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Romance entre une aspirante actrice et un musicien, "La La Land" partait favorite de la soirée avec sept nominations. Elle les a toutes gagnées, établissant un record de prix pour un film. Les deux interprètes Emma Stone et Ryan Gosling après avoir reçu la précieuse récompense.

KEYSTONE/AP Invision/JORDAN STRAUSS

(sda-ats)

La comédie musicale "La La Land" a été la grande gagnante des Golden Globes dimanche. Le film français "Elle" a été sacré meilleur film étranger et son interprète Isabelle Huppert meilleure actrice.

C'est une victoire surprise pour Isabelle Huppert face notamment à Natalie Portman, donnée favorite par les pronostiqueurs pour son incarnation de Jackie Kennedy dans "Jackie". "Merci de me permettre de gagner ici en Amérique dans un film français dirigé par un metteur en scène néerlandais", a déclaré la légendaire actrice de 63 ans en lamé gris.

Emue, semblant perdre la voix par moments, elle a ajouté: "n'attendez pas du cinéma qu'il érige des murs et des frontières", et a remercié le réalisateur Paul Verhoeven de lui avoir permis d'"être elle-même". Dans le sulfureux "Elle", une adaptation du roman de Philippe Dijan "Oh...", Isabelle Huppert incarne une femme violée cherchant à démasquer son agresseur et qui se lance dans un jeu de séduction masochiste avec lui.

L'actrice a déjà récolté une brassée de récompenses aux Etats-Unis pour cette performance extraordinaire encensée par la critique et peut à présent espérer une nomination aux Oscars. En recevant le prix du meilleur film en langue étrangère, Paul Verhoeven a chaudement remercié son interprète, "son audace", son "talent", son "authenticité", concluant d'un triple: "je t'aime".

"La La Land" rafle tout

Romance entre une aspirante actrice et un musicien, "La La Land" partait favorite de la soirée avec sept nominations. Elle les a toutes gagnées, établissant un record de prix pour un film: meilleure comédie, meilleur scénario, meilleur metteur en scène pour son auteur-réalisateur Damien Chazelle, meilleure musique et chanson originales.

Ses deux interprètes Emma Stone et Ryan Gosling, qui chantent, dansent et font des claquettes dans les plus beaux lieux de Los Angeles ont été également primés.

"J'ai déménagé à Los Angeles il y a treize ans cette semaine", s'est souvenue Emma Stone en robe brodée d'étoiles argentées. "C'est un film pour ceux qui rêvent", a-t-elle ajouté en recevant sa statuette.

Ryan Gosling a dû travailler des mois durant pour jouer lui-même les scènes au piano du film dans lequel il incarne un musicien de jazz. Damien Chazelle a remercié ses producteurs pour "avoir parié sur ce film" et "cru qu'il existe un public pour un film comme ça".

Le compositeur de la musique Justin Hurwitz, et ceux de la chanson "City of Stars", interprétée par Ryan Gosling, ont également été primés pour une musique qui fait valser ses acteurs dans les étoiles ou dans les embouteillages.

Eclipsé

"Moonlight", de Barry Jenkins, a décroché le Golden Globe de meilleur film dramatique dimanche à Los Angeles. Le film raconte l'histoire d'un jeune Noir homosexuel qui essaie de trouver sa place et son identité dans le quartier difficile de Miami où il a grandi. Le long-métrage était nommé dans six catégories, mais a été éclipsé par la comédie musicale "La La Land".

Casey Affleck a reçu le Golden Globe du meilleur acteur dramatique pour "Manchester by the Sea". Il y campe un homme forcé de s'occuper soudainement de son neveu après le décès de son père.

Aaron Taylor-Johnson pour "Nocturnal Animals" et Viola Davis pour "Fences", adaptation d'une pièce de théâtre, ont été sacrés meilleurs seconds rôles de cinéma. En télévision, les séries "American Crime Story: The People vs O.J. Simpson", celle sur un trafiquant d'arme "The Night Manager" et sur la reine d'Angleterre "The Crown" ont raflé plusieurs prix chacune.

Donald Trump aussi

Le maître de cérémonie Jimmy Fallon a accueilli célébrités et téléspectateurs dans un événement qui reste selon lui "l'un des rares endroits où l'Amérique honore encore le vote populaire". Les bulletins ont été comptés par "des comptables (...) et par (le président russe Vladimir) Poutine", a-t-il ajouté pour filer la référence à l'élection du 8 novembre.

L'actrice américaine Meryl Streep a reçu le prix Cecil B. Demille pour l'ensemble de sa carrière, qui l'a vu briller depuis les années 1970. Dans un discours de remerciement qui a ému l'assemblée, elle a décerné à Donald Trump, sans le nommer, le prix de la performance la plus navrante de l'année.

Hugh Laurie, primé pour son rôle dans "The Night Manager", a plaisanté que cette cérémonie des Golden Globes serait sans doute "l'une des dernières" car elle est organisée par l'association de la presse étrangère de Hollywood. Quant à Paul Verhoeven, il s'est dit "inquiet" que le futur président mène les Etats-Unis et le monde "dans une direction qui termine en guerre et en destruction". Et d'affirmer, "j'ai très peur".

Remis par quelque 90 journalistes de l'Hollywood Foreign Press Association, les Globes n'ont qu'un pouvoir prédictif incertain. Ils donnent toutefois à leurs lauréats une aura pouvant influencer le vote aux Oscars, récompenses suprêmes du septième art.

ATS