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Dire qu'il avait failli ne pas être retenu par Didier Deschamps!

Dimitri Payet a été l'homme du match d'ouverture de l'Euro 2016 remporté in extremis par une France décevante et brouillonne face à une Roumanie plus intelligente que talentueuse (2-1).

Auteur de la passe décisive pour l'ouverture du score d'Olivier Giroud à la 57e, Payet a réalisé un festival côté droit, piquant dans l'axe et ajustant du pied gauche la lucarne de Ciprian Tatarusanu à la... 89e. Jusque-là groggy, comme brutalement réveillé d'un doux rêve, le Stade de France pouvait enfin exulter.

Il n'en avait pas vraiment eu l'occasion auparavant, tant la prestation des Bleus a été mitigée, voire inquiétante. Mis au régime des matches amicaux depuis le Mondial 2014, les Bleus n'avaient que cela en tête. Etre prêts pour leur Euro, rejoindre les générations Platini et Zidane dans le coeur des Français. Alors bien sûr, il y avait la crispation. Le poids des attentes. Bien sûr, au moment de lancer un tournoi, seul le résultat compte. Mais tout de même. L'impression laissée par la formation de Didier Deschamps n'était pas franchement celle que l'on était en droit d'espérer. Deux ans, pour ça...

Evidemment, le sélectionneur avait bâti son équipe depuis 2012 avec Karim Benzema en pointe et Mathieu Valbuena à la baguette. Sans eux, forcément, le projet ne peut plus totalement être le même. Mais à voir les Bleus autant souffrir avec le ballon, une question s'impose: ce système est-il le plus adapté ou alors les hommes censés l'animer sont-ils les bons?

Problème au milieu

Le triangle médian n'a jamais véritablement fonctionné. N'golo Kanté en sentinelle qu'il n'est pas, Paul Pogba devant reculer plus que de raison pour dicter un tempo qu'il n'a pas su imprimer, Blaise Matuidi lâché comme un chien dans un jeu de quilles... Non, le coeur de l'équipe est frappé d'une arythmie sévère qu'il s'agit de soigner au plus vite.

La défense française n'a pas non plus été rassurante. Certes, elle n'a plié qu'une seule fois, sur un penalty égalisateur transformé par Bogdan Stancu (65e) après une faute de Patrice Evra sur Nicolae Stanciu. Mais les imprécisions du latéral de la Juventus, la trop grande sobriété de Bacary Sagna à droite et le manque de netteté d'Adil Rami dans l'axe sont inquiétants. Car l'opposition n'avait rien d'effrayante. Avant-centre titulaire, Florin Andone évolue à Cordoue, en... deuxième division espagnole.

Or les Roumains ont eu des occasions, dont deux pour pour Stancu, une tête à la 4e sauvée par Hugo Lloris et une reprise à côté à la 48e.

Même Antoine Griezmann, lumineux avec l'Atletico cette saison, a déçu, touchant le poteau de la tête à la 14e avant de s'éteindre et de disparaître offensivement. Finalement, la seule bonne nouvelle pour l'équipe de France est venue de l'entente parfaite entre Payet le maestro de West Ham et Giroud le pivot d'Arsenal.

4-2-3-1 pas mieux

Passée en 4-2-3-1 dans le dernier quart d'heure après avoir remplacé Pogba et Griezmann par Martial et Coman, la France n'a pas affiché plus de liant pour autant. Même le football demandé par Deschamps n'est pas un football de possession pure, le constat, là aussi, est alarmant.

Reste que, pour lancer un tournoi, la victoire est importantissime. Alors Deschamps retiendra surtout cela, lui qui n'a fait que gagner ses premiers matches dans les tournois, en 1996, 1998 et 2000 comme joueur et sur le banc en 2014.

sda-ats

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