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Stratégie de la Confédération


Bientôt de nouvelles écoles suisses à l’étranger?


Par Christian Raaflaub, Lenzburg


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Podium de discussion lors de la Conférence des écoles suisses à l'étranger, avec l'ambassadrice Christine Schraner Burgener, 3e depuis la droite. (Educationsuisse/Philipp Zinniker)

Podium de discussion lors de la Conférence des écoles suisses à l'étranger, avec l'ambassadrice Christine Schraner Burgener, 3e depuis la droite.

(Educationsuisse/Philipp Zinniker)

Les écoles suisses à l’étranger ne sont pas obsolètes. Une nouvelle stratégie de la Confédération prévoit la création de nouveaux établissements sans que ceux-ci ne prétéritent financièrement ceux qui existent déjà. 

Il y a quelques années encore, les écoles suisses à l’étranger étaient menacées d’une fin échelonnée. Au Parlement, les subventions stagnaient. Mais depuis l’entrée en vigueur de la Loi fédérale sur la diffusion de la formation suisse à l’étranger, le 1er janvier 2015, les 17 établissements ont désormais une base solide. Chaque année, les écoles suisses reconnues et les écoles internationales soutenues par la Suisse sont dotées d’un budget d’environ 21 millions de francs. 

Avec sa Stratégie sur le développement du réseau des écoles suisses à l’étranger, la Confédération veut désormais permettre l’ouverture de nouvelles écoles. «La demande en écoles privées est en croissance dans le monde entier», observe l’Office fédéral de la culture dans sa stratégie qui a été présentée mercredi lors de la Conférence des écoles suisses à l’étranger.

La loi prévoit «que la Confédération puisse aussi soutenir la fondation d’écoles», rappelle la directrice de l’Office fédéral de la culture Isabelle Chassot. Il revient à la Confédération et au directeur du Département fédéral de l’intérieur Alain Berset «de remettre l’accent sur la culture et le travail de formation», ajoute-t-elle. 

Les priorités de la stratégie sont, selon elle, d’élargir le réseau des écoles suisse dans les régions clefs et de mettre en place le système de formation dual avec apprentissage partout où cela est possible et aussi pour les nouveaux établissements. 

Certes, les écoles suisses existantes sont aussi soumises à la réduction linéaire de 3% de toutes les subventions fédérales. Toutefois, «la création de nouvelles écoles ne doit pas se faire aux dépends des écoles actuelles, affirme Isabelle Chassot. Une demande spéciale sera adressée au Parlement pour ces nouveaux subventionnements.» 

Appel de Pékin 

La création d’un nouvel établissement s’annonce justement à Pékin. La nouvelle école était prévue pour cet été déjà, mais cela a désormais été reporté à l’été 2017 en raison des difficultés pour trouver le capital de départ, indique Barbara Stäuble, présidente de l’association de soutien de Pékin. C’est justement lors de cette phase initiale que l’aide de la Confédération a douloureusement manqué, car il n’y avait pas de fonds à disposition pour l’étude de faisabilité. 

En attendant, une solution pragmatique a pu être trouvée. «Nous allons maintenant commencer avec une école partenaire à Pékin, explique Barbara Stäuble. C’est une école internationale qui propose la maturité internationale mais qui met aussi fortement l’accent sur l’enseignement des langues maternelles. Elle nous apporte un gros soutien, afin que nous devenions sa section suisse.» 

«Il ne faut pas toujours être une école purement suisse», commente Derrick Widmer, président d’educationsuisse, l’association des écoles suisses à l’étranger. Selon lui, à l’avenir, on va de plus en plus rechercher des collaborations avec des écoles allemandes et internationales ou avec des investisseurs privés. 

Dans le projet d’école à Pékin, il y a des gens qui «connaissent très bien la Chine», estime Derrick Widmer. Il cite par exemple Uli Sigg, qui est ancien ambassadeur de Suisse à Pékin et un grand connaisseur du pays et de sa culture. «C’est pourquoi je suis optimiste», déclare le président d’educationsuisse, d’autant que le projet d’école se greffe sur une infrastructure déjà existante, ce qui évite d’injecter beaucoup d’argent dès le départ. 

Derrick Widmer regrette un peu que la stratégie de la Confédération empêche une expansion rapide. «La Confédération ne finance qu’avec de la retenue», commente-t-il. Mais trouver des sponsors n’est pas facile, raison pour laquelle il est judicieux de multiplier les collaborations avec d’autres écoles, comme c’est déjà le cas avec quatorze écoles allemandes. 

Durant l’année scolaire 2014-2015, les 17 écoles suisses reconnues dans 9 pays comptaient au total 7823 élèves, dont environ 1800 de nationalité suisse. 

Environ 300 enseignants suisses étaient actifs dans ces écoles, sans compter un nombreux personnel local. (swissinfo.ch)

Durant l’année scolaire 2014-2015, les 17 écoles suisses reconnues dans 9 pays comptaient au total 7823 élèves, dont environ 1800 de nationalité suisse. 

Environ 300 enseignants suisses étaient actifs dans ces écoles, sans compter un nombreux personnel local.

(swissinfo.ch)

«De bons rendements» 

«Les écoles suisses à l’étranger investissent dans notre avenir», déclare Christiane Schraner Burgener, ambassadrice de Suisse en Allemagne. Celle-ci dispose d’expériences solides avec les écoles à l’étranger: lorsqu’elle était enfant, elle a fréquenté pendant six ans l’école allemande de Tokyo et ses propres enfants ont été à l’école suisse de Bangkok lorsqu’elle était en poste dans la capitale thaïlandaise. 

«Nous avons déjà une très bonne collaboration avec les écoles allemandes à l’étranger, juge l’ambassadrice. Mais souvent, celles-ci sont saturées, comme à Pékin. C’est pourquoi je trouve très bien de pouvoir implanter de nouvelle écoles suisses à l’étranger». 

Enfin, ces écoles transmettent la culture et les langues nationales de la Suisse. Lorsque l’on veut rentrer au pays, elles assurent également la transition pour qu’on y trouve des contacts, en particulier dans les Hautes Ecoles», souligne-t-elle. 

Pour Isabelle Chassot, il est important que les écoles suisses à l’étranger obtiennent une plus grande reconnaissance en Suisse, car les postes à l’étranger sont «très innovants et offrent un gros retour sur investissement». Malheureusement, les diplômes obtenus à l’étranger sont souvent trop peu reconnus en Suisse. La directrice de l’Office fédéral de la culture souhaite donc un peu plus d’ouverture de la part du système de formation suisse.

N’hésitez pas à faire part de vos expériences si vous ou des membres de votre famille avez aussi fréquentés des écoles à l’étranger. 


(Traduction de l'allemand: Olivier Pauchard), swissinfo.ch

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