Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

Kenneth Roth, le directeur de "Human Rights Watch", a alerté la presse sur l'action de Trump contre les réfugiés mercredi à l'ONU à Genève.

KEYSTONE/AP Keystone/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

La volonté du président américain Donald Trump d'interdire temporairement l'entrée de réfugiés aux Etats-Unis inquiète Human Rights Watch (HRW). Le directeur de l'ONG a aussi fait part mercredi à Genève de craintes de réouverture de prisons secrètes de la CIA.

"Si j'étais un agent de l'Etat islamique (EI), la dernière chose que je ferais serait de venir comme réfugié aux Etats-Unis", a expliqué Kenneth Roth devant la presse. Il qualifie la justification de la lutte contre le terrorisme donnée à cette interdiction, qui devait être prise dans une ordonnance mercredi, comme "un cruel et inutile cynisme".

La plupart des réfugiés fuient précisément l'EI, dit-il. Et de dénoncer également les mesures qui étaient attendues pour réduire le nombre d'immigrants illégaux. Ou encore une reprise de l'envoi de détenus à Guantanamo.

Autre crainte, une ordonnance devrait permettre dans la semaine d'explorer la réouverture de sites secrets de détention de l'Agence américaine du renseignement (CIA). M. Roth espère que les autres gouvernements "feront un meilleur boulot" pour s'opposer à ces prisons en dehors du territoire américain. L'ancien conseiller aux Etats tessinois Dick Marty s'était beaucoup engagé pour dénoncer ces pratiques.

Erdogan et Poutine visés

A la connaissance du directeur de HRW, toutes les prisons secrètes avaient été fermées et la torture abolie sous l'administration de Barack Obama. Les documents d'engagement sur le terrain des militaires américains pourraient par ailleurs atténuer la question de l'interdiction de certaines méthodes d'interrogatoires, redoute-t-il.

Plus largement, M. Roth a répété à Genève sa mise en garde contre la montée de dirigeants populistes aux Etats-Unis et en Europe, lancée dans le rapport annuel de l'ONG dévoilé il y deux semaines. Outre M. Trump, il a notamment à nouveau ciblé les présidents turc Recep Tayyip Erdogan ou encore russe Vladimir Poutine.

Il appelle le Conseil des droits de l'homme à "défendre vigoureusement" les valeurs fondamentales. S'il est trop tôt pour évaluer la politique étrangère de M. Trump, il craint une perte de leadership américain sur ces questions, de manière générale et au sein de l'enceinte.

Demande de "coalition"

Le secrétaire d'Etat désigné Rex Tillerson "a passé sa carrière entière à conclure des accords avec des dictateurs", regrette aussi M. Roth. Il met en cause aussi le nouveau directeur de la CIA Mike Pompeo et le ministre de la justice désigné Jeff Sessions.

Il estime que le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, défenseur de l'assistance humanitaire et de la protection des réfugiés depuis longtemps, "a la capacité d'être entendu". Mais il demande surtout à "une coalition" de pays de se lever pour défendre les droits de l'homme face à la réduction probable de la contribution américaine.

Face à Donald Trump, M. Roth ne s'attend pas à avoir moins de marge de manoeuvre. Mais il admet "des efforts globaux" dans le monde pour faire taire les ONG. HRW, actif dans 90 pays, n'a pas prévu pour autant de diminuer sa présence.

ATS