Rousseff se défend à Genève de toute corruption et roule pour Lula


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Dilma Rousseff ne cherche pas de poste dans gouvernemental si Luiz Inacio Lula da Silva devient à nouveau président (archives).

KEYSTONE/AP/ERALDO PERES

(sda-ats)

L'ancienne présidente brésilienne Dilma Rousseff, destituée l'année dernière, a rejeté samedi à Genève toute accusation de corruption dans ses campagnes électorales. Celle qui veut faire élire Lula en 2018 n'envisage plus de mandat électoral dans son pays.

Les déclarations de cadres du groupe de construction Odebrecht dans un accord avec la justice ont mené à l'ouverture d'enquêtes contre des ministres du gouvernement du successeur de Mme Rousseff, Michel Temer. L'entreprise aurait versé au total plus de 3,2 millions de dollars au parti PMDB de l'actuel président lors de la campagne de 2014 où il avait été élu vice-président de Mme Rousseff.

Selon la presse brésilienne, la procédure pourrait également viser l'ex-présidente, en poste de 2011 à 2016, et Luiz Inacio Lula da Silva, son prédécesseur pendant huit ans. "Montrez-moi les preuves", a lancé devant la presse Mme Rousseff, interrogée sur son éventuelle implication, en marge de sa participation au Festival du film international sur les droits humains (FIFDH).

Selon elle, ses campagnes électorales de 2010 et 2014 n'ont pas été financées avec de l'argent de la corruption. "Jamais je n'ai demandé de dessous de table. Jamais je n'en ai reçu", a dit Mme Rousseff. Elle se félicite au contraire d'avoir fait voter en 2013 la loi qui permet aux dénonciateurs de corruption d'obtenir des réductions de peine.

Condamnation récente en Suisse

La justice suisse a condamné récemment Odebrecht et une de ses filiales à lui verser 117 millions de francs dans le cadre du scandale de corruption touchant le géant pétrolier Petrobras. Une immense enquête a révélé un vaste réseau de corruption ayant détourné, par l'intermédiaire de marchés de sous-traitance surfacturés à des groupes de construction, quelque six milliards de réais (près de deux milliards de francs) de Petrobras.

Des dizaines de chefs d'entreprises et de personnalités politiques sont déjà en prison. Destituée de son côté pour maquillages des comptes publics, Mme Rousseff se dit toujours victime d'un "coup d'Etat parlementaire" de ceux qui ne souhaitaient pas que l'enquête dans l'affaire Petrobras avance. Et ceux qui ne voulaient pas que des impôts sur les dividendes soient établis.

"Très certainement, je ne m'allierais plus avec mon vice-président", dit Mme Rousseff si elle faisait à nouveau campagne. Et elle ne baisserait pas non plus les impôts pour le secteur privé. Mais elle veut désormais contribuer à faire élire Luiz Inacio Lula da Silva en 2018. Elle ne recherche pas de poste dans son gouvernement s'il devient à nouveau président, ni de mandat électoral.

Temer ciblé par Rousseff

A l'âge de 60 ans, elle n'avait jamais occupé de fonction élective nationale, fait-elle remarquer. "Je peux tout à fait continuer à faire de la politique sans être élue". "Je vais continuer tout ma vie à être militante", ajoute-t-elle.

Au centre de son combat, le maintien du programme d'aide aux familles les plus pauvres lancé par Lula et la défense des droits sociaux, menacés selon elle par l'austérité de M. Temer.

Le Brésil fait face depuis deux ans à la pire récession de son histoire. "Les raisons profondes de la crise économique ont été sous-estimées", estime M. Rousseff. La chute du prix des matières premières en constitue l'un des éléments principaux. Combinée à la prise sécheresse au Brésil depuis 80 ans, selon l'ex-présidente. Elle démonte la politique de M. Temer. "On ne peut pas sortir de la crise seulement en coupant les dépenses", dit-elle.

ATS

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