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Traditions


Cinq choses à savoir sur la Fête fédérale de lutte


Par Olivier Pauchard


Le taureau qui sera remis au roi de la lutte prend la pose avec son vacher et Lauriane Sallin, Miss Suisse 2016. (Keystone)

Le taureau qui sera remis au roi de la lutte prend la pose avec son vacher et Lauriane Sallin, Miss Suisse 2016.

(Keystone)

La région de la Broye accueillera la 44e édition de la Fête fédérale de lutte suisse et des jeux alpestres lors du dernier week-end du mois d’août. Organisée tous les trois ans, il s’agit de la plus grande manifestation sportive de Suisse. Environ 250'000 visiteurs sont attendus en l’espace de trois jours.

Malgré l’abondance de festivals et de spectacles en tous genres, cette 44e édition de la Fête fédérale de lutte sera certainement la manifestation phare de l’année en Suisse, tant pour les habitants que pour les touristes. Depuis la fin du 19e siècle, ce rendez-vous est devenu une véritable institution.

1. Gigantisme

La Fête fédérale de lutte est le fruit d’une longue tradition, puisqu’elle a été organisée pour la première fois en 1895. Depuis, elle a lieu tous les trois ans. La dernière édition s’était tenue en 2013 à Berthoud (canton de Berne) et avait vu le sacre de Matthias Sempach.

Il est de tradition que la fête fédérale se déroule tous les quinze ans en Suisse romande. Après Nyon (Vaud) en 2001, Sion (Valais) en 1986 ou encore La-Chaux-de-Fonds (Neuchâtel) en 1972, c’est la candidature d’Estavayer-le-Lac, dans le canton de Fribourg, qui a été retenue pour cette 44e édition d’où le nom Estavayer2016.

Mais en réalité, les compétitions se dérouleront sur des terrains mis à disposition par la base aérienne militaire de Payerne, dans le canton de Vaud, à environ 7 km d’Estavayer. La ville fribourgeoise organisera toutefois le vendredi une cérémonie d’ouverture qui remplacera le traditionnel cortège folklorique.

Il n’est pas exagéré de parler du «plus grand événement sportif» du pays. La précédente édition à Berthoud avait attiré un nombre record de 300'000 spectateurs et pour cette nouvelle édition, plus de 250'000 sont attendus dans la Broye. D’autres chiffres encore témoignent de l’ampleur de l’événement: un budget de 25 millions de francs, 4000 bénévoles, une place de fête de 90 hectares, un camping de 20'000 places…

2. Des jeux ancestraux

La lutte suisse ou lutte à la culotte est un sport très ancien attesté depuis le 13e siècle. Elle était à l’origine pratiquée essentiellement par les paysans des zones alpines. Après avoir pratiquement disparu, la lutte suisse s’est muée en sport national au cours du 19e siècle, parallèlement au développement d’un sentiment national.

Cette forme de lutte est appelée lutte à la culotte parce que les combattants se tiennent par une culotte en jute portée sur leurs habits. Le combat se déroule sur une surface circulaire recouverte de sciure de bois. Le but est de projeter l’adversaire au sol et de lui maintenir les omoplates à terre. Le résultat dépend également de notes attribuées par un jury de trois personnes.

La lutte suisse est plus sophistiquée qu’elle n’y paraît au premier abord. Elle comprend une centaine de prises, bien que cinq seulement soient le plus souvent utilisées.

Outre la lutte à la culotte, la Fête fédérale des jeux alpestres comprend encore deux autres disciplines. La première consiste à lancer une pierre le plus loin possible, et se décline en plusieurs compétitions: le lancer de la pierre de 20 kg avec élan, le lancer de la pierre de 40 kg sans élan et le lancer de la pierre de 83,5 kg (la célèbre pierre d’Unspunnen, du nom d’une prairie au-dessus d’Interlaken, dans le canton de Berne) avec ou sans élan.

La deuxième discipline, le hornuss, est un sport d’équipe, que l’on pourrait voir comme un mélange de golf et de base-ball. Une équipe lance une sorte de palet nommé hornuss (frelon en allemand) en le frappant avec une longue tige flexible. L’équipe adverse tente d’intercepter le projectile avec des palettes de bois. Si le projectile atterrit dans l’aire de jeu sans avoir été intercepté, l’équipe des intercepteurs est pénalisée et ces pénalisations déterminent le score des frappeurs.

3. A guichets fermés

Bien qu’elle soit d’une capacité de 52'016 personnes, ce qui en fait le plus grand stade (éphémère) du pays, l’arène qui accueille les compétitions de lutte est déjà totalement «sold out». Au mois de mai, les 4016 billets mis à la vente au public ont trouvé preneur en moins de deux heures.

Mais le public présent sur place sans billets pourra suivre les compétitions sur des écrans géants. Par ailleurs, l’accès sera libre pour les compétitions de lancer de la pierre et de hornuss.

La cérémonie d’ouverture ainsi que toutes les manifestations culturelles présentées sur les neuf scènes installées sur le site seront elles aussi accessibles sans billet. 

«Je pensais que la Suisse était une démocratie!» - Dimanche, le nom du nouveau roi de la lutte sera connu, par Marina Lutz (26.08.2016) (Marina Lutz)

«Je pensais que la Suisse était une démocratie!» - Dimanche, le nom du nouveau roi de la lutte sera connu, par Marina Lutz (26.08.2016)

(Marina Lutz)

4. Des amateurs choyés par les sponsors

La Fête fédérale de lutte cultive un côté populaire et amateur. Il n’est donc pas question d’argent pour récompenser les participants aux diverses joutes sportives. La tradition veut que les prix soient remis en nature. C’est ainsi que le «roi de la lutte» reçoit un taureau. Tous les sportifs peuvent choisir leur récompense dans un «pavillons de prix».

Mais ce côté amateur est sérieusement écorné par la présence très visible des différents sponsors. Ceux-ci sont évidemment absolument indispensables pour assurer le financement, car le budget d’une Fête fédérale de lutte est de nos jours de l’ordre de 25 millions de francs.

Cette évolution vers un spectacle plus médiatique voire commercial suscite des critiques, comme swissinfo.ch le constatait déjà il y a trois ans, en marge de la Fête fédérale de Berthoud:

5. Suisse idéalisée?

Qu’elles soient culturelles ou sportives, les fêtes fédérales ont aussi des fonctions sociologiques. Il s’agit notamment de moments de communion nationale, de célébration d’une Suisse «éternelle».

Mais pour certains, cette célébration d’une Suisse alpine, traditionnelle et rurale n’est pas neutre d’un point de vue politique. Elle correspondrait pour l’essentiel à une Suisse idéalisée par la droite conservatrice. Au terme de la Fête fédérale de Berthoud, une partie de la presse dénonçait d’ailleurs cette «mise en scène de clichés helvétiques».




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