Des hôpitaux romands font face à un important afflux de patients


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Pour lutter contre l'épidémie de grippe, les HUG ont imposé le port du masque pour le personnel soignant et les visiteurs.

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

La grippe entraîne une augmentation du nombre de patients dans les hôpitaux romands. Pour faire face à la situation, des établissements ont pris des mesures comme le port du masque obligatoire ou le renvoi d'opérations non urgentes.

Depuis le début décembre, 367 personnes terrassées par la grippe ont été hospitalisées aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). C'est plus que lors d'une année normale alors que l'épidémie est encore en phase de croissance, a précisé à l'ats Nicolas de Saussure, porte-parole des HUG.

Pour éviter une suroccupation, les HUG ont pris diverses mesures dès le mois de décembre. Ils ont d'abord imposé le port du masque de protection; une première en Suisse romande. D'abord limitée aux visiteurs et aux soignants non vaccinés contre la grippe, l'obligation a été étendue dès jeudi également au personnel vacciné contre la maladie.

Le public est sensibilisé au problème dès son entrée dans le bâtiment principal de l'établissement via un stand où sont proposés masque de protection et désinfection des mains, indique Nicolas de Saussure. A cela s'ajoute la vaccination, à laquelle le personnel soignant est sensibilisé chaque année via une campagne.

Durant les fêtes, les HUG ont aussi renoncé aux événements rassemblant un grand nombre de patients et privilégié les réunions par étage et unité. Enfin, l'établissement a ouvert les unités tampons prévues pour faire face à des pics du nombre de patients. Une mesure requérant encore plus de disponibilité et d'engagement de la part du personnel soignant.

Le CHUV "engorgé"

Dans le canton de Vaud, le CHUV indique jeudi être "bel et bien engorgé, avec un niveau 3 sur 4 sur le dispositif de désengorgement cantonal". Grâce à l'expérience des derniers hivers, "nous avons pu anticiper l'ouverture de lits. Comme la grippe commence plus tard d'habitude, c'est à partir du 9 janvier que ces lits ont été planifiés", explique Chloé Ruch, du service de communication de l'hôpital.

A l'heure actuelle, le CHUV compte 30 patients grippés et un afflux continu de patients porteurs de la grippe aux urgences. Les patients grippés n'ayant pas besoin d'être hospitalisés rentrent à domicile. Les chirurgiens ont repris leur programme opératoire.

"Actuellement, il n'y a pas de suppression d'intervention en lien avec l'afflux de patients porteurs de la grippe", souligne Chloé Ruch. Auparavant toutefois, "nous avons dû nous organiser avec d'autres services du CHUV. Nous avons pu gérer la situation grâce à une diminution du programme opératoire".

Valais et Neuchâtel aussi

En Valais romand, les hôpitaux disposent de 662 lits, tous occupés depuis plusieurs jours, indique l'Hôpital du Valais jeudi dans un communiqué. Aux victimes de l'épidémie de grippe s'ajoutent les accidentés de ski qui présentent souvent des blessures graves en raison des difficiles conditions d'enneigement, précise Redouane Bouali, directeur médical du Centre Hospitalier du Valais romand (CHVR).

Pour remédier à cette situation exceptionnelle, l'hôpital de Sion a déjà augmenté le nombre de lits par chambre lorsque cela est possible. Il prévoit aussi de déplacer certains patients sur d'autres sites du CHVR en fonction des soins et des places disponibles, ainsi que le report de certaines opérations non urgentes programmées.

Bien qu'exceptionnelle, la situation n'est pas complètement inédite à l'hôpital de Sion. "Nous avons toutefois souhaité en informer le public", souligne Redouane Bouali.

En début de semaine, l'Hôpital neuchâtelois (HNE) a également dû prendre des mesures pour faire face à l'épidémie de grippe. Il a augmenté sa capacité en lits, reporté certaines opérations et a aussi recommandé aux patients de prendre contact en premier lieu avec leur médecin de famille.

Suisse alémanique: pas de suroccupation

A Bâle, Zurich et dans l'Oberland bernois, la situation dans les hôpitaux n'est pas alarmante. Les établissements sont bien occupés mais disposent encore de capacité.

L'hôpital universitaire de Zurich a déplacé certains patients vers d'autres établissements de la région. Ceci en raison d'un manque de chambre pour isoler les personnes grippées.

ATS

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