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Un hélicoptère survole les heurts entre police et opposants à la loi travail, à Paris (archives).

KEYSTONE/AP/THIBAULT CAMUS

(sda-ats)

Le gouvernement français a de nouveau dénoncé vendredi les violences intervenues la veille lors des mobilisations contre la loi travail. Il a mis en cause les syndicats organisateurs. Ceux-ci ont rétorqué que manifester était "un droit".

Au total, 214 personnes ont été interpellées et 78 policiers blessés lors des manifestations de jeudi à travers la France. Depuis le début de la contestation contre la loi travail, il y a deux mois, 961 personnes ont été interpellées.

Le gouvernement reproche aux organisations syndicales de ne pas condamner suffisamment les violences. En ligne de mire, la récente affiche d'un syndicat de la CGT affirmant que "la police doit protéger les citoyens et non les frapper".

"Ceux qui ont diffusé sur la police des affiches et des propos qui contribuaient à tendre (les relations avec les manifestants) n'ont pas témoigné d'un grand esprit de responsabilité", a estimé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

"Quand on organise une manifestation, elle doit être encadrée, organisée et maîtrisée, et à l'évidence aujourd'hui, cette organisation et cette maîtrise n'existent pas", a également accusé le Premier ministre Manuel Valls depuis la Nouvelle-Calédonie, où il est en visite.

Appel au respect

Mais, s'il a fermement condamné les violences, le gouvernement entend bien défendre la liberté de manifester et a dénoncé des propos de l'opposition "qui ne sont pas responsables".

"L'autorité de l'Etat, ce n'est pas un Etat expéditif qui arrête et qui juge sans que les procédures aient été respectées et que les preuves aient été apportées", a rappelé M. Cazeneuve.

La maire PS de Paris Anne Hidalgo a "condamné très fermement ces violences" et a appelé "tout le monde au calme et à respecter ce droit à manifester et à respecter les forces de l'ordre".

"Mansuétude complice"

Si le gouvernement durcit le ton, la droite et l'extrême droite réclament davantage. Le député Les Républicains Eric Ciotti a demandé vendredi "très clairement l'interdiction des manifestations, l'interdiction de Nuit debout", accusant le gouvernement de faire "preuve d'une mansuétude coupable".

"Les policiers et gendarmes sont sur le pont depuis un an pour faire face à la menace terroriste et ne sont pas là pour se faire attaquer et caillasser par une bande d'hurluberlus d'extrême gauche", a lancé sur BFMTV Frédéric Péchenard, vice-président LR du Conseil régional IDF.

Louis Aliot, l'un des vice-présidents du Front national, a lui aussi dénoncé sur LCI "une mansuétude complice" du gouvernement, réclamant la dissolution des "groupes d'extrême gauche".

Un droit pour les syndicats

Pour toute réponse, la CGT a dénoncé "la répression" subie par les militants syndicaux exerçant leur "droit" de manifester, condamnant l'arrestation de quatre d'entre eux. "Les pouvoirs publics, garants de l'Etat de droit, doivent assurer la protection de toutes et tous et doivent permettre à celles et ceux qui le souhaitent, de manifester dans de bonnes conditions".

Les syndicats ont déjà le regard tourné vers la suite, à commencer par le 1er mai, qui verra M. Mailly et le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez défiler ensemble à Paris. C'est une première depuis 2009.

Mardi, les sept organisations syndicales se rassembleront aux abords de l'Assemblée nationale pour appeler les parlementaires à "rejeter" le texte, dont l'examen débute le même jour.

sda-ats

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