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Le prix payé par le gestionnaire de fortune zurichois EFG International pour s'emparer de son concurrent tessinois BSI a été revu à la baisse, conséquence de l'implication de l'établissement d'outre-Gothard dans le scandale de blanchiment lié au fonds souverain malaisien 1MDB (archives).

KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

(sda-ats)

EFG International a finalisé l'acquisition de la banque tessinoise BSI, dont la FINMA a ordonné la dissolution suite à son implication dans le scandale du fonds souverain 1MDB. Pour l'heure, la transaction se chiffre à un montant provisoire de 1,06 milliard de francs.

La fusion des établissements zurichois et tessinois donnera naissance à l'un des principaux gestionnaires de fortune de Suisse, précise mardi EFG International. Les préparatifs en vue de l'intégration de BSI sont bien avancés et leur achèvement est attendu pour le 2e trimestre 2017, une fois toutes les fusions juridiques et cessions accomplies.

Les désengagements prévus interviendront en fonction de la localisation des unités concernées et d'autres considérations opérationnelles, note le gestionnaire de fortune établi à Zurich, qui recense désormais avec BSI quelque 3800 salariés. Ce dernier livrera de plus amples informations sur les synergies le 8 décembre prochain.

Mais pour l'heure, BSI, dont EFG International exerce désormais le plein contrôle de la gestion, opérera en tant que filiale séparée au sein de la structure de holding d'EFG International d'ici fin juin 2017. Avec son concurrent tessinois, l'établissement zurichois affiche des avoirs sous gestion de 148 milliards de francs et compte plus de 700 conseillers à la clientèle.

Scandale 1MDB

La nouvelle entité estime disposer d'une "position concurrentielle significative sur le marché mondial en pleine croissance de la gestion de fortune". Après le feu vert des régulateurs concernés par la transaction, EFG International s'engage à verser à l'ex-propriétaire de BSI, le brésilien BTG Pactual, 1,06 milliard de francs.

Pour mémoire, à l'annonce de la transaction, le 22 janvier dernier, soit avant l'éclatement du scandale de blanchiment d'argent lié au fonds souverain malaisien 1Malaysia Development Berhad (1MDB), le prix d'acquisition avait été négocié à 1,33 milliard de francs, pour une valeur comptable de BSI de 1,44 milliard. Comme déjà annoncé, BTG Pactual a consenti à indemniser EFG International à ce titre.

Dans le cadre de l'affaire 1MDB, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), après une enquête lancée en 2015 en collaboration avec son homologue de Singapour (Monetary Authority of Singapore ou MAS), a mis en lumière de graves lacunes en matière de lutte contre le blanchiment d'argent au sein de BSI entre 2011 et et 2015. Le gendarme des marchés financiers lui a confisqué 95 millions de francs de bénéfices injustifiés.

La FINMA a en outre mis sous enquête deux anciens cadres de BSI. A Singapour, la filiale de la banque privée sise à Lugano a perdu sa licence et écopé d'une amende de près de 9 millions de francs. Dans le volet de la reprise de BSI par EFG International, la FINMA a conditionné son feu vert à la dissolution de la première après son intégration, son existence étant compromise vu la gravité des faits reprochés.

Le prix provisoire de la transaction comprend un versement de 575 millions de francs en espèces, complété par 86,2 millions d'actions EFG International représentant une somme de 454 millions et 31 millions sous la forme d'instruments financiers. A l'origine, les parties s'étaient accordées sur un montant de 975 millions en cash et 52,6 millions d'actions. Le montant définitif sera fixé après l'audit final en cours.

Compte de séquestre ouvert

EFG International a aussi pris les devants dans l'hypothèse de demandes d'indemnisation à son encontre du fait de la reprise de BSI. Le gestionnaire de fortune zurichois a transféré 51 millions de ses actions sur un compte de séquestre suisse sur lequel elles seront bloquées durant deux ans.

A la conclusion de la transaction avec BTG Pactual, EFG Group, la holding luxembourgeoise de la famille grecque Latsis, qui contrôle EFG International via EFG Bank European Financial Group, à Genève, en demeurera le principal actionnaire, avec une part de 44,2%. Celle de BTG Pactual atteindra 30%.

Le taux de fonds propres durs (CET1) du groupe combiné se monte à 16,8% selon la norme Swiss GAAP. En parallèle, EFG International a levé une part de voile sur sa performance au 3e trimestre, avec une des résultats non détaillés stables au niveau opérationnel et des marges.

Effectif réduit

A l'image du premier semestre, le bénéfice net a souffert des charges et provisions liées à l'acquisition et l'intégration de BSI. Après six mois, le résultat net avait chuté en un an de 48 à 22,3 millions de francs.

Les afflux nets d'argent frais sont également demeurés stables, présentant néanmoins une évolution favorable en Europe et au Royaume-Uni. En l'espace de trois mois, les actifs sous gestion se sont tassés de 1% à 79,8 milliards de francs à fin septembre.

Le gestionnaire de fortune a poursuivi ses efforts d'économies. A fin septembre, il employait 1990 collaborateurs à temps plein, 40 de moins qu'un auparavant.

sda-ats

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