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Le chômage structurel pourrait s'aggraver à terme dans l'ouest, le nord et le sud de l'Europe (photo symbolique).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

Le nombre de chômeurs dans le monde va repasser en 2017 la barre des 200 millions, pour un taux en hausse de 0,1% à 5,8%. Environ 3,4 millions de demandeurs d'emploi supplémentaires sont attendus, selon un rapport de l'OIT publié jeudi à Genève.

La croissance économique "décevante" dans le monde et des incertitudes continue "d'avoir un impact négatif sur le marché du travail", a affirmé devant la presse le directeur général de l'Organisation internationale du travail (OIT) Guy Ryder. Alors même que la population active augmente de plus en plus chaque année.

En cause notamment, la détérioration du marché du travail dans les marchés émergents devrait provoquer une augmentation de 0,1% du taux de chômage dans ces pays. Le taux dans les pays développés, de 6,3% en 2016, devrait en revanche diminuer de manière similaire, précise le rapport "Emplois et questions sociales dans le monde".

Le recul marquera toutefois le pas et le chômage structurel pourrait s'aggraver à terme dans l'ouest, le nord et le sud de l'Europe. Sur ce continent, le chômage de longue durée s'est par ailleurs étendu récemment. Plus de deux tiers des personnes confrontées à cette situation dans l'UE n'ont plus disposé d'emploi depuis plus de deux ans.

Emplois vulnérables en hausse

Aux Etats-Unis, M. Ryder attend de voir quelles seront les réelles politiques appliquées par le prochain président Donald Trump. Le monde du travail vit dans une période de "grande incertitude" liée à de récentes interrogations politiques sur la globalisation, aux changements technologiques ou encore aux tensions sur le marché de l'emploi, a-t-il toutefois admis.

Au total, de leur côté, les pays en développement devront faire face à une hausse de 450'000 chômeurs en 2017. Le taux devrait toutefois rester stable en 2018 dans ces Etats. De même que dans le monde globalement, même si près de 2,8 millions de chômeurs supplémentaires sont attendus en raison de la croissance de la population active.

Problème, les emplois vulnérables, qui touchent près de 50% des travailleurs des pays émergents et près de 80% de ceux dans les pays en développement, ne vont pas beaucoup s'améliorer. Leur croissance ne devrait pas reculer de plus de 0,2 point de pourcentage dans les deux prochaines années.

Ils devraient constituer près de 43% de l'emploi total en 2017, soit près de 1,5 milliard de travailleurs. Leur augmentation est estimée à 11 millions d'emplois par an. M. Ryder ne fait de prévision précise sur le calendrier d'un recul de l'emploi vulnérable en termes absolus, ni pour la pauvreté au travail. Mais il faut revenir à des taux qui étaient plus favorables il y a quelques années.

Appel aux investissements

Les deux régions les plus touchées sont l'Asie du Sud et l'Afrique subsaharienne. Dans la première, près de la moitié des travailleurs vivent dans une situation de pauvreté extrême, avec moins de 3,10 dollars par jour. Ils sont près de deux tiers dans la seconde. La croissance économique, seule, "ne réduira pas la pauvreté" des travailleurs, a estimé M. Ryder.

Les inégalités entre femmes et hommes restent fortes. En Afrique du Nord, les premières ont deux fois plus de chances que les seconds de se retrouver au chômage en 2017. Le décalage est plus important encore dans les Etats arabes. Les femmes sont aussi plus exposées à l'emploi vulnérable en Afrique, en Asie/Pacifique et dans les Etats arabes.

Par ailleurs, le risque de troubles sociaux a augmenté dans quasiment toutes les régions. M. Ryder affirme un "besoin plus que jamais" de "fortes politiques en faveur de l'emploi".

L'OIT appelle à formaliser davantage encore les emplois informels même si son directeur général reconnaît d'importantes avancées dans certains pays. M. Ryder demande aussi de réduire les inégalités et encore des mesures de relance qui permettraient d'épargner selon son organisation 700'000 postes en 2017 et 1,9 million l'année suivante.

ATS