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Christian Kern (centre) investi sous les ors du palais présidentiel

KEYSTONE/APA/ROLAND SCHLAGER

(sda-ats)

Le nouveau chancelier autrichien Christian Kern a été investi mardi à Vienne à la tête du gouvernement alors que son pays pourrait être présidé dès dimanche par Norbert Hofer. Le candidat de l'extrême droite part favori du 2e tour de la présidentielle.

"Vous allez assumer une grande, belle mais aussi difficile fonction, avec beaucoup de responsabilités", a déclaré le président de la république Heinz Fischer lors d'une cérémonie au palais présidentiel.

M. Kern, 50 ans, dirigeait jusqu'alors la compagnie nationale ferroviaire (ÖBB). Il aura pour mission de ressouder le parti social-démocrate (SPÖ), dont il prend aussi la tête, et de donner un nouveau souffle à la coalition formée avec les conservateurs de l'ÖVP. Les deux partis ont subi un revers inédit au premier tour de l'élection présidentielle, le 24 avril dernier, où leurs deux candidats ont été éliminés de la phase finale du scrutin.

Déstabilisé, le chancelier Werner Faymann (SPÖ), au pouvoir depuis 2008, a démissionné de tous ses mandats après l'élection, estimant n'avoir plus la confiance nécessaire au sein de son propre parti.

La cohabitation avec un président d'extrême droite ne sera que l'un des défis qui attendent le nouveau chancelier, néophyte dans la conduite d'un exécutif et qui n'a même jamais été ministre.

M. Kern, un homme à la mise impeccable, bénéficie d'une réputation flatteuse de manager performant. A la barre depuis cinq ans du rail autrichien, il a redressé les comptes d'une entreprise plombée par les pertes et par une culture d'entreprise jugée peu compétitive, en privilégiant également de bons contacts avec le monde syndical.

Cote favorable

Issu d'un quartier populaire, diplômé en journalisme et en management, il a oeuvré comme conseiller ministériel sous les couleurs du SPÖ dans sa jeunesse. Il avait quitté la politique en 1997 pour rejoindre le groupe énergétique Verbund, dont il avait intégré le directoire avant de prendre la tête des chemins de fer.

Il figurait depuis longtemps dans le carré des candidats potentiels du SPÖ pour la chancellerie, un parti avec lequel il est lié depuis sa jeunesse et où il a cultivé ses réseaux. Il part avec une bonne cote dans l'opinion publique où il est crédité de 42% d'opinions favorables, selon un récent sondage paru dans le quotidien Kurier.

Christian Kern "a une tâche herculéenne devant lui" et d'abord celle "de guérir les fractures du parti" divisé entre ses ailes gauche et droite, selon le politologue Thomas Hofer. Le changement de cap du gouvernement en matière de politique migratoire avec la décision, ces derniers mois, de limiter le nombre de requérants d'asile et de restreindre leurs droits, a creusé les divisions au sein du SPÖ.

Extrême-droite au portillon

L'investiture de M. Kern intervient alors que Norbert Hofer, le candidat de l'extrême droite (FPÖ), arrivé en tête du premier tour de la présidentielle avec 35% des voix, doit affronter ce dimanche au 2e tour l'ex-patron des Verts, Alexander Van der Bellen (21%). Le duel s'annonce très serré. Une victoire de M. Hofer pourrait remanier les cartes de la politique autrichienne et marquer un nouveau jalon dans une Europe bousculée par la montée des populismes.

Le président, élu pour 6 ans, ne participe pas à la gestion quotidienne du pays mais dispose de pouvoirs formels étendus, dont celui de nommer un nouveau chancelier et de dissoudre le parlement.

sda-ats

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