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La mise à l'arrêt définitive des deux réacteurs de 900 mégawatts de Fessenheim est désormais prévue pour fin 2018, lorsque le réacteur de nouvelle génération EPR de Flamanville (Manche) entrera en service (archives).

KEYSTONE/EPA/PATRICK SEEGER

(sda-ats)

La première étape qui devrait aboutir à l'arrêt effectif de la plus vieille centrale nucléaire de France vient d'être franchie. Le conseil d'administration d'EDF a adopté sur le fil mardi un accord d'indemnisation du groupe pour la fermeture anticipée de Fessenheim.

L'aval du conseil a été obtenu grâce au vote des six administrateurs indépendants, selon une source proche du dossier, parmi lesquels le PDG Jean-Bernard Lévy, dont la voix est prépondérante en cas de dissensions.

Les six représentants des salariés ont voté contre cette indemnisation d'au moins 446 millions d'euros (480 millions de francs), dans la lignée d'un avis négatif du comité central d'entreprise. Ils estiment qu'une fermeture entraînerait un important manque à gagner et la suppression de 2000 emplois.

En situation de conflit d'intérêts, les représentants de l'Etat ne se sont pas prononcés.

Nucléaire plafonné

La fermeture de Fessenheim était une promesse de campagne du président François Hollande qui l'avait d'abord fixée à fin 2016, avant d'en repousser le délai avant la fin de son quinquennat. Elle est désormais prévue à l'horizon 2018, lorsque le réacteur de nouvelle génération EPR de Flamanville (Manche) entrera en service.

Le sort des deux réacteurs de 900 mégawatts (MW) se profile également comme un enjeu de la prochaine élection présidentielle. Le candidat Les Républicains, François Fillon, a assuré qu'il reviendrait sur cette décision en cas de victoire.

Garanties d'Etat

La validation de l'indemnisation est un préalable au dépôt par EDF d'une demande d'abrogation de l'autorisation d'exploiter Fessenheim. Le groupe a conditionné "l'entrée en vigueur des autorisations nécessaires" à la mise en oeuvre des nouvelles contreparties obtenues de l'Etat français, son actionnaire à 86,5%.

Cette demande fera l'objet d'un autre conseil d'administration. Elle débouchera ensuite sur un décret gouvernemental pour entériner la décision de fermeture.

Parmi les nouvelles garanties figure une extension du délai de l'autorisation de création de l'EPR en construction à Flamanville, qui arrive à échéance en avril prochain et dont le chantier a pris du retard.

L'électricien a également obtenu l'assurance de pouvoir redémarrer le réacteur n°2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime), à l'arrêt depuis mai 2015, alors que la loi de transition énergétique prévoit qu'un réacteur à l'arrêt depuis plus de deux ans devrait être considéré comme en arrêt "définitif".

Réactions positives

"La ministre chargée de l'Energie donnera suite positivement aux demandes que le conseil d'administration vient d'exprimer", a indiqué Ségolène Royal. Elle a aussi estimé que l'acceptation de l'indemnisation était une décision "équilibrée" prise dans l'intérêt d'EDF et du territoire du Haut-Rhin.

Outre-Rhin, Rita Schwarzelühr-Sutter, secrétaire d'Etat parlementaire auprès du ministère de l'Environnement (BMUB), a estimé que c'était "un pas dans la bonne direction". Elle a appelé la France à accélérer la fermeture de Fessenheim.

En Suisse, la Fondation Suisse de l'Energie a salué la décision d'EDF qui est "une bonne nouvelle pour la région du Grand Bâle". Selon elle, cette décision aura un effet domino qui devrait amener à la fermeture de Mühleberg.

L'Association Trinationale de Protection Nucléaire (ATPN) parle "d'une étape importante dans la concrétisation des promesses faites aux citoyens de France, d"Allemagne et de Suisse." Elle continue toutefois de demander une "fermeture immédiate" de la centrale.

Opposition des syndicats

Le Réseau Sortir du nucléaire a, de son côté, salué du bout des lèvres la décision d'EDF. "Tout cela reste fragile, donc on ne va pas crier victoire trop vite", a déclaré sa porte-parole Charlotte Mijeon.

Les syndicats, eux, restent totalement opposés à la fermeture annoncée. "L'histoire n'est pas écrite et la FNME CGT continuera avec les salariés à mettre tout en oeuvre pour empêcher ce qui serait un gâchis historique", a-t-elle prévenu.

ATS