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Suisse-France Le ton monte sur le marché du travail frontalier

Ecran avec des offres d'emploi

Un écran de télévision indique les emplois vacants dans le hall de l'Office genevois de l'emploi.

(Keystone)

Le maire d’une commune française proche de la frontière genevoise juge que les employeurs suisses discriminent de plus en plus ceux qui ne vivent pas en Suisse. L’élu entend transmettre l’affaire aux instances européennes. Mais en Suisse aussi, l’ambiance est électrique. Une polémique a éclaté autour de la politique de recrutement de Decathlon, géant français de la vente d’articles de sport, pour ses succursales suisses.

Il est très remonté, Antoine Vielliard. Le maire de la commune savoyarde de Saint-Julien-en-Genevois a en sa possession une cinquantaine d’offres d’emplois qui sont parues en Suisse et qu’il juge discriminatoires. En effet, ces offres exigent que les candidats à un emploi disposent d’une résidence en Suisse.

Le maire va transmettre ces offres controversées à l’ambassadeur de l’Union européenne en Suisse. Il souhaite que les institutions européennes traitent avec les autorités helvétiques de cette pratique «totalement contraire» aux traités bilatéraux conclus entre le deux parties.

«Il y a 450'000 Suisses qui bénéficient de la liberté d’installation dans les pays de l’UE et cela doit fonctionner dans les deux sens», a argumenté Antoine Vielliard sur les ondes de la Radio publique suisse (RTS).

Un message qui commence à «porter ses fruits»

Contacté par la RTS, le directeur de la Fédération des entreprises romandes Blaise Matthey estime que la démarche du maire de Saint-Julien-en-Genevois est «malvenue et disproportionnée», car il existe des mécanismes qui permettent de régler de tel différends.

Sur le fond de l’affaire, Blaise Matthey indique ne pas encourager la publication de telles annonces, mais rappelle la position de sa Fédération: d’abord rechercher les compétences sur le marché local.

Même son de cloche du côté du membre du gouvernement genevois en charge de l’emploi. «On ne peut pas laisser des travailleurs qui vivent à Genève sur le bord de la route pour engager systématiquement de nouveaux travailleurs qui viennent en tant que travailleurs frontaliers. Ce message répété commence à porter ses fruits», a dit Mauro Poggia sur les ondes de la RTS.

Polémique autour de Decathlon

Mais la grogne est également palpable en Suisse, comme en témoigne une affaire relatée récemment par le «Temps». Le quotidien romand a indiqué que le Groupement transfrontalier européen (GTE) avait annoncé sur son site InternetLien externe que Decathlon recrutait en France pour ses futures succursales suisses. Mais quelques heures plus tard, l’information était reformulée et plus rien ne laissait entendre que le géant français de la vente d’articles de sport ne recrutait que dans l’Hexagone.

Selon les informations du «Temps», ce revirement est dû à l’intervention directe de Mauro Poggia. Decathlon a déclaré poursuivre une politique de recrutement des deux côtés de la frontière et ne pas avoir confié de mandat au GTE. Ce dernier s’est quant à lui excusé, a reconnu ne pas avoir reçu de mandat de Decathlon et a expliqué avoir simplement voulu faire la promotion de son service de recherche d’emploi en ligne, qui s’adresse aux frontaliers français.

L’affaire montre en tout cas qu’en matière d’emploi, la situation est tendue. L’afflux massif de frontaliers français – plus de 100'000 - dans le canton de Genève fait depuis longtemps polémique à Genève. Cette grogne a notamment favorisé l’essor du «Mouvement citoyen genevois» (MCG) – le parti de Mauro Poggia – qui entend mieux défendre les intérêts des salariés installés dans le canton.

Les autorités genevoises ont annoncé privilégier le recours à de la main-d’œuvre locale pour les emplois de la fonction publique et encouragent les entreprises privées à faire de même. Au niveau fédéral, le Parlement préconise également une sorte de «préférence nationale» non contraignante. Il s’agit d’une réponse à l’initiative populaire «Contre l’immigration de masse», que le peuple et les cantons avaient accepté le 9 février 2014.

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