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Pas question de redémarrer la centrale nucléaire de Leibstadt (AG) avant que les causes des défauts techniques ne soient clarifiées, exigent 19 organisations et partis politiques (archives).

KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

(sda-ats)

Dix-neuf organisations et partis politiques exigent que les problèmes techniques de la centrale nucléaire de Leibstadt (AG) soient clarifiés avant son redémarrage. Ils ont adressé vendredi une lettre à la conseillère fédérale Doris Leuthard.

Jusqu'à présent, aucune explication scientifique n'a été publiée concernant les traces d'oxydation constatées sur des éléments combustibles du réacteur, écrivent les auteurs de la missive. Celle-ci a également été envoyée à Anne Eckhardt, présidente du Conseil de l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN).

Selon des spécialistes de la physique et de la technique nucléaire, les petites traces d'oxydation peuvent provoquer des fuites qui pourraient déclencher une cascade de réactions chimiques et nucléaires, écrivent les 19 organisations. Un accident pourrait survenir dans la centrale, ce qu'il faut absolument éviter.

Les citoyens seraient assurément étonnés si le réacteur était remis en marche sans que les causes de l'oxydation ne soient expliquées de manière approfondie, poursuivent les auteurs de la lettre. Pour assurer, respectivement rétablir la confiance de la population, il est indispensable de publier l'analyse scientifique avant un redémarrage de la centrale de Leibstadt.

Assurer la transparence

Vu la situation difficile du secteur de l'énergie, il est indispensable d'assurer la transparence, souligne la lettre. Ses auteurs estiment qu'il serait bienvenu que des spécialistes critiques envers l'énergie nucléaire soient aussi intégrés dans les organes de contrôles tels que l'IFSN, le Conseil de l'IFSN et la Commission fédérale de sécurité nucléaire (CSN).

Les auteurs du texte critiquent aussi la manière insuffisante de communiquer publiquement, ce qui attise la défiance. Ils souhaitent qu'un dialogue constructif sur les points controversés puisse être établi et ils attendent des propositions en ce sens. Parmi les signataires figurent notamment le WWF, Greenpeace, Pro natura, Sortir du nucléaire, le Parti socialiste et les Verts.

Arrêtée depuis le mois d'août

La centrale nucléaire de Leibstadt est arrêtée depuis le mois d'août dernier. Pendant la révision annuelle, les spécialistes ont constaté des traces d'oxydation sur 47 des 648 éléments combustibles qui constituent le coeur du réacteur. Sur les 15 éléments combustibles les plus touchés, 32 des 62'208 crayons de combustible nucléaire ont été réparés.

La direction de la centrale a transmis en décembre les informations à l'IFSN. Elle prévoit de relancer le réacteur dans le courant du mois.

D'autres voix

D'autres voix se sont déjà fait entendre pour s'opposer à un redémarrage aussi longtemps que les causes des problèmes ne seront pas clairement établies. Le land allemand du Bade-Wurtemberg et le land autrichien du Vorarlberg se sont exprimés en ce sens mardi. Leurs autorités demandent donc à l'IFSN de refuser, pour l'instant, à l'exploitant de la centrale le droit de la remettre en service.

Mercredi, le Parlement de Bâle-Ville a aussi soutenu une résolution exigeant que la centrale ne soit remise en service qu'une fois l'origine de ses problèmes techniques clarifiés. Le texte n'a toutefois pas obtenu la majorité des deux tiers, nécessaire pour être adressé à qui de droit.

ATS