Hamon face au défi du rassemblement de la gauche


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Benoît Hamon veut profiter de son score à la primaire pour opérer un rassemblement (archives).

KEYSTONE/AP/FRANCOIS MORI

(sda-ats)

Vainqueur de la primaire socialiste, Benoît Hamon va devoir s'atteler au rassemblement de la gauche. La mission paraît quasi impossible, si l'on en croit les réactions de ses principaux rivaux sur cette partie de l'échiquier politique.

L'ancien ministre, classé à la gauche du PS, a largement battu l'ex-Premier ministre Manuel Valls avec 58,71% des suffrages contre 41,29%, sur plus de deux millions de votants. "Avec son score, Benoît Hamon va pouvoir avoir de la force et de la légitimité", a estimé lundi son porte-parole dans une interview vidéo à L'Opinion.

Le nouveau candidat PS fait un bond dans les intentions de vote au premier tour de la présidentielle dans un sondage Kantar-Sofres-Onepoint pour Le Figaro, RTL et LCI. Crédité de 13% à 15% de ces votes, il dépasse le candidat de la "France insoumise", Jean-Luc Mélenchon (10%). Il reste loin de l'ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron (20% à 21%).

Catalogué parmi les "frondeurs" du PS, il a lancé dès dimanche soir un appel au rassemblement de tous les courants du parti. Il a également tendu la main au cofondateur du Parti de gauche et au candidat écologiste Yannick Jadot.

Mélenchon toujours en lice

"Il est difficile de dire à Jean-Luc Mélenchon 'tu vas te retirer' mais je pense que ses électeurs vont lui montrer le chemin", veut croire son porte-parole. Le candidat de la "France insoumise" a certes estimé sur sa page Facebook que la victoire de Benoît Hamon sur des thèmes parfois proches des siens était "une source de satisfaction".

Mais le porte-parole de Mélenchon a estimé lundi que la candidature du socialiste n'incarnait pas le renouvellement souhaité par les Français. Il a écarté l'idée que Jean-Luc Mélenchon puisse s'effacer au profit du candidat socialiste.

Interrogé par BFM TV, Yannick Jadot, qui pointe à 2% dans les intentions de vote au premier tour de la présidentielle, a pour sa part exhorté Benoît Hamon à s'émanciper du PS. Mais il n'est pas question à ce stade de parler de retrait.

Le candidat d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a émis des doutes sur un processus de rassemblement qui conduirait Benoît Hamon à une "synthèse" avec des dirigeants socialistes qui ont "tourné le dos tous les jours à l'écologie". Il pourrait se rallier à M. Hamon si celui-ci "est prêt à s'émanciper d'un PS qui n'a jamais fait sa conversion écologiste".

La tentation Macron

Au PS, nombre d'élus restent tentés par un ralliement à Emmanuel Macron. Le député de Gironde Gilles Savary, un des chefs de file du pôle des réformateurs du parti fait circuler depuis quelques jours un projet de texte anti-Hamon.

L'ampleur de la victoire de Benoît Hamon pourrait dissuader certains de ces élus, qui se réunissent mardi matin pour tenter d'arrêter une position commune, de sauter le pas. Plusieurs députés "vallsistes" n'ont pas attendu et ont annoncé qu'ils rejoignaient le mouvement d'Emmanuel Macron.

ATS

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