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Le transport des vaccins peut devenir un véritable défi. Un exemple dans la province du Sud Kivu, Hauts Plateaux d'Uriva (République démocratique du Congo). Chaque coffre réfrigéré pèse entre 30 et 40 kg (archives).

Keystone/BOLLINGER, Adrian

(sda-ats)

La majorité des vaccins nécessitent une conservation par le froid, ce qui peut poser de gros problèmes. Pour surmonter les difficultés, une équipe de chercheurs a étudié de nouvelles méthodes qui permettraient de se passer de la réfrigération.

Les vaccins à vecteurs viraux, soit la majorité des vaccins, ne se conservent que quelques jours à température ambiante. Une chaîne du froid est donc indispensable pour leur transport jusqu'à l'injection du produit. Pour des pays pauvres ou en cas d'infrastructures déficientes, cela représente un défi logistique et financier.

Plus simple, moins cher

Des moyens plus simples et meilleur marché pourraient cependant remplacer le système actuel. Une recherche internationale conduite par l'EPFL et regroupant des scientifiques de Milan, Turin, Leiden et de l'Oregon propose des méthodes nouvelles, testées avec succès sur des rongeurs et publiées mercredi dans Nature Communications.

Au lieu du froid qui stabilise les éléments viraux d'un vaccin, les chercheurs ont ajouté des additifs simples et biocompatibles selon trois approches différentes, explique Francesco Stellaci, directeur à l'EPFL du SUNMIL (Supramolecular Nanomaterials and Interfaces Laboratory), cité dans un communiqué de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) diffusé mercredi.

Trois approches

La première solution passe par une pression osmotique sur le virus inactivé à l'aide d'un nuage de nanoparticules chargées négativement. Ainsi, la capacité infectieuse du virus atteint une demi-vie de 20 jours, selon le professeur.

La deuxième solution consiste à rigidifier l'enveloppe du virus inactivé à l'aide de polymères (polyéthylène glycol), ce qui stabilise le vaccin. Ses propriétés restent intactes pendant 20 jours avec une demi-vie de près de 70 jours.

Enfin, la troisième approche vise à ralentir les fluctuations du vaccin en rendant son environnement "visqueux" par l'ajout de saccharose (sucre). Elle préserve 85% des propriétés du vaccin après 70 jours.

Chaque solution a ses avantages et ses désavantages, relève Francesco Stellaci. Le sucre, c'est le moins cher, mais il en faut beaucoup et ça fait mal quand on pique. Le polymère peut provoquer quant à lui des allergies alors que les nanoparticules ne sont pas approuvées pour une utilisation médicale, résume le scientifique.

Trouver un partenaire

L'heure est donc à la recherche d'un partenaire commercial et industriel afin de pouvoir poursuivre l'expérience et les tests. Les études ont porté sur le principe actif du vaccin. Mais un vaccin contient encore d'autres particules qui relèvent du secret industriel, note Francesco Stellaci.

Reste que le but est de première importance. Pour des campagnes de vaccination, la logistique et le transport réfrigéré peuvent représenter près de 80% du coût des programmes. Soit des frais largement à l'origine des très faibles taux de couverture dans des pays dont les services médicaux disposent de moyens financiers très limités, à l'instar des pays en voie de développement.

sda-ats

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