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Le conseiller fédéral Didier Burkhalter se réjouit d'un débat de fond concernant l'accord-cadre institutionnel avec l'Union européenne.

KEYSTONE/MANUEL LOPEZ

(sda-ats)

Si les Suisses devaient voter aujourd'hui sur un accord-cadre institutionnel avec l'Union européenne, il aurait peu de chance d'être accepté, estime Didier Burkhalter. Il se dit "reconnaissant" que le débat ait été lancé par Christoph Blocher.

"Grâce à la campagne de M. Blocher, nous discutons à nouveau du contenu de cet accord", déclare le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dans d'un entretien avec la NZZ am Sonntag. Il est convaincu que le débat va montrer que la seule solution pour sécuriser les bilatérales pour les générations futures est un accord-cadre.

Le stratège UDC et ancien conseiller fédéral Christoph Blocher a lancé vendredi une campagne contre ce projet d'accord. Son comité contre une "adhésion insidieuse à l'UE" craint avant tout la reprise automatique de la législation européenne et la prévalence du droit européen sur le droit suisse.

Didier Burkhalter défend, lui, le principe d'un accord-cadre institutionnel. "Si nous avons accès au marché européen, nous ne pouvons pas utiliser notre propre législation, il faut les mêmes règles pour tous", relève-t-il. Et si celles-ci changent, il faut alors aussi adapter les lois suisses. "En combattant cet accord, Christoph Blocher met en péril le bilatéralisme".

Pour le ministre des affaires étrangères, la Suisse se trouve dans une situation relativement confortable car elle n'est pas en position de demandeur. L'UE souhaite négocier un accord-cadre institutionnel avec la Suisse depuis 2008, la Suisse n'a accepté qu'en 2014. Par ailleurs, il n'y a pour le moment aucun nouvel accord urgent côté suisse en matière d'accès au marché.

Un marathon, pas un 100 m

Si cela devait changer et que nous ayons subitement besoin d'un nouvel accord, l'Union européenne pourrait faire pression pour que la Suisse accepte d'abord l'accord-cadre. Berne se retrouverait elle-même en situation de demandeur et serait donc dans une position plus faible, conclut Didier Burkhalter.

Dans une interview au téléjournal de la RTS, le ministre des affaires étrangères avait utilisé vendredi une image olympique. "On est dans un marathon, pas dans un 100 mètres. Bon, on peut partir dans un marathon par un sprint comme ça semble être fait du côté UDC, c'est pas interdit. Mais il faut surtout arriver premier à la fin", a lancé Didier Burkhalter.

sda-ats

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