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spectacle «Séries» Audrey Cavelius, femme hybride

«Je rêvais de plumes, de belles plumes, alors j’ai décidé de les porter», dit Audrey Cavelius, artiste d'origine française établie en Suisse. 

(NoNameCompany_JulieMasson)

L’artiste d’origine française avoue se plaire beaucoup en Suisse où elle s’est installée il y a douze ans. Metteuse en scène, performeuse, comédienne, elle marie dans son travail différentes formes d’expressions artistiques. Accompagné d’une exposition photos, son dernier spectacle «Séries» est présenté au Centre culturel suisse, à Paris. 

La métamorphose. Pas celle que Kafka raconte dans son livre éponyme, mais celle qu’Audrey Cavelius imagine dans sa bien nommée «Séries». Série de photos exposées actuellement à Genève et tirées du spectacle du même nom que la jeune artiste signe et présente au Centre culturel suisse, à Paris, du 7 au 9 novembre. Audrey Cavelius, 36 ans, ne se métamorphose pas en cancrelat géant comme le personnage principal chez Kafka. Non, son bestiaire à elle est moins horrible, en tout cas plus drôle. 

La voilà donc en poule. Bon, ce n’est qu’une photo! Pour la prendre, comme elle a pris des dizaines d’autres photos faisant l’objet de son exposition et d’un catalogue, Audrey Cavelius a dû compter sur la complicité de deux comédiennes. Aidées par une costumière et une photographe chevronnée, les trois femmes se sont prêtées au jeu des selfies. Enfermées dans un studio durant plusieurs jours et plusieurs heures, elle se sont fait tirer le portrait, déguisées en tout ce que leur imaginaire autorise. 

Ebouriffant  

Ce qui en sort est ébouriffant comme peuvent l’être les arts performatifs aujourd’hui lorsqu’ils se mettent à singer les humains accros aux manipulations électroniques. Un selfie est par nature narcissique. Si on s’y voit laid, on le retouche pour s’embellir. Désencombrée de toute volonté de plaire, Audrey Cavelius, elle, ne cherche pas la perfection. «Ce qui m’intéresse dans «Séries», c’est la métamorphose corporelle dictée par les fantasmes de chacun», avoue-t-elle. 

«Je n’ai pas de message à délivrer, je joue sur l’hybridité, c’est tout» 
Audrey Cavelius

Fin de la citation

Faut-il en déduire qu’elle aurait voulu être une poule? «Ah! non, répond-elle, je rêvais tout simplement de plumes, de belles plumes, alors j’ai décidé de les porter.» Sa parure est excentrique et sa posture tout autant: installée dans un bac, la poule tassée sur elle-même semble prête à pondre. On rit. 

Mais on rit moins quand sur cette autre photo on voit Audrey Cavelius drapée de rouge, les bras en croix et le visage endolori par un cri. Le flash est immédiat: c’est le drapeau suisse. Est-il donc si lourd à porter? On peut y voir un pied de nez à l’Helvétie. Mais l’artiste rectifie: « Ah non, je n’allais quand même pas me moquer de mon pays d’accueil! Il ne faut pas chercher coûte que coûte une signification à mes photos. Je n’ai pas de message à délivrer, je joue sur l’hybridité, c’est tout.» 

Liberté artistique suisse  

Hybride. Voilà comme elle est Audrey Cavelius, une personne à visages multiples, sur scène et sur les photos en tout cas. A la ville, son identité est double. Cette Française de naissance, avoue se plaire beaucoup en Suisse où elle s’est installée il y a 12 ans. Elle était venue pour suivre des études à Lausanne, à la Manufacture (Haute école de théâtre de Suisse romande), elle y est restée. «J’ai trouvé ici l’appui des institutions qui m’ont encouragée», comme le Théâtre Saint-Gervais à Genève, l’Arsenic à Lausanne, et le Théâtre populaire romand qui accueillera, en 2019, à la Chaux-de-Fonds sa prochaine création «Jungle». 

(NoNameCompany_JulieMasson)

«Contrairement à d’autres pays, il y a en Suisse une liberté artistique très grande: pas de clivage entre les différentes formes d’expression, mais au contraire une transdisciplinarité bien acceptée par le public et par les directeurs de scènes», confie-t-elle.

Scène émergente suisse 

Audrey Cavelius parle très vite. Elle s’exprime à grand renfort de gestes et nourrit la conversation de quelques idées sur la question de l’identité qui visiblement l’obsède. «Pour moi, il n’existe pas de vérité absolue sur l’être humain. Chacun de nous est constitué d’une multitude de facettes», affirme celle qui a appelé l’un de ses spectacles «Variations». Variations sur sa propre voix en l’occurrence, qui lui laissaient alors la liberté d’incarner cinq personnages à la fois. 

Les artistes sont comme les pays. Il y a ceux dont le pouvoir est depuis longtemps reconnu. Et il y a les « émergents » qui connaissent aujourd’hui une croissance rapide. Audrey Cavelius fait partie de la scène émergente suisse, ouverte aux «arts tendances», comme on dit: musique, photos, théâtre, danse, performance… Il n’est pas étonnant que sa compagnie s’appelle NoName, façon de marquer son décloisonnement.

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