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Près de 76'000 personnes résident en Suisse de manière illégale, selon une étude de 2015 du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM). En 2005, on les estimait à 90'000. Les sans-papiers viennent en majorité d'Amérique latine et d'Europe de l'Est.

Environ deux tiers sont entrés en Suisse comme clandestins, c'est-à-dire sans documents de voyage valables, ou comme touristes, dont le visa a ensuite expiré. Ce premier groupe est particulièrement représenté en Suisse latine (80%). Dans près d'un cas sur cinq, la personne n’a pas quitté le pays après l'échéance du permis B/C ou après le rejet de sa demande d’asile, indique lundi le SEM dans un communiqué.

L'étude désigne les "sans-papiers" comme les personnes séjournant en Suisse sans autorisation de séjour, pendant plus d’un mois et pour une durée non prévisible. Elle inclut ainsi les demandeurs d'asile déboutés, les étrangers dont le permis B/C a expiré ou les clandestins. Les ressortissants de l'Union européenne (UE) et de l'Association européenne de libre-échange (AELE) ne sont pas pris en compte.

Menée dans les cantons d’Argovie, Bâle-Ville, Berne, Fribourg, Genève, des Grisons, Saint-Gall, du Tessin, de Thurgovie, du Valais, de Vaud et Zurich, qui représentent 79% de la population suisse, l'étude estime que ce dernier canton compte le plus grand nombre de sans-papiers, soit environ 28'000. Genève et Vaud en recenseraient respectivement 13'000 et 12'000.

Afflux d'Amérique latine

La plupart des personnes sans autorisation de séjour viennent des pays d’Amérique latine (43%). En cause, la crise économique qui pousse cette population à émigrer en Europe pour trouver du travail. Suivent les ressortissants d’Europe de l'est (24%), d’Afrique (19%) et d’Asie (11%).

L'étude révèle que près de la moitié des sans-papiers (41%) ne possèdent aucune formation post-obligatoire, tandis que 20 à 25% détiendraient un diplôme supérieur.

Près de neuf étrangers adultes en situation irrégulière sur dix (86%) exercent une activité lucrative, toutefois souvent dans des conditions précaires, et sont financièrement indépendants. Environ la moitié travaille dans des ménages privés (maman de jour, femme de ménage). Les secteurs qui emploient le plus d'étrangers en situation illégale sont le bâtiment, l'hôtellerie-restauration et l’agriculture.

Parmi les sans-papiers actifs, 18% paient des cotisations sociales. Ce taux est nettement plus élevé en Suisse latine, où un sur deux disposerait d'un numéro AVS, contre seulement un sur cinq en Suisse alémanique et quasiment aucun dans les cantons touristiques (Grisons, Valais).

5 à 10 ans en Suisse

Alors que 60% des sans-papiers ont entre 18 et 40 ans, approximativement 10% sont mineurs. L'accès à l'apprentissage des jeunes sans autorisation de séjour, en vigueur depuis février 2013, n'est que rarement mis à profit, constate le SEM.

Il est par ailleurs estimé que 35% personnes en situation irrégulière restent le plus souvent entre 5 et 10 ans en Suisse et environ deux tiers n’y ont pas de famille.

Le nombre de sans-papiers résidant en Suisse a été estimé pour la dernière fois en 2005 sur mandat de la Confédération. L’an dernier, le SEM a chargé l’agence de conseil Volkswirtschaftliche Beratung AG (BSS) d'évaluer une nouvelle fois la situation avec l'aide du Forum suisse pour l’étude des migrations et de la population (SFM) et l’Université de Genève.

Les informations émanent de soixante entretiens menés dans douze cantons, contre six en 2005, avec les partenaires sociaux et représentants des autorités cantonales des migrations et des centres d’accueil, des experts nationaux de la Confédération et des organes intercantonaux. L'étude se base aussi sur des données du système d'information central sur la migration (SYMIC), des comptes AVS individuels, de la statistique de la population de l’Office fédéral de la statistique (OFS).

sda-ats

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