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Séisme Le Népal face aux défis de la reconstruction

Kumalpur, à proximité de Katmandou, un des villages où des secours venus de Suisse sont à l’œuvre.

(Keystone)

Une équipe d'experts suisse au Népal estime que l’aide internationale devra se poursuivre à long terme. Dans l’immédiat, il s’agit de soutenir les hôpitaux surpeuplés et d’assurer l'approvisionnement en eau.

C’est le plus puissant séisme que ce pays grand comme trois fois la Suisse a connu depuis celui de 1934. Selon des estimations initiales de l’ONU, basées sur la dernière cartographie du tremblement de terre, huit millions de personnes dans 39 districts ont été touchées, dont plus de deux millions dans les 11 districts les plus gravement touchés. Le dernier bilan provisoire établi ce mardi avance le chiffre de 4349 morts et de près de 8000 blessés.

Huit millions de personnes touchées

D'une manière ou d'une autre, le séisme de magnitude 7,8 qui a frappé le Népal samedi affecte la vie de huit millions de personnes, sur les 28 millions d'habitants de ce pays, un des plus pauvres du monde, a annoncé mardi l'ONU. Plus de 1,4 million de personnes ont en particulier besoin de nourriture.

«Nous recevons des appels à l'aide de toutes parts. Mais nous sommes dans l'incapacité d'organiser simultanément les secours dans de nombreux endroits en raison du manque d'équipements et de spécialistes», a admis, le Premier ministre népalais Sushil Koirala.

Le bilan du séisme, le plus meurtrier en plus de 80 ans, ne cesse de s'alourdir. Selon le ministère de l'Intérieur, il est désormais de 4349 morts et 7953 blessés. En outre, 73 personnes ont péri en Inde et 25 au Tibet, dans l'ouest de la Chine. Mais il s'agit sans doute encore d'un bilan provisoire car l'étendue des dégâts dans les villages proches de l'épicentre du séisme, à environ 80 kilomètres au nord-ouest de Katmandou, est encore en bonne partie inconnue.

(source: ats)

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Malgré l’ampleur du désastre, les Népalais n’ont pas perdu leur esprit de résilience, selon Billi Bierling, de l'unité suisse d'aide humanitaire en action depuis lundi à Katmandou. Cette équipe de secours en cas de catastrophe dépend de l'Agence suisse pour le développement et la coopération (DDC). Egalement journaliste et grimpeuse, Billi Bierling vit une partie de l'année à Katmandou.

swissinfo.ch: Quelle est votre évaluation préliminaire de la situation?

Billi Bierling: J’ai été très surprise de voir le nombre de bâtiments encore debout. Mais nous ne pouvons pas regarder à l'intérieur de ces bâtiments, et je pense que beaucoup d'entre eux sont endommagés. Notre médecin a visité quatre hôpitaux. Évidemment, ils sont surpeuplés. Mais ils semblent faire un bon travail. Il s’est également rendu dans un hôpital également surpeuplé près de Bhaktapur, l'une des villes qui a été très gravement endommagée.

swissinfo.ch: L’approvisionnement en eau potable pose-il un grave problème?

BB: Katmandou est assez bien développée. L'eau potable est encore partiellement disponible. Quant au gouvernement, il fournit un peu d'eau. En temps normal, le Népal souffre de pannes de courant, faute de capacité suffisante de production d’électricité. Une tragédie comme celle-là aggrave la situation puisqu’il n’y a pas suffisamment d’électricité pour pomper l’eau et alimenter les réservoirs qui se trouvent sur le toit des maisons.

swissinfo.ch: Etant donné la pauvreté du Népal, comment évaluez-vous sa capacité à rebâtir son infrastructure?

B.B .: Au cours des dix dernières années, Katmandou a considérablement grandi à cause de l'insurrection maoïste qui a poussé beaucoup de jeunes à s’y réfugier. Vous avez beaucoup de bâtiments modernes qui semblent avoir survécu au tremblement de terre. Néanmoins, je pense que le travail de reconstruction sera énorme et que le Népal aura besoin de l’aide de la communauté internationale pour un certain temps. Mais le Népal sera en mesure de le faire. C’est un peuple fort et je pense qu'ils vont s’en sortir.

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Aide suisse

Lundi, deux équipes de l’ONG HelvetasLien externe (présente au Népal depuis 60 ans) avec des spécialistes de l'eau ont quitté Katmandou pour se rendre dans les districts de Sindhupalchok et Gorkha, à l'épicentre du séisme. Elles apportent une aide urgente et vont évaluer les besoins des populations. Suivra une équipe plus importante pour commencer les travaux de reconstruction des systèmes d'eau et d'assainissement. Ces interventions sont cruciales pour prévenir l'apparition de maladies. À brève échéance, Helvetas s'attachera également à la réparation ou la reconstruction des ponts suspendus.

La Croix-Rouge suisseLien externe (CRS) de son côté débloque un demi-million de francs pour l'aide d'urgence. L'accent est mis sur la logistique et le soutien à la Croix-Rouge népalaise. Une première équipe de six logisticiens de la CRS s'envole mardi de Zurich pour la région sinistrée, où elle prendra en charge la coordination de l'aide d'urgence acheminée par la Croix-Rouge internationale. Ces trois prochains mois, trois autres équipes se relaieront au Népal pour des durées de quatre semaines.

Par ailleurs, la Suisse est toujours sans nouvelles de dizaines de ses ressortissants au Népal, mais aucune victime n'a été recensée pour l’heure. Touchée par le tremblement de terre, l'ambassade à Katmandou ne peut être utilisée et un «camp suisse» a été établi dans un jardin à proximité.

La Chaîne du Bonheur, l’organisme de dons de la radio-télévision publique SSR (également maison mère de swissinfo.ch) a de son côté ouvert un compteLien externe pour récolter des dons pour le Népal.

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Traduit de l'anglais par Frédéric Burnand

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