Hausse de l'essence: signature d'un accord pour éviter l'inflation


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Des Mexicains en colère demandent le départ du président Enrique Peña Nieto

KEYSTONE/AP/MARCO UGARTE

(sda-ats)

Le gouvernement mexicain a annoncé lundi la signature d'un accord avec des entreprises, syndicats et organisations paysannes pour éviter la hausse des prix des produits de base. Des manifestations se poursuivaient.

"Le secteur des entreprises s'engage à aider pour éviter une hausse des prix" a annoncé le président Enrique Peña Nieto lors de la signature de cet accord à la résidence officielle de Los Pinos. "Cela est possible car l'essence, pour la majorité des produits, représente seulement une fraction du coût de production", a-t-il dit.

Le document publié lundi stipule que le gouvernement va "surveiller et punir tout abus". Dans le même temps, il va mettre en place des "mesures d'austérité" qui prévoient notamment la baisse de 10% du salaire des haut fonctionnaires, des mesures qui s'ajoutent à la baisse de 1,7% du budget prévue cette année par rapport à 2016.

Tandis que plusieurs milliers de personnes défilaient à Mexico, le président a toutefois décidé de maintenir l'impopulaire augmentation des prix du carburant, qui a atteint jusqu'à 20,1% début janvier.

Consensus à trouver

Si le Conseil de coordination des entreprises a soutenu l'accord, la puissante confédération patronale (COPARMEX) a en revanche refusé de s'associer au texte. "Il serait plus important qu'un tel accord soit le fruit d'un véritable et large consensus, et pas seulement d'une stratégie de communication", a commenté l'organisation.

Les hausses de 20,1% du tarif de l'essence et de 16,5% pour le diesel ont provoqué une vague inédite de protestations à Mexico et dans d'autres villes du pays, avec de nombreux blocages d'axes routiers et de stations-service, ainsi que des pillages de magasins et des actes de vandalisme qui ont fait trois morts. En outre, plus de 1500 personnes ont été arrêtées, selon des chiffres officiels.

Le président Enrique Peña Nieto a justifié l'augmentation des prix des carburants par la montée des prix internationaux, et la décision du gouvernement de ne pas amputer les programmes de santé et d'aide sociale pour compenser cette hausse. Bien que doté d'importantes réserves pétrolières, le Mexique importe plus de la moitié du carburant qu'il consomme.

ATS

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