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Revue de presse


La Suisse maîtresse et élève en matière d’asile


Par Katy Romy


La chancelière allemande Angela Merkel reçoit le titre de docteur honoris causa des mains du recteur de l’Université de Berne Martin Taeuber. REUTERS/Denis Balibous (Reuters)

La chancelière allemande Angela Merkel reçoit le titre de docteur honoris causa des mains du recteur de l’Université de Berne Martin Taeuber. REUTERS/Denis Balibous

(Reuters)

Éloge de la politique d’asile suisse, mais aussi appel à plus d'humanité dans l'accueil des réfugiés. Au lendemain de la visite d’Angela Merkel, la presse suisse souligne l'engagement de la «femme la plus puissante dans le monde» face à la crise des migrants. Quant à la poursuite des relations bilatérales entre la Suisse et l'UE, la chancelière allemande n’a pas fourni d’indications concrètes à ce sujet.

Angela Merkel «a donné aux Suisses une leçon de courage, de pragmatisme et de volonté politique.» Pour «Le Temps», la Confédération peut davantage s’inspirer de l’Allemagne que l’inverse. Le quotidien édité à Genève note que la chancelière allemande, en visite à Berne, souhaitait «d’abord s’informer de la restructuration du processus d’asile en Suisse.» Résultat: «Certes, l’accélération de la procédure, les garanties judiciaires accordées aux requérants, la régionalisation des centres d’audition peuvent inspirer Berlin, tout comme l’examen accéléré des demandes provenant des ressortissants des Balkans.»

Toutefois, pour «Le Temps», «les dirigeants suisses ont de quoi apprendre de l’action de la chancelière». Angela Merkel a «su réveiller l’humanisme allemand. Des mots que l’on peine à entendre en Suisse.» Dans son discours hier à l’Université de Berne où elle a reçu un titre de docteur honoris causa, la chancelière a insisté sur la «tolérance zéro» à l’égard des manifestations de haine anti-étrangers. «Il y a des principes fondamentaux en ce qui concerne les relations avec les êtres humains. Même des requérants d’asile dont la demande a été refusée ont le droit à un traitement humain».

«Le Temps» salue aussi le courage de la chancelière, qui «a pris sur elle de rompre avec la règle du renvoi automatique des réfugiés dans le premier pays d’accueil européen, comme le permet l’Accord de Dublin.» Une attitude que le quotidien oppose à celle de Berne et son «administration tatillonne» prête à «séparer un couple de réfugiés syriens pour des raisons administratives».

L’émotion domine

«La Tribune de Genève» constate un changement dans la manière d’aborder la crise des migrants. «Dans la gravité d’Angela Merkel à évoquer ce qui est ‘moral et juste, ni plus ni moins’ face à la crise migratoire, on a pu sentir quelque chose bouger.» Un mouvement initié aussi par la photo de ce petit enfant syrien retrouvé sans vie sur la plage. Une image qui a rapidement fait le tour du monde et qui occupe une large place dans la presse romande. «La Tribune de Genève» pose la question: la photo a-t-elle le pouvoir de modifier l’opinion publique? Réponse par une mise en garde: «La blogosphère a la réaction facile, mais la mémoire courte.»

«Le Matin» revient lui aussi sur ce cliché, qui a le potentiel de faire «basculer l’opinion publique». Il estime toutefois qu’il faut se garder de resserrer davantage le lien entre émotion et politique. «Faire de la politique sur la base d’une photo, dans un sens comme dans l’autre, cela s’appelle du populisme.»

L’initiative contre l’immigration de masse éclipsée

La presse alémanique laisse moins de place au pathos, mais constate que les relations entre la Suisse et l’Union européenne ont été reléguées au second plan par la crise des migrants. Pour le «Blick», cette visite de Madame Merkel a permis avant tout de «remettre les choses à leur juste place». Bien sûr, il y a l’initiative contre l’immigration de masse, mais «pour l’Europe comme pour la Suisse, les gens qui meurent aux frontières de l’Union et les réfugiés en Méditerranée représentent un défi bien plus important et bien plus urgent», note le tabloïd alémanique. Et dans ce domaine, la chancelière a appelé «de manière on ne peut plus claire» la Suisse à faire preuve d’humanité.

Même constat du côté du «St-Galler Tagblatt», qui relève que pour Angela Merkel, la crise des réfugiés «va occuper l’Europe encore plus que l’euro et la Grèce» et il est bien clair que les relations bilatérales entre la Suisse et l’Union «ne figurent pas au sommet des préoccupations de Berlin». Dans ces conditions, «les discussions risquent encore d’attendre derrière une porte close. La Suisse est en position de faiblesse face à Bruxelles, et la visite de la chancelière n’a rien changé à cet état de fait», conclut le quotidien.

Quoiqu’il en soit, cette visite, pour la «Südostschweiz» aura été «un événement majeur». «On a vu des retransmissions en direct, comme s’il s’agissait d’une finale de Coupe du monde de football. Merkel a atterri, Merkel et Sommaruga se saluent, Merkel sur la place de la cathédrale, Merkel à l’uni… Les nombres de clics sur les portails en ligne ont été phénoménaux».

Cet enthousiasme pour Madame Merkel n’est pas seulement à mettre au compte du poids du grand voisin allemand, mais aussi à celui «du tempérament extraordinaire de cette femme», estime le journal grison. «La manière dont elle a géré le crise grecque a plu à beaucoup de Suisses de tendance bourgeoise, et maintenant, le fait qu’elle ait du cœur pour les réfugiés réjouit la gauche. Tous partis confondus, son calme et sa sérénité impressionnent et son authenticité inspire la confiance».

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