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L'attaque a été revendiquée par des talibans pakistanais de l'organisation Jamaat-ur-Ahrar (JuA).

KEYSTONE/AP/MOHAMMAD SAJJAD

(sda-ats)

Deux attentats ont secoué vendredi matin la région de Peshawar, dans le nord-ouest du Pakistan. Au moins quatorze personnes ont été tuées par un kamikaze dans un tribunal. Quelques heures plus tôt, un garde et un civil avaient été abattus dans un quartier chrétien.

Un kamikaze a attaqué un tribunal de la ville de Mardan, à 60 km à l'ouest de Peshawar. L'assaillant a tiré pour forcer l'entrée du tribunal puis lancé des grenades avant de déclencher sa veste explosive au milieu de la foule présente en ce début de matinée, a indiqué un policier local, Ejaz Khan. Le kamikaze avait au moins huit kilogrammes d'explosifs dans sa veste.

"Il y a d'abord eu une petite explosion suivie d'une explosion puissante", a déclaré Haris Habib, qui dirige les secours de Mardan, précisant que les corps de juristes, policiers et civils ont été retirés des décombres. L'attentat a fait également près d'une soixantaine de blessés.

L'ombre des talibans pakistanais

L'attaque a été revendiquée par Jamaat-ur-Ahrar (JuA). Cette branche pakistanaise des talibans est déjà soupçonnée d'être à l'origine de certaines des attaques les plus sanglantes commises dans le pays.

Cette même organisation a en revanche assumé la responsabilité de l'attaque suicide qui a visé plus tôt un quartier chrétien défavorisé de la périphérie de Peshawar. Cette opération a fait au moins deux morts, un garde de sécurité et un civil.

Quatre kamikazes au moins ont participé à l'attaque. Ils ont été tués par les forces de sécurité, a précisé le général Asim Bajwa, porte-parole de l'armée, sur son compte Twitter.

Les militaires, appuyés par des hélicoptères, ont échangé des tirs avec les assaillants portant des gilets explosifs qui s'étaient attaqués à ce quartier proche du barrage de Warsak, juste au nord de Peshawar, capitale provinciale du Khyber Pakhtunkhwa.

Instaurer la charia

Le JuA a revendiqué l'attaque dans un message affirmant que les kamikazes avaient tué de nombreux "infidèles". Les talibans exagèrent souvent leurs bilans. Dans ce message, un porte-parole du JuA, Ehsanullah Ehsan, a assuré que les talibans mèneraient des attaques "jusqu'à imposer un système islamique au Pakistan".

Cette faction du mouvement taliban pakistanais (TTP) a également revendiqué les deux attaques les plus meurtrières de 2016: un attentat suicide visant les chrétiens à Lahore (centre) qui avait fait 75 morts le week-end de Pâques, et celui visant les avocats à Quetta (sud-ouest) qui avait fait 73 morts le 8 août dernier.

Discriminations et violences sont le lot quotidien des minorités au Pakistan, république islamique dont plus de 90% de la population est musulmane. Avocats et juges sont également régulièrement visés par des assassinats ciblés ou des attentats.

"Cibles faciles"

L'armée a lancé en juin 2014 une opération visant à démanteler les bases arrière de la myriade de groupes islamistes armés qui agissaient jusque-là en toute impunité, notamment dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, frontalières de l'Afghanistan.

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a condamné l'attaque de vendredi à Peshawar, assurant que les groupes armés étaient "sur la défensive" et montraient "leur frustration en attaquant des cibles faciles". "Ils ne trouveront nulle part où se cacher au Pakistan", a-t-il assuré.

sda-ats

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