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La police belge a procédé a des dizaines de perquisitions dans seize communes.

KEYSTONE/EPA/JULIEN WARNAND

(sda-ats)

Trois hommes ont été inculpés samedi en Belgique de "tentative d'assassinat dans un contexte terroriste" après une vague de perquisitions en urgence dans la nuit. Avec, en toile de fond, des menaces autour du match Belgique-Irlande de l'Euro.

Samir C., Moustapha B. et Jawad B., qui faisaient partie des quarante personnes interpellées au cours de ces opérations, ont également été inculpés de "participation aux activités d'un groupe terroriste" et placés en détention provisoire, a annoncé samedi en début de soirée le parquet fédéral belge dans un bref communiqué.

Les neuf autres personnes qui avaient, comme eux, été "privées de liberté" après leur interpellation ont été relâchées après avoir été entendues.

"Les éléments recueillis dans le cadre de l'instruction nécessitaient d'intervenir immédiatement", avait fait savoir dans la matinée le parquet, sans plus de détails.

Selon la chaîne de télévision privée flamande VTM, la menace visait en particulier les "fan-zones" installées à l'occasion de la rencontre des Diables Rouges face l'Eire, samedi après-midi à Bordeaux (sud-ouest de la France).

Dans seize communes

Les perquisitions se sont déroulées dans 16 communes, principalement à Bruxelles mais aussi en Flandre (nord) et en Wallonie (sud).

Elles ont eu lieu dans152 boxes de garage, mais "ni armes ni explosifs" n'ont été découverts.

Les enquêteurs sont notamment intervenus à Molenbeek, Schaerbeek et Forest, trois communes bruxelloises où les auteurs des attentats de Paris (130 morts) et Bruxelles (32 morts) avaient établi des caches, utilisées pour préparer les attaques ou qui ont notamment servi de refuge à Salah Abdeslam, suspect clé des attaques de Paris, lors de sa cavale de quatre mois.

En Flandre, l'opération s'est déroulée à Zaventem, où se situe l'aéroport international de Bruxelles, où deux kamikazes se sont fait exploser le 22 mars, ainsi qu'à Wemmel et Ninove, dans la grande banlieue de la capitale.

Situation sous contrôle

Au cours d'une conférence de presse à l'issue d'un Conseil national de Sécurité, le Premier ministre Charles Michel a assuré que la situation était "sous contrôle". "Nous voulons continuer à vivre normalement, nous vivons normalement", a-t-il lancé.

Pour preuve, le gouvernement a décidé de "maintenir" les événements publics, dont ceux liés à l'Euro-2016, tout en les entourant de "mesures complémentaires et adaptées en matière de sécurité".

L'Organe de coordination pour l'analyse de la menace terroriste (Ocam) n'a pas non plus rehaussé son niveau d'alerte, qui reste à 3 (menace "possible et vraisemblable"). Le niveau 4, le plus élevé, correspond à une menace "sérieuse et imminente" et entraînerait la quasi-paralysie du royaume.

Personnalités menacées

La presse belge avait révélé mercredi que les services de police avaient été avertis que des combattants de l'organisation Etat islamique (EI) avaient quitté récemment la Syrie pour commettre des attentats.

Charles Michel a aussi indiqué que "des mesures particulières" avaient été décidées vendredi après-midi "concernant un certain nombre de personnalités qui font l'objet de menaces particulières".

Il s'est refusé à identifier les personnes concernées, mais selon la presse belge, il s'agit notamment de M. Michel lui-même, ainsi que du ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, du ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, et du ministre de la Justice Koen Geens, ainsi que de leur famille.

Employé à Zaventem

Enfin, Yousef E.A., arrêté et inculpé vendredi de "terrorisme" dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Bruxelles, travaillait à l'aéroport de Zaventem pour une société de restauration aérienne et avait un accès direct aux avions, ont rapporté des médias belges samedi.

sda-ats

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