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Abraham Poincheval suspendu à 20 m de hauteur devant la Gare de Lyon à Paris le 26 septembre dernier (archives)

KEYSTONE/EPA/ETIENNE LAURENT

(sda-ats)

Un bloc de pierre de 12 tonnes, une cavité en forme de silhouette humaine: c'est dans cet espace étroit que va se glisser mercredi à Paris Abraham Poincheval, un artiste français habitué des expériences extrêmes. Il est censé vivre huit jours d'"empierrement".

Claustrophobes s'abstenir ! A 14h00, devant le public et les médias, les deux moitiés du rocher installé au Centre d'art contemporain du Palais de Tokyo se refermeront sur le performeur.

Abraham Poincheval a déjà passé une semaine sur une plate-forme à 20 mètres au-dessus du sol, traversé les Alpes du Sud en poussant un cylindre qui était à la fois un abri et un appareil photo. Il a aussi remonté le Rhône à bord d'une bouteille de 6 mètres de long.

Son nouveau "refuge" a la forme, légèrement agrandie, de sa silhouette assise. Il n'est relié à l'extérieur que par un conduit de ventilation percé à travers la pierre et par un téléphone de secours. Un appareil transmettra son rythme cardiaque. Côté nourriture: un peu de viande séchée et des briques de liquide.

"Il s'agit d'éprouver le temps du rocher", explique Abraham Poincheval, né en 1972, qui reconnaît la "dimension mystique" de ce type d'expérience. Il s'est déjà enterré sous une pierre d'une tonne.

Davantage qu'un exploit, estime le président du Palais de Tokyo Jean de Loisy, il faut parler d'une "exploration intérieure", de la "possibilité de vie dans d'autres règnes que le nôtre".

Pape poule

Une fois sorti de son rocher, Abraham Poincheval entamera le 29 mars prochain la couvaison d'une dizaine d'oeufs de poule, "son premier travail avec du vivant". Impassible, il doit rester 26 jours sous un caparaçon en essayant de maintenir une température moyenne de 37 degrés, le tout filmé en vidéo 24h sur 24.

En espérant l'éclosion de quelques poussins, Poincheval pourra penser à son grand rêve: "marcher sur les nuages". "Cela fait cinq ans que j'y travaille, dit-il, mais ce n'est pas encore au point".

ATS