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Il a affirmé lors d'une visite au siège de la CIA que ses désaccords avec les agences de renseignement avaient été inventés par les médias et déclaré que les journalistes figuraient "parmi les êtres humains les plus malhonnêtes sur terre".

KEYSTONE/EPA Abaca POOL/OLIVIER DOULIERY / POOL

(sda-ats)

Donald Trump a tressé samedi des lauriers à la CIA. Il a dit soutenir à 1000% l'Agence centrale du renseignement après l'avoir vivement critiquée. Il s'en est également pris aux médias, les accusant de mentir.

Le milliardaire, qui dénonçait il y a dix jours à peine les pratiques nazies de la CIA, a affiché son soutien aux agents en se rendant au siège de Langley, en Virginie. "Très, très peu de gens pourraient faire le travail que vous faites et je veux que vous sachiez que je suis derrière vous", a déclaré Donald Trump sous les applaudissements.

Au lendemain de son investiture, le 45e président des Etats-Unis n'a pas fait allusion à la Russie dans son discours d'une quinzaine de minutes et déclaré que la lutte contre le "terrorisme radical islamique" serait la priorité de la CIA.

Il a affirmé que ses désaccords avec les agences de renseignement avaient été inventés par les médias et déclaré que les journalistes figuraient "parmi les êtres humains les plus malhonnêtes sur terre".

"C'est un mensonge"

Donald Trump a également évoqué les images de télévision et les photos de foules rassemblées vendredi pour la cérémonie d'investiture sur le National Mall à Washington. Il a suggéré qu'elles avaient été façonnées pour tromper l'opinion et que le nombre de participants était bien plus élevé que ce qu'en avaient montré les médias.

"J'ai fait un discours, j'ai regardé, et cela avait l'air d'un million, un million et demi de personnes", a-t-il affirmé. "Honnêtement, cela avait l'air d'un million et demi de personnes, cela allait jusqu'au Washington monument (...) et je regarde cette chaîne de télévision, et ils montraient des pelouses vides et parlaient de 250'000 personnes", a-t-il encore dit. "C'est un mensonge", a-t-il poursuivi.

La police américaine ne fournit jamais de chiffre lors des manifestations mais les images aériennes diffusées vendredi par les télévisions américaines montraient une foule qui n'allait pas jusqu'au Washington Monument. Cette dernière était clairement inférieure à un million et demi.

Cette foule était aussi notoirement plus faible que celle qui s'était rassemblée au même endroit lors des deux prestations de serment de Barack Obama, en 2009 et en 2013.

Hackers

Avant d'être investi à la présidence, Donald Trump s'en est vivement pris aux agences de renseignement. Celles-ci avaient conclu que des hackers avaient, sur instruction probable du président russe Vladimir Poutine, piraté les messageries du Parti démocrate pour chercher à favoriser le milliardaire pendant la campagne électorale.

A quelques jours encore de son investiture, il les a accusées de "pratiques nazies". Il avait estimé qu'elles étaient à l'origine de fuites parues dans la presse selon lesquelles la Russie disposerait d'informations compromettantes le concernant.

Le directeur sortant de la CIA, John Brennan, a conseillé ensuite à Donald Trump de faire attention à ce qu'il dit, en particulier lorsqu'il s'agit de la Russie.

Du temps

D'anciens responsables des "services" estiment qu'il faudra du temps pour panser les blessures infligées. Ils soulignent l'inquiétude, largement partagée au sein des 17 agences américaines de renseignement, quant aux compétences de Donald Trump, magnat de l'immobilier et ex-animateur de télé-réalité qui n'a jamais exercé de fonction publique.

"Beaucoup de gens se demandent si on pourra servir sous un président et un conseiller à la sécurité nationale qui ont fait preuve d'un tel mépris à l'égard de la communauté du renseignement. Ce n'est pas une séance de photos pour la presse un samedi qui changera cela", a déclaré un agent de la CIA, qui travaille au siège après de multiples missions à l'étranger.

Ancien directeur adjoint de la CIA, Michael Morell a salué un "geste important et positif". Mais, a-t-il ajouté, le "vrai test de la relation entre le président et sa plus importante agence de renseignements dépendra de l'ouverture qu'il manifestera sur ce que la CIA a à dire sur ce qu'il se passe dans le monde."

Donald Trump avait initialement prévu de se rendre à Langley pour y investir Mike Pompeo à la tête de l'Agence, mais le Sénat n'a pas encore confirmé sa nomination. Le vote est prévu lundi.

ATS