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Les restes de la colonie d'Amona foulées par des Palestiniens (archives)

KEYSTONE/EPA/ABED AL HASLHAMOUN

(sda-ats)

La Cour suprême israélienne a pris un virage à droite avec la nomination mercredi soir de nouveaux juges considérés comme conservateurs. L'institution doit trancher des questions touchant à la société ou à l'économie mais également au conflit israélo-palestinien.

La ministre israélienne de la justice Ayelet Shaked, membre du parti nationaliste religieux Foyer juif, a annoncé l'élection de quatre nouveaux juges voués à remplacer graduellement ceux qui partiront à la retraite dans les prochains mois. Ils ont été choisis par un comité de sélection. Trois d'entre eux sont présentés comme très conservateurs.

Deux sont des juifs religieux: la première femme juive orthodoxe à occuper un tel poste, l'autre est un rabbin habitant la colonie de Dolev, en Cisjordanie occupée.

Les commentateurs voient dans la composition de la Cour suprême réunissant 15 juges une évolution potentiellement lourde de conséquences. C'est un "changement radical" pour cette instance qui devient "plus conservatrice, plus religieuse, plus à droite", selon le quotidien populaire israélien Yedioth Ahronoth.

Rôle crucial pour les colonies

La Cour suprême a souvent agi en contre-pouvoir aux gouvernements. Son rôle prééminent a été récemment rappelé lorsqu'elle a ordonné la démolition de la colonie d'Amona en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël, en dépit de l'intense travail de sape des partisans de la colonisation.

La Cour devrait être appelée à l'avenir à statuer sur la régularité d'une loi controversée soutenue par le même lobby et autorisant l'Etat israélien à s'approprier des centaines d'hectares de terres privées palestiniennes en Cisjordanie.

Des décisions comme celle d'Amona indigne une partie de la droite, prompte à dénoncer la Cour suprême comme un repaire de libéraux. La ministre de la justice avait exprimé son intention d'en finir avec l'orientation d'une cour déconnectée, selon ses propos, de la volonté du peuple.

La Cour suprême agit à la fois en tant qu'instance ultime pour le pénal et le civil, ainsi que garante de la constitutionnalité des lois et de la conformité des décisions gouvernementales. Elle a pris ces dernières années de lourdes décisions sur le service militaire des juifs ultra-orthodoxes, l'immigration ou encore l'exploitation des réserves de gaz israéliennes en Méditerranée.

ATS