La septicémie, ou sepsis, une infection très grave avec défaillance d'organes, est associée à un décès sur cinq dans le monde, soit deux fois plus qu'on ne le croyait auparavant. Telle est la conclusion d'une étude publiée jeudi dans la revue médicale The Lancet.

L'infection des voies respiratoires basses (bronchites, bronchiolite, grippe, pneumonie...) est la cause sous-jacente la plus courante de ces décès, selon les chercheurs. L'analyse estime à 48,9 millions de cas de sepsis dans le monde en 2017 et à 11 millions le nombre de décès, soit un décès sur cinq dans le monde.

Plus de 40% de tous les nouveaux cas surviennent dans la petite enfance, chez les moins de cinq ans.

Le sepsis (terme médical proche de celui plus ancien de septicémie qui désigne une infection généralisée du sang) survient lorsque les organes d'une personne cessent de fonctionner correctement en raison d'une réponse inflammatoire excessive à une infection grave. Quand ce dysfonctionnement potentiellement mortel ne tue pas ses victimes, il peut créer des incapacités à vie.

"Vingt décès par minute"

La grande majorité des cas - 85% en 2017 - sont survenus dans des pays à revenus faibles ou moyens, et en premier lieu en Afrique subsaharienne, dans les îles du Pacifique Sud près de l'Australie et dans l'Asie du Sud, de l'Est et du Sud-Est.

"Le nombre annuel de cas de septicémie au cours des deux dernières décennies a diminué de plus de 50% dans le monde. Pourtant, le sepsis contribue encore à près de 20% de tous les décès chaque année dans le monde, soit plus de 20 décès par minute", notent dans un commentaire dans la revue, deux spécialistes américains Jordan Kempker et Greg Martins.

Les chercheurs s'alarment du nombre de décès "beaucoup plus élevé que ce qui avait été estimé précédemment, d'autant plus que cette maladie est à la fois évitable et traitable", relève l'auteur principal de l'étude, le Dr Mohsen Naghavi de l'Institut de métrologie et d'évaluation de la santé (IHME, Université de Washington).

Infection respiratoire

En 2017, 33,1 millions des nouveaux cas, soit deux cas sur trois, sont survenus chez des patients atteints d'une maladie infectieuse sous-jacente, la plus courante étant l'infection respiratoire. Les 15,8 millions restants sont survenus chez des personnes souffrant de blessures (notamment des accidents de la route) ou de maladies non transmissibles sous-jacentes favorisant l'infection (cancers, diabète, affaiblissement immunitaire...).

Dans les pays à faibles revenus, la majorité des décès liés au sepsis étaient directement dus à une infection, tandis que dans les pays riches la plupart de ces décès survenaient chez des patients atteints d'une maladie exposant aux infections.

Aux États-Unis, le sepsis est la cause la plus fréquente de décès en milieu hospitalier et coûte plus de 24 milliards de dollars par an, rappellent les auteurs en plaidant pour la prévention des infections, dont celles contractées lors de soins.

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