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Le premier attentat suicide a eu lieu à l'intérieur d'un bâtiment abritant deux tribunaux près de l'entrée de la vieille ville de Damas.

KEYSTONE/EPA/YOUSSEF BADAWI

(sda-ats)

Deux attentats suicide ont frappé mercredi Damas en moins de deux heures. Ils ont tué au moins 32 personnes le jour du sixième anniversaire du début de la guerre en Syrie.

Les attentats à Damas, jusqu'à présent relativement épargnée par les violences, surviennent cinq jours après la double attaque visant des pèlerins chiites dans la vieille ville qui avait fait 74 morts.

Vers 13h10 (12h10 heure suisse), un kamikaze s'est fait exploser à l'intérieur d'un bâtiment abritant deux tribunaux près de l'entrée du fameux souk, au coeur de la capitale. Au moins 32 personnes ont été tuées et une centaine blessées, a indiqué une source policière.

"J'ai entendu du bruit, j'ai regardé à ma gauche et j'ai vu un homme vêtu d'une vareuse militaire", a raconté à la télévision d'Etat un homme portant un patch à son oeil blessé. "A ce moment, il a levé les bras vers le ciel et crié: 'Allah Akbar' (Dieu est grand), puis l'explosion s'est produite", a ajouté ce témoin. "Je suis tombé par terre et j'ai senti le sang s'écouler de mon oeil".

Rues désertées

Moins de deux heures plus tard, dans le quartier de Raboué à l'ouest de Damas, un autre kamikaze "a déclenché sa ceinture explosive à l'intérieur d'un restaurant après avoir été pourchassé et cerné" par les services de sécurité, selon l'agence officielle Sana. La source policière a fait état de 25 blessés.

Les correspondants de l'AFP ont constaté que les rues de la capitale avaient été désertées à la suite du deuxième attentat alors qu'il s'agissait de l'heure de pointe. Plusieurs rues ont été coupées à la circulation par les services de sécurité.

Raids aériens sur Idleb

Le terrible bilan humain de ce conflit, considéré comme le plus meurtrier depuis le début du XXIe siècle, s'est aussi alourdi avec la mort de 20 personnes, dont 14 enfants, dans des raids aériens "vraisemblablement russes" sur la ville d'Idleb, en territoire rebelle et djihadiste.

Les six années de guerre ont fait plus de 320'000 morts et plus de 11 millions de déplacés et de réfugiés, soit la moitié de la population d'avant-guerre. L'infrastructure du pays est aujourd'hui en ruine.

Ce sombre anniversaire a coïncidé avec un troisième cycle de pourparlers de paix sur la Syrie au Kazakhstan. Boycotté par les rebelles, celui-ci s'est terminé mercredi sans avancées concrètes. Régime et opposition sont par ailleurs conviés à un cinquième round de négociations sous l'égide de l'ONU à Genève le 23 mars.

ATS