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Déposée en septembre 2012 avec plus de 112'000 signatures, l'initiative des écologistes pour une économie verte est trop radicale, elle pourrait pénaliser la compétitivité des entreprises et l'emploi, estime le Conseil fédéral.

KEYSTONE/LUKAS LEHMANN

(sda-ats)

La Suisse doit préserver les ressources de la planète. Mais l'initiative des Verts pour une économie verte ne sera pas applicable et coûtera trop cher, a averti jeudi le Conseil fédéral en lançant sa campagne contre le texte soumis au peuple le 25 septembre.

On estime qu'il faudrait environ trois fois la planète Terre pour répondre aux besoins de la Suisse, si tous les habitants du globe utilisaient autant de ressources naturelles que la population helvétique. Une large part du phénomène est liée à la consommation d'énergies fossiles comme le pétrole, le gaz ou le charbon et aux biens et services importés.

L'initiative "Pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources" demande que l'empreinte écologique de la Suisse soit réduite à une fois la Terre d'ici 2050. Pour le Conseil fédéral, cette date butoir est dangereuse.

Elle ne pourra pas être tenue sans mesures radicales qui se répercuteront sur la compétitivité des entreprises, la croissance et l'emploi, a averti devant la presse la ministre de l'environnement Doris Leuthard. Les nouvelles réglementations renchériront aussi les prix pour le consommateur final.

Conserver approche actuelle

Le Conseil fédéral préfère continuer à miser sur des mesures volontaires de la part de l'économie, le progrès technique et les incitations à un comportement écologique de la population. Et la démocrate-chrétienne de citer les bons résultats suisses en matière de recyclage.

La ministre a présenté ses arguments non pas avec des conseillers d'Etat, mais avec des parlementaires bourgeois et un représentant de l'économie. C'est une erreur de croire qu'on aura des résultats en donnant plus de poids à l'administration, a déclaré le conseiller national Yannick Buttet (PDC/VS). "Il faut éviter la politique de la bonne conscience pour en rester à la politique actuelle des résultats."

L'initiative laisse beaucoup de questions ouvertes, a relevé le président du groupe Lonza Rolf Soiron. Deux tiers de l'empreinte écologique de la Suisse sont faits à l'étranger, le texte ne dit pas si la réduction visée comprend aussi cette part.

Si ce n'est pas le cas, l'initiative est "suicidaire pour la Suisse". Si la part étrangère est comprise, c'est en contradiction éclatante avec les accords de libre échange, a critiqué M.Soiron. Les conséquences seront énormes sur la Suisse mais l'effet dérisoire compte tenu du poids de l'économie helvétique à l'échelle mondiale. Il vaut mieux continuer sur la voie des accords de branche ou des accords internationaux.

sda-ats

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