La Finlande perpétue la tradition dans un des bastions du ski


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Quelque 250'000 spectateurs sont attendus pour les onze jours de compétition aux Mondiaux de Lahti (FIN), dès jeudi, dont 10 à 15 % en provenance de l'étranger.

Le budget, à hauteur de 20 millions d'euros, doit être couvert essentiellement par les ventes de billets (30 à 90 euros pour la journée) et non par le sponsoring. Ces chiffres, donnés dans le cadre de la conférence de presse d'ouverture, sont "solides" sans être spectaculaires. Le ski nordique "est dans le coeur et dans le sang des Finlandais, mais il a un peu perdu en importance ces dernières années auprès des jeunes", a expliqué Mikko Saarinen, un des responsables de la vente des billets. "Il est moins populaire qu'en Norvège, car chez nous, le hockey sur glace domine", a-t-il précisé.

En tête de l'indice de popularité de sport finlandais trône une biathlète, Kaisa Mäkäräinen, multiple médaillée mondiale, devant l'ex-champion du monde de F1 Kimi Räikkönen. La légende du saut Janne Ahonen n'est bien sûr pas oubliée - l'homme sera encore en lice dès samedi au concours au petit tremplin -, mais le Finnois volant n'est plus vraiment compétitif.

Le président grison de la FIS, Gian-Franco Kasper, s'est félicité de la présence d'athlètes en provenance de 61 pays, un record. Il n'y en avait par exemple que 38 lors de la dernière édition organisée à Lahti, en 2001. Le sport nordique se développe en Asie et dans les ex-pays du bloc soviétique. Mais le total des participants, autour des 700, est assez stable. L'augmentation du nombre de pays ne s'accompagne pas non plus d'une diversification des nations dominatrices.

Les compétitions de Lahti présentent l'avantage de se tenir sur un site très compact. Les tremplins, le stade d'arrivée du fond et du combiné ainsi que le lieu de la cérémonie des médailles se situent tous dans un périmètre d'un kilomètre environ.

Prévention et sévérité

En matière de dopage, M. Kasper est partisan de "sanctions les plus sévères" possible, "mais aucunement de sanctions basées sur le passeport", a-t-il précisé. Pas question donc de condamner à l'avance en bloc des athlètes de Russie, par exemple. Les Russes, justement, devraient cependant faire profil bas durant ces joutes. Le TAS a refusé mardi la réhabilitation pour Lahti de cinq fondeurs de ce pays provisoirement suspendus à la suite de la publication du rapport McLaren dénonçant un "dopage d'Etat" en Russie, dont le champion olympique du 50 km Alexander Legkov.

"Ces absences signifient que les athlètes des autres pays auront de meilleures chances", a sobrement commenté M. Kasper. Le dirigeant mise beaucoup sur la prévention mais ne cache pas que le dopage ne disparaîtra jamais, même si d'importants progrès ont été effectués selon lui ces dix ou quinze dernières années dans la lutte antidopage. "Nous ne pouvons pas mettre les athlètes en cage et les surveiller constamment. Il en va aussi de leur vie privée. Il existerait un nouveau système de contrôle visant à implanter une puce dans l'oreille des athlètes pour une surveillance permanente. Mais on peut faire cela avec des boeufs, pas avec des êtres humains", a relevé Gian-Franco Kasper.

Des centaines de tests sanguins et urinaires ont été menés en aval de ces joutes et le seront encore pendant la quinzaine, los de laquelle les quatre premiers de chaque épreuve plus deux athlètes tirés au sort seront systématiquement contrôlés. Les échantillons seront conservés durant dix ans, avec des réanalyses possibles en fonction de l'évolution des méthodes de dépistage.

ATS

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