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Suisse-UE Les Suisses de l’étranger au milieu des turbulences

Balzaretti

Roberto Balzaretti: "On crée des places de travail parce que les gens qui viennent chez nous sont bons".

(Adrian Moser / ASO)

Alors que la 5e Suisse a placé son Congrès sous le thème des relations Berne-Bruxelles, la politique européenne entre justement en ébullition.

Ça c’est du timing. Le chef des Affaires européennes de la Suisse rend visite aux Suisses de l’étranger – connus pour leur ouverture au monde et établis majoritairement en Europe – pour expliquer son combat pour les intérêts suisses auprès de l’UE. Et pendant ce temps, c’est la consternation partout dans le pays. La Suisse vient d’apprendre que la dernière tentative de trouver un accord avec l’UE est probablement vouée à l’échec. Pas à cause de Bruxelles, mais parce que les Suisses n’ont pas réussi à s’entendre à l’interne. Ce pays aurait-il perdu son légendaire sens du consensus?

La crise

Alors que la presse de ce samedi parle d’«explosion» et de «conflit», l’agitation est grande en Suisse. Depuis quelques jours, les accusations fusent entre la droite et la gauche: démontage, blocage, trahison… Avant même la fin des vacances, la politique se remet déjà en route. Et c’est chaud, bien au-dessus de la température de fonctionnement habituelle. Que s’est-il passé?

Les syndicats et les socialistes discutent avec les deux conseillers fédéraux libéraux-radicaux (droite) des concessions que la Suisse devrait faire à l’UE pour arriver à ficeler le fameux accord cadre institutionnel. Il s’agit ici notamment de protéger les hauts salaires helvétiques. Et ce point d’achoppement constitue probablement le dernier obstacle à la conclusion de l’accord.

Jusqu’ici en Suisse, la droite et la gauche étaient d’accord sur le fait que les entreprises européennes ne doivent pas offrir leurs services en Suisse à meilleur marché que les firmes locales grâce à leurs salaires plus bas. Le problème, c’est que l’UE veut absolument que la Suisse fasse un geste dans ce domaine. Si rien ne bouge ici, rien ne bougera là-bas. C’est le tarif de Bruxelles.

Petits pas vs. rien du tout

Pour le camp bourgeois, la Suisse devrait pouvoir faire une concession minime. Elle pourrait par exemple faire preuve de plus de souplesse et expédier plus rapidement les contrôles auxquels sont soumis les entreprises européennes qui viennent travailler en Suisse (la fameuse règle des huit jours). On pourrait ainsi montrer que les petits pas sont possibles dans un pays où les plus grands sont toujours susceptibles de se heurter à l’écueil du référendum ou de l’initiative populaire.

C’était probablement l’idée du ministre des Affaires étrangère, le conseiller fédéral Ignazio Cassis, lorsqu’il a récemment déclaré que l’on avait besoin de «solutions créatives». Mais pour les syndicats, quand il s’agit de protection des salaires, même un tout petit pas suffit à franchir la ligne rouge. Ils n’entrent pas en matière sur le moindre assouplissement des mesures d’accompagnement. D’où le clashLien externe de la semaine dernière.

«Win-win»

C’est dans ce contexte que Roberto BalzarettiLien externe, Secrétaire d’Etat à la direction des Affaires européennes vient parler devant le Congrès de Viège. Détendu et charmant, il complimente l’assemblée, ces Suisses de l’étranger et ceux qui rentrent au pays lui apportent «de l’oxygène, de l’innovation et un élargissement de son horizon». Grâce aux immigrés, la Suisse fait partie du monde. Roberto Balzaretti souligne particulièrement les liens étroits entre les Suisses de l’étranger et l’UE. 62% d’entre eux vivent en Europe. 457'000 résident dans un pays de l’UE ou de l’AELE, dont les trois quarts dans un pays directement voisin de la Suisse.

Un lien largement réciproque: 1,5 million de citoyens de l’UE vivent en Suisse, 320'000 passent le frontière chaque jour pour venir y travailler et l'Union bénéficie d'un excédent commercial de 40 milliards de francs avec la Suisse.

«C’est une situation "Win Win", dit Roberto Balzaretti. On crée des places de travail parce que les gens qui viennent chez nous sont bons. Mais les chiffres montrent aussi que nous avons besoin d’une situation ordonnée».

Retrouver le consensus

C’est ici que le Secrétaire d’Etat décolle du texte écrit de son discours. Il reste charmant, mais semble maintenant plus concentré que détendu, sérieux. «En ce moment, nous avons une question difficile à résoudre. A savoir que le Conseil fédéral s'efforce de renforcer les relations avec l'UE à long terme, tout en maintenant la plus grande souveraineté possible à notre pays. Et pour cela, nous avons besoin d'un instrument juridique: l'accord institutionnel».  

Patiemment et pas à pas, ce diplomate de haut vol explique le sens de cet accord pour la Suisse. Ses mains gesticulent, il cherche le contact visuel avec le public, on sent la passion monter en lui. Puis il marque une pause théâtrale et passe au ton de la narration: «ce que j’ai appris durant mes années de diplomate, c’est qu’on ne peut pas faire de politique étrangère si on en sait pas ce que l’on veut».

«On ne peut pas faire de politique étrangère si on en sait pas ce que l’on veut»

Roberto Balzaretti

Fin de la citation

«On ne peut pas non plus attendre de l’autre qu’il apporte la solution quand on n’est pas d’accord à l’intérieur de son propre camp». Dans cette salle à Viège, les Suisses de l’étranger sont pendus à ses lèvres. Tel est le charisme de ce «combattant de full contact rusé comme un renard», comme l’a nommé l’hebdomadaire Weltwoche, qualités relevées plus d’une fois par le reste de la presse suisse.

«Nous devons travailler à des solutions capables de réunir le consensus avec confiance et modestie, conclut Balzaretti. Car c’est ce que nous sommes: nous avons confiance en nous, parce que nous sommes bons. Et nous sommes modestes». La phrase semble tronquée. C’est ce talent des bons diplomates de dire des choses en ne disant parfois pas tout. Ce qu’il manquait ici c’est: «nous sommes capables de trouver un consensus».

Balzaretti

Les Suisses de l'étranger son restés pendus aux lèvres du Secrétaire d'Etat.

(Adrian Moser / ASO)


(Traduction de l’allemand: Marc-André Miserez)

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