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Les transferts des Farc vers les zones de démilitarisation sont effectués en collaboration avec l'ONU et le bureau du Haut-commissaire pour la Paix colombien. Ils ont débuté samedi et devraient s'achever dans les prochains jours.

KEYSTONE/EPA EFE/SOUTHERN BLOC OF FARC

(sda-ats)

La guérilla des Farc a entrepris mardi en Colombie sa "dernière marche". Cette ultime étape voit le transfert des guérilleros vers les zones où, d'ici six mois ils devront avoir déposé leurs armes et préparé leur retour à la vie civile.

"Aujourd'hui (mardi), 4329 hommes des Farc seront entrés dans les zones et nous espérons que d'ici demain (mercredi) le transfert de 2000 restants soit terminé", a déclaré le Haut-commissaire pour la paix, Sergio Jaramillo, lors d'une conférence de presse.

Il a précisé qu'environ 6300 guérilleros et guérilleras sont attendus aux 26 points de rassemblement répartis à travers le pays. Ils vont y déposer leurs armes et préparer leur retour à la vie civile sous supervision de l'ONU.

Les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) s'y acheminaient en bateau ou canoë sur les innombrables rivières sillonnant la Colombie, à pied ou en camion. "Les Farc marchent vers la paix et une vie sans armes", avait écrit lundi le président Juan Manuel Santos sur Twitter.

Une seule zone prête

Le chef de l'Etat, qui a reçu le prix Nobel de la Paix pour ses efforts de pacification, a admis que la préparation des zones relevait du "défi" en raison de leur accès difficile et du manque d'infrastructures dans ces régions isolées.

Rodrigo Londoño, le chef des Farc, avait pour sa part proposé la semaine dernière de "redéfinir" une date du fait qu'aucune installation n'était prête dans au moins trois des 26 zones et que trois autres étaient encore dépourvues d'eau ou d'électricité.

La fondation Paix et Réconciliation a pour sa part dénoncé mardi le fait qu'une seule zone soit totalement prête. "Anori (dans le département d'Antioquia, nord-ouest) est le seul lieu dont la zone est prête", a déclaré Leon Valencia, directeur de cette ONG spécialisée dans l'étude du conflit colombien. Et de préciser que "le taux de préparation des zones de désarmement est entre 30% et 35%" à ce jour.

Pas "d'incident grave"

Les transferts, effectués en collaboration avec l'ONU et le bureau du Haut-commissaire pour la Paix colombien, ont débuté samedi et devraient s'achever dans les prochains jours. "Il n'y a pas eu un seul incident grave, pas un seul cas de membres des Farc disant: 'Nous n'allons pas bouger'", a assuré Sergio Jaramillo.

Outre leurs armes, les guérilleros acheminaient leur linge, matelas, batterie de cuisine et même des animaux domestiques.

Le Haut-commissaire a réitéré que pour le moment il n'était pas question de transférer les miliciens, comme sont appelés les collaborateurs civils des Farc. Ceux-ci seraient jusqu'à trois fois plus nombreux que les guérilleros.

Sergio Jaramillo a ajouté que les rebelles emprisonnés, qui vont bénéficier de grâce ou d'amnistie selon l'accord de paix, pourront gagner les zones de désarmement s'ils le souhaitent afin de bénéficier des programmes de réinsertion.

Ceux qui ne bénéficieront pas de mesures de grâce ou d'amnistie seront transférés dans des "zones spéciales" au sein des points de rassemblement jusqu'au règlement de leur cas par la juridiction spéciale pour la paix qui reste à installer.

Rendez-vous avec l'ELN

Le rassemblement des Farc est un pas de plus vers la fin d'un conflit qui, depuis les années 60, a impliqué une trentaine de guérillas, des milices paramilitaires d'extrême droite et les forces armées, faisant au moins 260'000 morts, plus de 60'000 blessés et 6,9 millions de déplacés.

Mais la "paix complète" voulue par M. Santos ne sera atteinte qu'une fois signée également avec l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste). Des pourparlers officiels doivent être lancés le 7 février à Quito avec cette rébellion, désormais la dernière guérilla active de Colombie.

Auparavant, l'ELN doit relâcher jeudi l'ex-député Odin Sanchez, retenu en otage depuis avril. Le gouvernement s'est lui engagé à gracier deux guérilleros emprisonnés, après en avoir nommé deux autres comme facilitateurs du processus de paix.

La guérilla a toutefois revendiqué mardi un autre enlèvement, celui d'un soldat qu'elle accuse d'"espionnage". Le gouvernement ne s'est pas prononcé sur cette annonce.

ATS