essentiel de ses recettes.

En acceptant massivement la prolongation de la TVA et de l'Impôt fédéral direct, les Suisses adhèrent à un principe «assez peu helvétique», à savoir le fait que «l'Etat grossit et se centralise», a réagi Fabio Battiato, co-fondateur du Parti Libertarien de Genève, le seul qui appelait à voter non.

Et malgré ce nouveau oui, les députés Géraldine Savary (socialiste) et Laurent Wehrli (libéral-radical) estiment qu'il n'est pas nécessaire d'ancrer la TVA et l'IFD dans la Constitution.

Régime financier

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