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Dans un discours la semaine dernière, Björn Höcke avait déploré un mémorial "de la honte" à Berlin, parlant du monument rappelant l'Holocauste.

KEYSTONE/AP/JENS MEYER

(sda-ats)

Le parlement allemand a rendu hommage vendredi aux 300'000 malades et handicapés assassinés en secret par le régime d'Adolf Hitler. La cérémonie annuelle a toutefois été entachée par une polémique autour d'un élu du parti populiste de droite AfD.

Devant un hémicycle bondé et figé, un comédien atteint de trisomie et des descendants des victimes de ce massacre perpétré en Allemagne sous couvert d'euthanasie ont lu des lettres et témoignage, en présence de la chancelière Angela Merkel et du président Joachim Gauck.

Hartmut Traub a retracé la mort de son oncle Benjamin en 1941. Schizophrène, il a été gazé à 27 ans dans une chambre hermétique installée au sous-sol d'un hôpital psychiatrique, "avec 63 autres personnes, pendant qu'un infirmier vérifiait par une lucarne de contrôle qu'ils étaient bien en train de mourir, c'était le protocole".

Politique eugéniste

Entre janvier 1940 et août 1941, plus de 70'000 personnes atteintes de maladies mentales, héréditaires ou de handicaps et que les nazis considéraient comme "indignes de vivre" ont ainsi été gazées et incinérées dans six lieux dédiés à travers l'Allemagne. Il s'agissait pour les autorités de mettre en application une politique eugéniste destinée à protéger le patrimoine génétique de la prétendue race aryenne.

Les protestations individuelles ont entraîné l'arrêt officiel du programme. Mais les meurtres ont continué jusqu'en 1945 sous d'autres formes: privation de nourriture, négligence, injections de doses létales d'antidouleurs par le prétendu personnel soignant.

Ce programme secret baptisé "T4" a fait environ 300'000 victimes. Un premier mémorial a été inauguré à Berlin en 2014, dans la rue-même où une poignée de dirigeants nazis ont élaboré ce programme clandestin.

Chaque année, le 27 janvier, date anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz en 1945, des commémorations sont organisées notamment dans les différents mémoriaux des camps nazis en Europe.

Elu de l'AfD refusé

La journée d'hommage de vendredi a été assombrie par une nouvelle polémique déclenchée par un élu local du parti populiste de droite Alternative pour l'Allemagne (AfD). La fondation chargée du mémorial du camp de Buchenwald a annoncé refuser la présence de cet élu, Björn Höcke.

Dans un discours la semaine dernière, ce dernier avait déploré un mémorial "de la honte" à Berlin, parlant du monument rappelant l'Holocauste. Le député s'est dit scandalisé et a répondu dans un communiqué qu'il maintenait sa participation à l'hommage.

Joseph Schuster, le président du Conseil juif allemand s'est alarmé de la récente poussée du populisme en Allemagne et de l'existence de groupuscules d'extrême droite violents. L'un, prêt à passer à l'acte contre des cibles juives ou des réfugiés, a été démantelé mercredi par la police allemande.

Hommage de Leuthard

La présidente de la Confédération Doris Leuthard a également honoré la mémoire des victimes du national-socialisme. Certains survivants, marqués dans leur corps et leur âme, se sont établis en Suisse, a-t-elle rappelé dans un communiqué.

La Suisse préside l'"International Holocaust Remembrance Alliance" (IHRA) en 2017. Cette organisation fondée en 1998, qui compte 31 pays membres, a pour but de promouvoir la recherche et l'éducation sur l'Holocauste. La Suisse mettra l'accent sur des projets présentant des témoignages de survivants par le biais des médias sociaux, a indiqué dans son message Mme Leuthard.

Une nouvelle édition de récits de survivants de l’Holocauste, accompagnés de reproductions d’œuvres de Gerhard Richter, a été présentée dans ce cadre vendredi à Berne.

ATS