Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

Dimanche, six excavatrices cherchaient d'éventuels survivants ou corps dans l'océan de déchets.

KEYSTONE/AP/ELIAS MESERET

(sda-ats)

Des dizaines de personnes ont été tuées samedi soir par un immense éboulement d'ordures dans la plus grande décharge d'Ethiopie. Les riverains attribuent cette catastrophe à des travaux d'aplanissement sur la partie supérieure de l'océan de déchets.

L'accident s'est produit en périphérie d'Addis Abeba. La plupart des victimes sont des "squatteurs" habitant sur cette décharge et fouillant quotidiennement les hauts amoncellements de déchets à la recherche d'objets susceptibles d'avoir de la valeur, a expliqué Dagmawit Moges, une porte-parole de la capitale éthiopienne.

Mme Moges, citée dimanche par l'agence AP, a déclaré que 46 corps ont été retrouvés, en majorité des femmes et des enfants. "Nous nous attendons à ce que le nombre de victimes augmente", a-t-elle ajouté, expliquant que l'éboulement avait touché une zone "relativement grande", la décharge s'étendant sur plus de 30 hectares.

Comme une tornade

Des témoins et rescapés interrogés par l'AFP ont affirmé qu'un flanc de la principale montagne de déchets s'était subitement détaché samedi soir et avait emporté des habitations de fortune des résidents de la décharge de Koshe. Ce terme signifie "saleté" en argot amharique, la principale langue du pays.

"Lorsque c'est arrivé, nous avons entendu un grand bruit, et en sortant, nous avons vu une tornade qui se dirigeait vers nous", raconte Suleiman Abdulah, dont l'abri construit à l'aide de bâtons en bois et de bâches en plastique a été détruit par l'éboulement. "Des gens nous ont aidés et ma famille a pu partir avant la destruction", a ajouté M. Abdulah.

Dimanche après-midi, six excavatrices cherchaient d'éventuels survivants ou corps dans l'océan de déchets. La police, elle, empêchait les badauds d'approcher alors que les rues du quartier jouxtant la décharge étaient pleines d'habitants en pleurs.

Travaux d'aplanissement

"Cette partie-là s'est complètement écroulée", a raconté Berhanu Degefe, autre habitant de la décharge, montrant une immense balafre semi-circulaire sur le flanc de la montagne d'ordures.

Les résidents soutiennent que cet effondrement est dû à des travaux d'aplanissement au sommet de la montagne de déchets, dans le cadre de la construction d'une centrale au biogaz exploitant les ordures. Ces travaux auraient accentué la pression sur les flancs de la colline, entraînant l'éboulement.

Berhanu Degefe a reconnu que les autorités avaient demandé aux chiffonniers d'évacuer le dépotoir en raison des travaux, mais que ceux-ci étaient restés malgré les avertissements. La décharge avait en outre été fermée l'année passée au profit d'un autre dépôt d'ordures, où les habitants de Koshe n'ont pas souhaité "déménager".

Nombreuses fissures

Un journaliste de l'AFP présent sur place a remarqué de nombreuses autres fissures sur la partie supérieure de l'immense monticule, suggérant que d'autres éboulements sont à craindre.

Koshe est depuis plus de 40 ans le principal lieu d'entreposage des ordures d'Addis Abeba, capitale de quatre millions d'habitants à la croissance démographique galopante.

Selon les résidents, la décharge compte environ 300 habitants vivant dans une cinquantaine d'abris de fortune, dont quelques-uns ont été épargnés par l'éboulement. Ces habitations ont été construites au cours des deux à trois dernières années par les "squatteurs" qui, selon M. Degefe, "vivent là où se trouve leur moyen de subsistance".

Sites dangereux

Les décharges, recelant de nombreux déchets parfois toxiques, sont souvent l'unique moyen de survie des plus pauvres en Afrique et dans de nombreux pays au monde.

En juillet 2000, l'effondrement d'une décharge d'une hauteur de quinze mètres avait fait au moins 208 morts et une centaine de disparus dans la périphérie de la capitale des Philippines, Manille. En s'effondrant, elle avait recouvert sur un hectare une centaine de cahutes d'un bidonville de chiffonniers.

ATS