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Rejet massif pour la caisse unique

(Keystone)

Les citoyens suisses ont balayé l'initiative populaire "pour une caisse maladie unique et sociale". Plus de 70% des votants ont dit non et seuls deux cantons récoltent une majorité de oui.

Pour le ministre de la santé Pascal Couchepin, le peuple a montré qu'il ne voulait pas d'une révolution dans le système de santé. Les partisans de l'initiative, eux, ne s'attendaient pas à une défaite de cette ampleur.

71,2% de non et 24 cantons et demi-cantons sur 26: la défaite de l'initiative est encore plus sévère que ce que laissait prévoir le dernier sondage de l'Institut gfs.bern, réalisé à fin février pour le compte de SRG SSR idée suisse.

Sur plus de 1200 personnes interrogées à l'époque, 52% étaient décidées à voter non, 35% à voter oui et 13% étaient encore indécises.

Comme prévu, c'est en Suisse alémanique que la caisse unique réalise ses plus mauvais scores. Dans les demi-cantons de Nidwald et d'Appenzell Rhodes-Intérieures, la proportion des non frise ou dépasse ainsi les 90%. Partout ailleurs, on tourne autour de 70 à 80% de refus, avec tout de même 65% "seulement" à Bâle-Ville.

Et comme prévu également, c'est en Suisse latine que la caisse unique séduit le plus. Le Jura et Neuchâtel sont même les seuls à l'accepter, avec respectivement 57,7% et 51,3% de oui. Ailleurs, Genève et le Tessin disent non à 54% et Vaud à 55%. Fribourg et le Valais, en revanche, cantons bilingues, refusent plus nettement, avec respectivement 63% et 73% de non.

Couchepin satisfait

«Pour la deuxième fois en quatre ans, le peuple a refusé à plus de 70% une initiative allant dans le sens d'un monopole d'Etat sur l'assurance maladie», a constaté Pascal Couchepin, ministre de l'Intérieur, en charge de la santé.

Pour lui, les Suisses préfèrent la concurrence à un système étatique et le refus de la caisse unique équivaut à un oui à la réforme de l'assurance maladie actuellement en cours.

Pascal Couchepin a réitéré les promesses lancées durant la campagne précédant la votation. Après la «faible» hausse des primes en 2006, la progression pourrait n'être que de 2 à 3% durant les deux prochaines années. Mais tous les acteurs doivent participer aux travaux.

«Pour gagner la bataille des coûts de la santé, chacun doit faire passer ses intérêts privés derrière l'intérêt général», a lancé le ministre.

Quant aux caisses maladie, elles doivent aussi faire des efforts et respecter les règles du jeu en matière de concurrence. Il s'agit pour elles de «reconquérir la confiance du public».

Les assureurs «soulagés»

Des caisses maladie qui, en attendant, accueillent le résultat de cette votation avec soulagement. «Naturellement, nous respirons, et nous sommes contents de pouvoir regarder à nouveau vers le futur», a reconnu Peter Marbet, porte-parole de leur organisation faîtière santésuisse.

Les assureurs entendent continuer à collaborer avec les médecins, les hôpitaux et les partisans de la caisse unique afin de parvenir à une meilleure maîtrise des coûts de la santé.

Du côté du corps médical, Jacques de Haller, président de la Fédération des médecins suisses (FMH), a souligné qu'il s'agissait maintenant de s'atteler aux réformes nécessaires du système de la santé, sans attendre.

Il espère que le «triomphalisme» de certains et les jeux de pouvoir ne vont pas paralyser ce processus.

La peur des primes

Dans le camp des vaincus, Therese Frösch, présidente du comité d'initiative pour la caisse unique, admet qu'elle espérait 35% de oui, au lieu des 28,8% effectivement récoltés. Selon elle, «la propagande des opposants a manifestement eu plus de succès que les arguments des initiants».

Le principe d'une caisse unique en a séduit plus d'un, mais le non l'a finalement emporté dans l'esprit de beaucoup de gens en raison de l'insécurité qui a plané sur le montant des primes, a-t-elle concédé.

Therese Frösch est convaincue que l'initiative a fait bouger les choses. Selon elle, «il y a eu un large débat et les primes des enfants et des jeunes en formation ont été réduites de moitié sous la pression du projet».

Le combat continue

«Le non ne résout aucun problème; nous allons donc continuer de nous battre pour un système de santé efficace et solidaire», a déclaré de son côté Hans-Jürg Fehr, président du Parti socialiste.

Pour lui, «l'échec est dû principalement au fait que l'initiative proposait le principe d'un changement de système: il n'était donc pas possible de calculer exactement les conséquences
financières de ce changement pour chacun».

En outre, «les adversaires de la caisse unique ont dépensé des millions en propagande pour créer une confusion maximale à cet égard», a ajouté Hans-Jürg Fehr, pour qui «le bon résultat de la Suisse latine montre que plus la discussion a été intense, plus on a voté oui».

«Manoeuvre politique publicitaire»

Quant à Fulvio Pelli, président du Parti radical (droite), il espère que des débats constructifs vont reprendre au Parlement.

Selon lui, on ne pourra résoudre le problème des coûts de la santé qu'avec une discussion générale et non avec des propositions isolées, qui se révèlent comme des «manoeuvres politiques publicitaires».

«L'initiative a interféré dans le travail du Parlement et ralenti l'avancement des projets. Durant une année et demie, il a été impossible de discuter avec les Socialistes sur les réformes dans le domaine de l'assurance-maladie», a relevé Fulvio Pelli.

swissinfo et les agences

Faits

L'initiative est refusée par 71,2% du peuple et par 24 cantons et demi-cantons sur 26.
Le refus le plus net vient d'Appenzell Rhodes-Intérieures, avec 91,7% de non.
L'acceptation la plus nette est celle du Jura, avec 57,7% de oui.
La participation est de 45,5%.

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La caisse unique

L'initiative populaire 'pour une caisse maladie unique et sociale' a été lancée par le Mouvement populaire des familles et déposée en décembre 2004.

Elle demandait que l'assurance maladie obligatoire de base soit confiée à une caisse unique nationale, avec des primes fixées en fonction du revenu et de la fortune des assurés.

Le Parti socialiste et les Verts soutenaient l'initiative. Le Conseil fédéral (gouvernement) et la majorité du Parlement recommandaient son rejet.

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