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Le premier tour de l'élection présidentielle s'était initialement tenu en octobre 2015 et, là aussi, l'entrepreneur agricole Jovenel Moïse était arrivé en tête. Mais en raison de contestations et de fraudes massives, le vote avait été annulé.

KEYSTONE/AP/DIEU NALIO CHERY

(sda-ats)

Jovenel Moïse a été confirmé mardi président d'Haïti, selon les résultats définitifs publiés sur le site internet du Conseil électoral provisoire (CEP). Il a été élu avec 55,60% des suffrages au premier tour de scrutin qui s'est tenu le 20 novembre.

Cette annonce met un terme au processus électoral initié en octobre 2015 pendant lequel la vie politique du pays de la Caraïbe a été paralysée.

A 48 ans, le candidat du Parti haïtien Tèt Kale ("Crânes rasés", PTHK), formation de l'ancien président Michel Martelly, a recueilli 55,6% des voix. Son plus proche rival, l'ingénieur Jude Célestin, de la Ligue alternative pour le progrès et l'émancipation haïtienne (Lapeh), obtient 19,5%.

Le premier tour de l'élection présidentielle s'était initialement tenu en octobre 2015 et, là aussi, l'entrepreneur agricole était arrivé en tête. Mais en raison de contestations et de fraudes massives, le vote avait été annulé.

Reprogrammé le 20 novembre dernier, le scrutin s'était déroulé sans incident majeur. Des résultats préliminaires, annoncés le 28 novembre, créditaient M. Moïse de plus de 55% des suffrages.

Distancés, le sénateur de gauche Moïse Jean-Charles et Maryse Narcisse du Fanmi Lavalas avaient contesté ces résultats.

"Irrégularités"

Après une semaine de vérification des documents électoraux, le tribunal électoral a finalement rendu son verdict: "Il n'y a pas eu de fraudes massives, néanmoins l'analyse des 12% des procès-verbaux a révélé des irrégularités qui ne sauraient affecter le processus".

Les résultats définitifs publiés mardi octroient 55,60% des suffrages à M. Moïse, suivi par le candidat du parti Lapeh Jude Célestin (19,57%) puis Moïse Jean-Charles du parti Pitit Dessalines (11,04%) et Maryse Narcisse du parti Fanmin Lavalas (9,01%).

S'il a remporté l'élection dès le premier tour, Jovenel Moïse ne jouit cependant pas d'une large popularité dans le pays car le taux de participation n'a été que de 21%.

D'après la Constitution, le nouveau président devra prêter serment au plus tard le 7 février. Il succédera à Jocelerme Privert, qui assumait l'intérim de la présidence depuis la fin du mandat de Michel Martelly en février 2016.

Des fusillades nourries ont éclaté lundi à Port-au-Prince. De violentes manifestations avaient déjà eu lieu après la proclamation des résultats provisoires. Les adversaires de Jovenel Moïse ont dit à plusieurs reprises qu'ils n'accepteraient jamais la victoire du candidat du PTHK.

Instabilité

Depuis des mois, l'instabilité politique paralyse le développement économique du pays le plus pauvre de la Caraïbe, où plus de 60% des habitants survivent avec moins de deux dollars par jour: la dette haïtienne s'élève aujourd'hui à plus de 2 milliards de dollars et, faute d'investissements publics comme privés, la croissance ne devrait être que de 1% en 2017.

Près de sept ans après le séisme qui a tué plus de 200'000 personnes en janvier 2010, 55'000 Haïtiens vivent toujours dans des camps de fortune, selon l'Organisation internationale des migrations.

Et le puissant ouragan Matthew début octobre a causé pour plus de 2 milliards de dollars de dégâts dans le sud du pays.

ATS