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Condamnations fermes pour trois éco-anarchistes

Le procès des trois éco-terroristes s'est déroulé sous haute surveillance.

(Keystone)

Vendredi à Bellinzone, le Tribunal pénal fédéral (TPF) a condamné à la prison ferme trois membres d'un groupe anarchiste italien pour tentative manquée d'attentat à la bombe contre le centre de nanotechnologies d’IBM à Rüschlikon (Zurich).

Les prévenus, un couple italien et un Tessinois résidant dans la péninsule comparaissaient depuis mardi. Présidé par le juge Walter Wüthrich, le TPF a reconnu les inculpés coupables d'actes préparatoires d'incendie intentionnel ainsi que de commerce illégal de matériel explosif. Il a condamné les deux Italiens – un agriculteur de 34 ans et sa femme de 29 ans – et le Suisse de 26 ans à trois ans et huit mois, trois ans et quatre mois et trois ans et demi de réclusion.

Par ces peines qu'il a qualifiées d'«exemplaires», le TPF est allé au-delà des requêtes du procureur fédéral Hansjörg Stadler qui, mercredi, avait demandé de trois à trois ans et demi de prison ferme pour le trio. Considérés comme des «touristes du crime» par la cour, les accusés ont cependant été blanchis de l'accusation de commerce illégal de matériel explosif. Le TPF a estimé dans ce cas qu'aucune preuve concrète n'avait pu être établie que ce matériel qui aurait dû être utilisé pour faire sauter le centre de recherche d'IBM, alors en construction à Rüschlikon avait bien été introduit clandestinement d'Italie.

Succès sur toute la ligne pour le MPC

Les trois membres du groupe italien anarchiste-insurrectionnel «Il Silvestre» fondé à Pise il y a une dizaine d'année par l'inculpé de 34 ans, devront aussi s'acquitter des frais de la cause. Les 15 mois de prison préventive seront déduits de la condamnation définitive. «Billy», l'accusé tessinois, devra purger 22 jours d'une condamnation précédente dont le sursis a été révoqué.

Succès pour toute la ligne donc pour le Ministère public de la Confédération (MPC). S'entretenant avec la presse, le procureur Stadler s'est dit satisfait du signal de fermeté lancé par le TPF contre les mouvements subversifs. La défense, qui plaidait l'acquittement, a été désavouée sur toute la ligne.

Le TPF a balayé les conclusions des avocats qui estimaient qu'aucune preuve n'avait été fournie sur l'éventuelle dangerosité du matériel saisi. Il a aussi repoussé l'affirmation selon laquelle l'arrestation du trio, survenue lors d'un contrôle de la police routière sur le col de l'Albis (Zurich), avait en réalité été concoctée par l'Italie avec les autorités suisses.

L'ombre du mouvement anarchiste

L'ombre du mouvement anarchiste et des «éco-terroristes» a plané tout au long du procès. Dès son ouverture, mardi, entoure d'impressionnantes mesures de sécurité, une cinquantaine d’autonomistes et d’anarchistes provenant des centres tessinois et suisses, mais aussi d'Italie, d'Allemagne et de France, se sont installés devant le tribunal. Vêtus de noir, cheveux longs ou tresses rasta, ils ont déployé des banderoles demandant la «libération immédiate pour Costa, Silvia, Billy et Marco» et leur «père spirituel», le grison Marco Camenisch.

Actuellement détenu aux établissements de la Plaine de l'Orbe (Vaud), Marco Camenisch, 59 ans, purge une peine pour l'assassinat, en 1989, d'un garde-frontière à Brusio (Grisons). Il avait été reconnu alors qu'il était en cavale après s’être évadé du pénitencier zurichois de Regensdorf, avec la mort d’un gardien à la clé. Considéré comme un des premiers «éco-terroristes», Marco Camenisch est l’idole des anarchistes italiens, qui ne cessent de demander sa libération.

Un procès agité

Durant les deux jours de débats, les partisans des prévenus n'ont cessé de scander des slogans au mégaphone et d'actionner des sirènes à intervalles réguliers. Tenus à distance du bâtiment par les policiers en tenue anti-émeute qui ont gardé leur calme, les autonomistes et anarchistes ont finalement été dispersés sans incident vendredi.

Selon la police, ils pourraient toutefois organiser une action de protestation devant la prison luganaise de La Stampa où les détenus ont été provisoirement transférés.

Chronologie

15 avril 2010: deux Italiens et un Suisse sont arrêtés dans les environs de Langnau am Albis (Zurich) en possession d’une importante quantité d’explosifs. de même que des tracts en allemand signés par le groupe ELF Switzerland Earth Liberation Front revendiquant un attentat contre le centre de recherche sur les nanotechnologies IBM de Rüschlikon, alors en construction. Ils sont arrêtés.

5 octobre 2010: une bombe artisanale non explosée est retrouvée devant l'ambassade de Suisse à Rome. Un mur porte l'inscription «Libérez Costa, Silvia et Billy» (les inculpés).

23 décembre 2010: une lettre piégée blesse grièvement à la main un employé de l'ambassade suisse de Rome. Le même jour, une bombe explose à l'ambassade du Chili où un homme est sérieusement touché au visage et aux mains. La Fédération anarchiste informelle revendique les attentats et fait mention des trois membres arrêtés en avril à Zurich.

23 décembre 2010: une lettre piégée blesse aux mains un employée de 53 ans de l’ambassade de suisse à Rome. Le même jour, un engin explose à l’ambassade du Chili de la capitale italienne. Un homme est gravement blessé au visage et aux mains. Dans son texte de revendication, la Fédération anarchiste informelle fait référence aux trois personnes arrêtées en avril en Suisse.

17 janvier 2011: des inconnus tentent sans succès de bouter le feu au TPF à Bellinzone. Ils signent leur action par un A entouré d’un cercle, symbole du mouvement anarchiste.

31 mars 2011: une lettre piégée explose dans les locaux de Swissnuclear à Olten (Soleure), blessant deux femmes. Cette fois aussi, l'attentat est revendiqué par la Fédération anarchiste informelle. Le même jour, dans une caserme de parachutistes de  Livourne (Italie), un paquet piégé blesse un officier qui perd huit de ses dix doigts.

22 juillet 2011:  à l'issue du procès ouvert le 19 juillet, les deux Italiens  et le Suisse sont condamnés à trois ans et huit mois, trois ans et quatre mois et trois ans et demi de réclusion ferme.

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swissinfo.ch

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