Tennis 2007: Federer et Hingis, des destins opposés

Martina Hingis a définitivement mis un terme à sa carrière de joueuse cette année.

(AFP)

Trustant les records, Roger Federer est resté au sommet du tennis mondial pour la 4e année consécutive. Martina Hingis s'en est allée dans la douleur et les larmes, après un contrôle positif à la cocaïne.

Stanislas Wawrinka et Patty Schnyder ont vécu une saison avec des hauts et des bas. Point noir au niveau suisse: la fin de la présence de l'équipe nationale de Coupe Davis dans le groupe mondial.

Les plus grands joueurs de l'histoire du tennis helvétique ont connu des destins diamétralement opposés en cette année 2007.

Alors que Roger Federer régnait pour une 4e année consécutive sans partage chez les hommes, Martina Hingis s'en est allée par la petite porte, cette fois-ci définitivement, suite à un contrôle positif à la cocaïne datant du tournoi de Wimbledon.

La seconde carrière de l'ancienne princesse de Trübbach, débutée en janvier 2006, s'est officiellement achevée, dans la douleur et les larmes, le 1er novembre 2007.

L'épilogue était dans l'air depuis plusieurs semaines. Mais personne n'avait imaginé pareil scénario et une telle onde choc déclenchée par l'une des plus glorieuses joueuses de tous les temps.

Tout en niant avec véhémence et tristesse avoir consommé de plein gré de la cocaïne, Martina Hingis annonçait tourner la page. «Je trouve ces accusations immondes et monstrueuses. Ma seule arme sur le court fut le jeu. Mon seul doping, l'amour du jeu, expliquait-elle.

«Je suis innocente à 100%, Bien sûr, personne ne peut jamais exclure une quelconque malveillance à mon insu, mais moi, je n'ai pas consommé de cocaïne.»

Au bout du rouleau

Coupable ou innocente, l'ex-numéro un mondial était au bout du rouleau. L'érosion guettait. Les premiers ennuis de santé (blessures au dos et à la hanche) l'avaient stoppée nette dans son élan au printemps.

La «Swiss Miss» ne faisait plus peur à personne, ne franchissant plus le cap d'un 3e tour dans un tournoi. Rideau sur une carrière formidable pour la quintuple championne en Grand Chelem, qui devint en 1997, à 16 ans et 6 mois, la plus jeune numéro un mondiale de l'histoire.

Martina Hingis éclipsée, Patty Schnyder a repris le leadership helvétique. Mais la Bâloise de 29 ans semble avoir ses meilleures années derrière elle. Alternant comme souvent les hauts et les bas, elle a quitté le Top-10 pour la première fois depuis deux ans pour achever une saison moyenne au 16e rang. A son actif: aucun tournoi remporté et deux finales à San Diego (août) et Linz (octobre). Pourra-t-elle rebondir?

De record en record

Roger Federer n'a pas vraiment ce genre de soucis. Sportif suisse et tennisman de l'année pour la 4e année de suite (ce que seul Pete Sampras avait réussi jusque-là), le Bâlois est resté au sommet du royaume de la petite balle, malgré une concurrence toujours plus accrue.

Pour preuve: le roi Federer a un peu plus perdu que l'année précédente (9 matches contre 4 en 2006) et décroché moins de titres (8 contre 12).

Mais l'excellence et le caractère exceptionnel du parcours de Roger Federer ne se discutent pas. Même si Roland-Garros le fuit encore, le numéro un mondial a imposé sa loi lors de trois tournois du Grand Chelem (Melbourne, Wimbledon, Flushing Meadows) ainsi qu'au Masters.

Le Suisse ne cesse de truster les records. En janvier, il a remporté l'Open d'Australie sans lâcher le moindre set, un exploit qu'aucun homme n'avait accompli depuis 27 ans et Björn Borg. En février, il a effacé des livres Jimmy Connors en restant 160 semaines consécutives (trois ans et quatre semaines) au sommet de la hiérarchie mondiale. Le cap des 200 a entretemps été franchi.

En juillet, il a rejoint dans la légende Björn Borg en glanant son 5e titre consécutif à Wimbledon, au terme d'une mémorable finale contre Nadal, considérée par plusieurs magazines spécialisés comme le meilleur match de l'année.

Enfin, en septembre, «Rodgeur» a soulevé pour la 4e année de rang le trophée de l'US Open, performance jamais accomplie dans l'ère Open. Avec douze titres en Grand Chelem (5 Wimbledon, 4 US Open, 3 Melbourne), il n'est plus qu'à deux unités du record historique de Pete Sampras.

Dans un autre registre, Federer n'a pas caché sa joie de s'imposer pour le 2e automne à la maison, battant en finale des Swiss Indoors de Bâle le Finlandais Nieminen.

Wawrinka rebondit

Le Vaudois Stanislas Wawrinka achève quant à lui l'année au 36e rang mondial. Tout avait mal débuté avec une grave blessure au genou en février qui l'a mis sur la touche de longues semaines, avant d'entamer un come-back douloureux, ponctué par des défaites à répétition.

Mais «Stan» a retrouvé ses sensations à l'automne, atteignant les finales des tournois de Stuttgart (contre Nadal) et de Vienne (contre Djokovic) et se hissant pour la première fois de sa carrière en 1/8e de finale en Grand Chelem (US Open).

L'avenir radieux du tournoi de Bâle

Les Swiss Indoors de Bâle restent le tournoi le plus relevé du pays. Son avenir est radieux, puisque dès 2009, date de la refonte du calendrier de l'ATP, il figurera parmi les dix tournois «500», soit ceux qui sont cotés juste après les Masters Series.

Gstaad (remporté en 2007 par l'Alsacien de Genève, Paul-Henri Mathieu) a en revanche été recalé. Mais n'a pas tout perdu puisque ses dates seront décalées à la fin juillet dès 2009. Un sort plus favorable à l'actuel, qui voit le rendez-vous bernois débuter juste après Wimbledon.

Côté féminin, l'Open de Zurich a consacré la meilleure raquette du circuit. Après 2003, la Belge Justine Henin y a inscrit son nom pour la 2e fois au palmarès.

Toutefois, malgré la présence de très nombreuses stars, la manifestation n'a pas rencontré le succès populaire escompté. Dès 2008, la chute pourrait être notable, puisque le tournoi changera de catégorie et sera doté de 600'000 dollars seulement, contre 1,34 million en 2007.

swissinfo/Jonathan Hirsch

L'ombre de la Coupe Davis

En Coupe Davis, la Suisse a connu cette année la relégation dans la zone européenne après 12 ans ininterrompus passés dans le groupe mondial.

A Prague en septembre, la présence de Roger Federer n'a pas suffi pour éviter une douloureuse défaite (2-3) face à la République tchèque.

En février, le Bâlois avait «snobé» pour la troisième fois consécutive le premier tour. Encore amputée par la blessure de Stanislas Wawrinka, la Suisse s'était inclinée 2-3 face à l'Espagne.



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