«Le meilleur Euro de tous les temps»
Pour l'UEFA, l'Euro 2008 en Suisse et en Autriche se traduit par 2,1 milliards de francs de recettes, dont 412 millions de bénéfice. Chaque match a été suivi par au moins 155 millions de téléspectateurs. Un mois après la finale, les organisateurs tirent un bilan très positif.
«Nous nous étions lancé le défi d'organiser le meilleur Euro de tous les temps. Les résultats des études et des sondages montrent que nous avons atteint notre objectif», se réjouit mardi Ralph Zloczower, président de l'Association suisse de football (ASF).
Et de se féliciter du climat général de la compétition, si pacifique, amicale et bien organisée. «L'esprit des fans était extraordinaire, particulièrement celui des Néerlandais à Berne. Je n'avais jamais rien vu de pareil», ajoute le président de l'ASF.
Pour sa part, le directeur des opérations Martin Kallen, qui occupait déjà cette fonction au Portugal en 2004, et qui l'occupera à nouveau en Pologne et en Ukraine en 2012, peut faire la comparaison directe. Et pour lui, la progression est énorme «dans presque tous les domaines de l'organisation».
Des millions à la pelle
Les recettes ont augmenté dans tous les secteurs, des droits TV aux billets d'entrée en passant par le sponsoring.
Précisément, elles ont totalisé 2,145 milliards de francs dont 1,32 milliard pour les droits des médias, 461 millions pour les droits commerciaux, 149 millions pour la billetterie et 215 millions au titre du programme d'hospitalité pour les entreprises.
Les recettes de l'Euro 2008 sont ainsi en hausse de près de 50% par rapport à celles de l'Euro 2004 au Portugal.
Les dépenses liées aux événements ont également beaucoup augmenté pour atteindre 900 millions de francs. Les versements de solidarité aux associations membres de l'UEFA ont atteint 743 millions. Il reste ainsi un bénéfice net de 412 millions de francs pour l'UEFA (contre 368 millions au Portugal).
Avec cet argent, elle financera toutes les compétitions juniors et féminines jusqu'en 2012, l'ensemble du programme de formation des entraîneurs et des arbitres, ainsi qu'une partie de ses frais administratifs.
Enorme audience
Au moins 155 millions de téléspectateurs ont suivi chacun des 31 matches en direct. En Suisse, neuf personnes sur dix ont regardé au moins un match de l'Euro en direct, contre huit sur dix en Autriche.
Par rapport à l'Euro 2004, l'audience a fait un bond de 29,9% en Suisse et de 33,9% en Autriche. En Espagne, un nouveau record d'audience a été établi: 14,5 millions de téléspectateurs ont suivi la finale contre 12,2 millions pour la finale de la Coupe du Monde.
En Allemagne, la meilleure audience a été enregistrée lors de la demi-finale Allemagne-Turquie avec 29,6 millions de personnes.
En tout, 5390 licences pour des projections publiques ont été accordées dans 56 pays, dont 880 en Autriche et 720 en Suisse. Si one ne sait pas précisément qui a regardé ces écrans, le fait est que dans les stades, 79% des visiteurs étaient des hommes.
En Autriche, les visiteurs ont dépensé en moyenne 2189 francs chacun contre 1621 en Suisse. Pas moins de 90% d'entre eux ont eu une impression «positive», voire «très positive» de l'Autriche, contre 84% pour la Suisse.
Demandes de dédommagements
Il se pourrait toutefois que le bilan financier ne reste pas aussi positif. Des chaînes de télévision ont demandé des dommages et intérêts pour la coupure de près de vingt minutes au total lors de la retransmission de la demi-finale Allemagne-Turquie à Bâle.
Provoquées par un violent orage, les trois interruptions avaient surtout touché les télévisions étrangères, alimentées via le centre de retransmission télévisuelle de l'UEFA installé à Vienne. Les chaînes suisses avaient été largement épargnées par ces coupures qui ont notamment privé les téléspectateurs du 2e but allemand en direct.
«Nous sommes en discussion», admet Martin Kallen, sans avancer ni les noms des diffuseurs ni les sommes réclamées. La chaîne allemande ZDF avaient en particulier annoncé vouloir étudier le dépôt d'une plainte.
swissinfo et les agences
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L'EXPLOSION
Euro 1992 (Suède): 68 millions de francs de recettes
Euro 1996 (Angleterre): 242 millions
Euro 2000 (Belgique-Pays-Bas): 379 millions
Euro 2004 (Portugal): 1,4 milliard
Euro 2008 (Suisse-Autriche): 2,1 milliards
ON NE PLAISANTE PAS
AVEC LES DROITS
L'UEFA a intenté des actions pour 569 violations de droits dans 49 pays. Dans la plupart des cas, il s'agissait de produits falsifiés ou vendus sans autorisation, la marque Euro 2008 étant protégée.
Dix affaires ont été portées en justice. L'UEFA a eu gain de cause dans cinq cas. Cinq procédures sont encore en cours. Lors de chaque match, trois à quatre patrouilles de six à huit personnes étaient mobilisées pour relever les infractions.
Au niveau de la sécurité, 10'000 agents de sécurité privés étaient mobilisés, et de 400 à 1100 présents à chaque match. Selon les organisateurs, la répartition des tâches entre forces de sécurité publiques et privées a fait ses preuves, et les événements ont donné tort à ceux qui avaient prédit le pire.



Commentaire
Je pense tout simplement que le foot peut être évalué sur des critères bien plus intéressants que l'argent. Ne serait-ce que par la qualité du jeu, les réactions du public, des matchs d'anthologie, etc... Pour moi, cet euro est loin d'avoir été le meilleur à ces points de vue. Et le fait qu'il ait rapporté le plus d'argent n'en fait pas, à mon sens, le meilleur euro.
Je vous trouve un peu niais pour le coup. "Le foot est devenu une pompe à fric..." comme si on ne le savait pas déjà depuis 20 ans. Le foot passionne 1,5 milliard de personnes, c'est pour cette raison qu'il brasse de la thune. Le jour où il n'y aura plus de thunes dans le foot, on aura des matches sans enjeux. Le foot va devenir ennuyeux. Aujourd'hui le foot c'est des Man U vs Barça où des Juve vs Real. Ca flambe et c'est très bien comme ça. Après si tu as des scrupules à dire tout haut que tu aimes ce genre de choc c'est un autre problème, et rien ne t'empêches de ne pas regarder, et de préférer des sports qui ne sont pas devenus des pompes à fric comme le ski de fond, le kayak, le ping pong (en europe seulement passke en Asie, jte dis pas la pompe à fric...) ou encore le hockey sur gazon. Tous ces sports ne font pas super vibrer et ne sont pas très fédérateurs mais ce sont des sports qui ont le mérite d'avoir su rester propres. On se demande comment ils ont fait.
412 millions de bénéfice ! Et combien a coûté à la collectivité le service de sécurité (police et armée)?
L'ASF a-t-elle songé à participer à ces frais avant d'engranger cette somme colossale ?