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L'agriculture biologique poursuit sa progression. En 2015, le nombre de producteurs "bio" a augmenté de 52. Déjà 227 se sont annoncés depuis le début de cette année pour obtenir le "Bourgeon" dont 57 en Suisse romande, où la progression est plus forte que la moyenne.

En 2015, 6031 producteurs travaillaient selon le cahier des charges de Bio Suisse, contre 5979 un an plus tôt. La surface agricole cultivée selon le label a augmenté de 4000 hectares pour atteindre 137'000 hectares. Cela représente 12,8% de l’ensemble des terres agricoles suisses, a indiqué jeudi Bio Suisse.

Lors de la conférence de presse annuelle, le président de Bio Suisse, Urs Brändli, s'est réjoui du succès croissant du bio. L'engouement a été particulièrement marqué en Suisse romande, a souligné le directeur Daniel Bärtschi. D'après lui, la région francophone a bien réduit son écart.

Si le nombre d'agriculteurs labellisés bio n'est passé que de 780 à 795 l'an dernier, 57 des 227 demandes de conversion annoncées en 2016 proviennent de domaines en Suisse romande. "Il s'agit d'un quart des demandes, un record jusqu'à maintenant", assure M. Bärtschi. Les années précédentes, le nombre de paysans intéressés tournait autour de 40, ajoute-t-il. L'antenne de la marque au bourgeon créée à Lausanne en mars 2015 porte donc ses fruits.

Différences de taille

Il existe toutefois des différences cantonales. Alors que 11% des exploitations agricoles jurassiennes sont bio, seules 4 à 6% de celles des cantons de Vaud et de Fribourg le sont, estime Daniel Bärtschi. Les plans d'action pour le développement de l'agriculture biologique définis par canton expliquent en partie ces chiffres.

La taille des cultures joue également un rôle. En effet, plus les paysans possèdent de grandes exploitations, moins ils tendent à se convertir au label. Ce qui est le cas en Suisse romande, où les surfaces agricoles sont généralement plus grandes que celles de l'autre côté de la Sarine. "Le passage au bio est plus complexe et contraignant lorsqu'il s'agit de surfaces importantes", commente le directeur.

Ainsi, sur les 6031 exploitations estampillées du label, 5236 se trouvent en Suisse alémanique - dont le Tessin qui en compte 116. Au vu des chiffres réjouissants pour 2016, Daniel Bärtschi est convaincu que l'intérêt des paysans romands va continuer à progresser.

Coop et Migros gagnants

Du côté du chiffre d'affaires, l'année a également été réjouissante et ce, en dépit de la situation économique difficile. Il a ainsi augmenté de 5,2 % à 2,323 milliards de francs, contre 2,207 en 2014. Les denrées possédant le label bio représentent 7,7% de l'ensemble du marché alimentaire, contre 7,1% un an plus tôt.

Ce taux a augmenté dans toutes les régions linguistiques. Cependant, la Suisse alémanique se trouve au-dessus de la moyenne (8%), alors que la partie romande est en deçà (7%). "Les Suisses romands sont plus sensibles à l'aspect régional d'un produit comme l'AOC ou l'AOP", dit Daniel Bärtschi.

Si seuls 27% des Suisses achetaient des produits de la marque au bourgeon plusieurs fois par semaine en 2009, ils étaient près d'un sur deux (46%) l'an dernier. Ils ont dépensé en moyenne 280 francs par tête, contre 269 en 2014, plaçant le pays premier au niveau mondial. Une forte progression imputable aux grands distributeurs. Avec des parts respectives de près de 45% et 29%, Coop et Migros ont réalisé près des trois quarts du total des ventes de produits biologiques.

Grise mine

Face à ces "moteurs de croissance", le commerce spécialisé fait grise mine. Représentant 12% des ventes, il est resté nettement à la traîne du développement général du marché avec une maigre progression de 0,4%.

Les produits bio les plus appréciés restent les oeufs et le pain frais. Les premiers représentent plus de 24% des ventes par rapport à l'ensemble du marché alimentaire, les seconds plus de 20%. Les légumes montent sur la 3e marche du podium avec plus de 18%.

sda-ats

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