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Richemont fait face à un environnement difficile (archives).

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

Le groupe de luxe genevois Richemont bouleverse sa structure dirigeante en supprimant dès fin mars le poste de patron, au moment du départ à la retraite de Richard Lepeu. Sur six mois, le bénéfice net a chuté de 51% à 540 millions d'euros (578 millions de francs).

Outre M. Lepeu, qui quittera Richemont après plus de 30 ans dans différentes activités au sein du groupe, le directeur des finances Gary Saage se retirera fin juillet pour retrouver sa famille aux Etats-Unis. L'actuel directeur adjoint des finances Burkhart Grund remplacera M. Saage et a déjà rejoint le comité de direction avec effet immédiat.

Mais plus que de simples changements, le président du conseil d'administration Johann Rupert a annoncé vendredi à la presse une véritable révolution structurelle. "Un individu ne peut être responsable" à lui seul pour l'ensemble des entités du groupe, a-t-il expliqué. Il partage ce sentiment depuis des années déjà.

Dans un environnement d'affaires qui reste difficile, les patrons des différentes maisons et les chefs de nouveaux grands secteurs rapporteront directement à l'organe de surveillance. Parmi les arrivées, le chef d'IWC Schaffhausen Georges Kern devrait prendre la nouvelle direction de tout le secteur horloger du groupe.

Entités dans l'organe de surveillance

Le patron de Montblanc Jérôme Lambert devrait devenir chef des services centraux et régionaux et pour toutes les maisons qui ne sont pas actives sur l'horlogerie ou la joaillerie. "Il était vraiment temps d'avoir une structure" adaptée au contexte économique, a souligné le président. "Il sera beaucoup plus facile d'avoir de l'harmonie."

Récemment, le patron de Cartier Cyrille Vigneron avait rejoint le conseil d'administration. Outre celles de MM. Kern, Lambert et Grund, l'assemblée générale devra approuver en septembre prochain l'arrivée du patron de Van Cleef & Arpels Nicolas Bos au sein de l'organe de surveillance.

De son côté, John Rupert va conserver ses fonctions de président du conseil d'administration. Outre Richard Lepeu, sept autres administrateurs se retireront du conseil en septembre prochain.

Fermeture de boutiques prévue

Et l'annonce de ce bouleversement structurel a été lancée alors que le groupe présentait également vendredi les résultats des six premiers mois, clos fin septembre, de son exercice décalé 2016/2017. Ils sont venus confirmer le recul constaté après cinq mois.

Ils s'accompagnent aussi de la poursuite de l'"attrition naturelle" entamée pour aligner la production de montres à la demande. Des boutiques dans les régions moins favorables continueront d'être fermées. En revanche, M. Saage a exclu toute nouvelle coupe d'emplois pour le moment.

Sur six mois, l'étendue de la baisse du bénéfice s'explique par des charges exceptionnelles de près de 250 millions d'euros. En cause, la campagne unique de rachat de stocks invendus est désormais achevée. Les coûts nets ont atteint 109 millions.

Richemont a vu aussi son chiffre d'affaires reculer de 13% à 5,086 milliards d'euros. En monnaies locales, la baisse est de 12%. Le recul ne se serait élevé sans les rachats de stocks qu'à 8%.

Marché chinois en hausse

Dans le détail, le chiffre d'affaires de la division joaillerie de la société (Cartier, Van Cleef & Arpels) a diminué de 13%. Celui du secteur lié aux montres (Vacheron Constantin, Baume & Mercier, Jaeger-LeCoultre, Piaget, Lange & Söhne et IWC) s'est réduit de 17%. Les autres secteurs ont reculé de 1%.

L'environnement reste difficile au Japon (-11%), au Moyen-Orient et en Afrique (-12%) et en Europe (-18%). La baisse est moins importante en Asie/Pacifique (-10%) et sur le continent américain (-7%). La Chine continentale est elle un marché favorable, comme la Grande-Bretagne et la Corée du Sud.

Le résultat opérationnel s'est contracté de 43% à un peu moins de 800 millions d'euros. Sans les rachats de stocks, le recul n'aurait atteint que 25%. M. Saage a considéré le mois d'octobre comme "positif", sans davantage de détails. Richemont reste encore convaincu des opportunités à long terme pour ses activités.

A la Bourse suisse, les investisseurs ont goûté les annonces de Richemont. L'action bondissait de près de 7% à 67,40 francs vendredi en milieu de matinée, signant au passage la plus forte hausse de la séance.

sda-ats

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