samedi 25.05.2013  
 
 
 

 

Le bénévolat, fragile moteur du sport suisse

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Les hockeyeurs en herbe des ZSC Lions ont eux aussi besoin du soutien de bénévoles pour s'adonner à leur sport favori.Légende:

Les hockeyeurs en herbe des ZSC Lions ont eux aussi besoin du soutien de bénévoles pour s'adonner à leur sport favori. (Keystone)

Par Samuel Jaberg, swissinfo.ch
12 avril 2011 - 14:00

Le sport associatif suisse bénéficie de bases solides grâce aux plus de 20'000 clubs que compte le pays. Toutefois, selon une vaste étude menée au niveau national, le manque de bénévoles représente un réel problème pour la majorité des sociétés sportives.

Le sport associatif suisse est vivant et ses perspectives sont bonnes. Tel est le constat général qui ressort d’une étude mandatée par l’Office fédéral du sport (OFSPO) et Swiss Olympic, l’association faîtière des fédérations suisses, et présentée récemment à Berne.
 
«On entend souvent dire que les clubs sportifs se meurent. Cette étude indépendante permet de constater le contraire. C’est réjouissant», affirme Jörg Schild, le directeur de Swiss Olympic, à swissinfo.ch.
 
En Suisse, une personne sur quatre âgée entre 10 et 75 ans exerce une activité physique au sein d’un club sportif. Pourtant, si l’on en croit les résultats de l’étude, le nombre de membres a diminué de manière constante depuis 1995, date de la dernière étude comparable, passant de 3,4 millions à 2,7 millions. «Ce recul est essentiellement dû à un changement de réglementation concernant le tir obligatoire», explique Markus Lamprecht, l’auteur de l’étude.
 
Jusqu’en 1997, chaque soldat suisse qui s’acquittait de ses tirs obligatoires était membre d’une société de tir. Lorsque l’adhésion automatique a été supprimée, la fédération suisse des tireurs a perdu près de 350'000 membres actifs.
 
Progression des membres
 
«En faisant abstraction de ce phénomène, l’on se rend compte que le nombre de membres actifs a stagné à un niveau élevé et a même eu tendance à progresser ces dernières années. Ce fut une surprise pour nous», souligne Markus Lamprecht. Une tendance à la hausse observée avant tout chez les moins de 10 ans et les plus de 60 ans, notamment pour des raisons démographiques.
 
Si les Suisses aiment toujours pratiquer leur sport dans un club, selon Markus Lamprecht, le temps de la fidélité à vie est révolu. Ainsi, les sportifs âgés de 10-14 ans ne restent en moyenne membres d’un club que pendant 2,2 ans. Pour 5% des clubs, la difficulté à attirer et à fidéliser les jeunes met à mal leur existence.
 
«Les fluctuations élevées observées notamment chez les jeunes sont le résultat de l’individualisation de notre société et d’une attitude de plus en plus consumériste. Mais cela a aussi des effets bénéfiques, puisque c’est surtout dans le but de retrouver cohésion et convivialité que les gens s’inscrivent dans les clubs», souligne l’auteur de l’étude.

De précieux bénévoles

Cette volatilité touche également les bénévoles, piliers des clubs sportifs du pays. Pour deux tiers des 6000 clubs consultés dans l’étude, le recrutement des bénévoles constitue un réel problème. Un club sur dix affirme même que son existence est menacée pour cette raison. Jörg Schild rappelle l’évidence: «Sans bénévoles, pas de sport». Que ce soit pour encadrer le mouvement junior, envoyer les cotisations aux membres ou retourner les saucisses grillées à la mi-temps, ils sont près de 300'000 à s’engager gracieusement pour leur club en Suisse.
 
Une armée de travailleurs de l’ombre, dont le labeur équivaut à celui fourni par 21'000 employés à plein temps et qui, s’il était rétribué, générerait près de 2 milliards de francs suisses de salaire.
 
Le panorama extrêmement diversifié des clubs sportifs explique en partie les difficultés rencontrées par certains d’entre eux. «La Suisse rurale compte énormément de petits clubs indépendants. Leur offre est souvent sympathique et bon marché, mais pas toujours efficiente, car elle nécessite beaucoup de ressources», affirme Markus Lamprecht.
 
De l’intérêt général
 
Deux tiers des clubs suisses comptent ainsi moins de 100 membres. En Allemagne, on parle déjà de petits clubs en-dessous de 300 membres. Le directeur de Swiss Olympic plaide pour une refonte organisationnelle: «Afin de pallier au manque de personnel politique, certaines communes ont décidé de se regrouper. Les clubs et les 82 fédérations de notre pays devraient procéder de la même manière. Est-il par exemple nécessaire d’avoir une fédération suisse de boules, une fédération suisse de pétanque et une fédération suisse de boccia?» 
 
Lors de la dernière étude réalisée en 1995, le nombre de clubs sportifs se montait encore à 27'000, contre un peu plus de 20'000 aujourd’hui. Une diminution qui a surtout affecté la fédération de gymnastique (-2836 clubs), la fédération d’athlétisme (-935) et la fédération sportive de tir (-290). Parallèlement, toute une série d’autres fédérations (unihockey, karaté, golf,…) ont connu une progression de leurs clubs affiliés.
 
Et même s’ils sont encore relativement petits en comparaison internationale, les clubs suisses ne sont pas dépourvus d’ambition. Près de 60% se disent ainsi fiers des résultats obtenus dans le sport de performance, alors qu’un tiers d’entre eux affirme être actif dans la promotion de la relève. Mais au-delà de l’aspect sportif, les clubs offrent des prestations d’intérêt général dans les domaines de la socialisation, de l’intégration et de la santé, souligne l’étude. Des prestations «d’autant plus impressionnantes qu’elles sont le fruit d’un travail bénévole».

Samuel Jaberg, swissinfo.ch

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